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Médicament: Agnès Buzyn favorable à des prix fixés indication par indication

CHAMONIX (Haute-Savoie), 3 octobre 2016 (APM) - La présidente du Collège de la Haute autorité de santé (HAS), Agnès Buzyn, a estimé vendredi qu'il fallait réfléchir à de nouvelles modalités de régulation du médicament, notamment en évoluant vers des prix fixés indication par indication.

"Plutôt qu'une réduction globale des prix, il faut réfléchir à des prix par indication. Devons-nous payer le même prix un médicament qui entraîne trois ans de survie et deux mois de survie supplémentaire?", a-t-elle questionné lors de la convention CHAM 2016, qui a réuni plus de 500 acteurs du monde de la santé vendredi et samedi à Chamonix (Haute-Savoie).

En plein débat sur le prix (jugé trop élevé) des médicaments innovants, la présidente du Collège de la HAS a expliqué qu'un groupe de travail discutait de nouveaux modes d'évaluation dans le cadre du comité stratégique de filière (CSF) industries et technologies de santé.

"Il faut qu'on travaille sur l'efficience de chaque produit dans l'indication qui est la sienne, c'est une première piste", a-t-elle déclaré, soulignant que le système était "capable" de fixer une note d'amélioration du service médical rendu (ASMR) et d'évaluer l'efficience indication par indication.

Dans l'hépatite C, Agnès Buzyn a par exemple observé que Sovaldi* (sofosbuvir, Gilead) était "extrêmement efficient" pour les stades de fibrose les plus élevés mais pas pour les stades les moins importants.

"Or on va traiter beaucoup de monde [ceux qui dont le stade de fibrose est le moins avancé, NDLR] avec un médicament dont le prix a été fixé avec un niveau d'efficience pour des patients très avancés dans leur pathologie", a-t-elle pointé.

Elle a aussi noté que les industriels avaient tendance, en oncologie, à développer des médicaments dans des indications initiales de "niche" (1.500 malades par an) et pour des pathologies pour lesquelles ils sont "extrêmement efficaces".

Mais progressivement, ces molécules, notamment les immunothérapies anti-PD-1 Opdivo* (nivolumab, Bristol-Myers Squibb) et Keytruda* (pembrolizumab, Merck & Co), obtiennent des extensions d'indication pour "10.000 malades par an, 20.000, 30.000", avec "une efficacité, une valeur ajoutée et une efficience qui n'ont plus rien à voir avec l'efficience observée" dans la première indication.

Les deux immunothérapies sont encore en attente de leur prix dans leur indication initiale, le mélanome avancé, note-t-on. Elles ont obtenu des extensions d'indication, dans le cancer du poumon non à petites cellules (NAPC) entre autres.

Agnès Buzyn a souligné que le prix du médicament ne reflétait pas ses coûts de production mais son ASMR et son efficience qui, s'il le faut, doivent être payées "au prix fort".

Elle a néanmoins évoqué des "abus", notamment en oncologie, où Avastin* (bévacizumab, Roche) était facturé 50.000 dollars à son arrivée sur le marché en 2004 "pour cinq mois de vie gagnés". Cinq plus tard, Yervoy* (ipilimumab, BMS) était affiché à 120.000 dollars pour son lancement "pour quatre mois de vie gagnés".

"Je ne suis pas sûre que la production, le coût de la R&D aient été multipliés par 2,5 en cinq ans. Donc il y a bien un problème qui est lié à la mécanique de fixation des prix du médicament à l'international", a-t-elle déclaré.

Selon elle, le fait de payer une innovation "systématiquement" plus chère que son comparateur ne fonctionne plus aujourd'hui, puisque "l'innovation s'accumule et on a des coûts de médicament qui deviennent totalement déconnectés de leur valeur ajoutée".

Pour des prix liés aux performances en vie réelle (Leem)

Egalement présent à Chamonix, le directeur des affaires économiques du Leem (Les entreprises du médicament), Eric Baseilhac, a de son côté souligné que le prix était le résultat d'un parcours de développement "long, risqué et coûteux". Ce prix, qui baisse régulièrement au fil du temps, représente "l'investissement dans l'innovation de demain" et doit être la combinaison des intérêts des industriels, des payeurs et des patients, selon lui.

Le dirigeant s'est montré en faveur de prix basés sur l'efficacité en vie réelle, notamment via des contrats de performance. Il a déploré que la dernière lettre d'orientation du Comité économique des produits de santé (CEPS) ne réserve les contrats de performance aux médicaments "qui répondent à des besoins thérapeutiques non couverts" et qui ne feront porter aucun "risque financier" sur l'assurance maladie.

Dominique Polton, conseillère auprès du directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), a pour sa part souligné que si certains prix étaient élevés, la France arrivait encore à "se payer" ses médicaments "en respectant des contraintes financières qui sont de plus en plus serrées".

"Pourquoi? Parce qu'on fait des gains de productivité dans le système. Bien sûr, il en reste à faire", a-t-elle reconnu, en écho à une remarque d'Eric Baseilhac. Selon elle, le système ne pourra être soutenable qu'avec une évaluation "exigeante" des médicaments, des prix et des usages "raisonnables".

gb/ab/APM polsan
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GB1OEGOWB 03/10/2016 13:01 POLSAN - ETABLISSEMENTS INDUSTRIES DE SANTE

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