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Plus de la moitié des phases III sur de nouveaux médicaments échouent... et la majorité ne sont pas publiées

WASHINGTON, 17 octobre 2016 (APM) - Plus de la moitié des études de phases III sur de nouveaux médicaments échouent, principalement pour manque d'efficacité ou problème de sécurité, et la majorité de ces études négatives ne sont pas publiées, montre une analyse réalisée par des chercheurs américains, publiée dans le JAMA Internal Medicine.
C'est un fait connu que les études ayant donné un résultat négatif ne sont pas toutes publiées, mais il n'y avait pas eu de quantification précise de ce problème. Thomas Hwang de Harvard à Boston et ses collègues ont conduit une étude sur tous les médicaments qui sont entrés en phase III entre 1998 et 2008, avec un suivi jusqu'en 2015, pour voir ce qu'il est advenu de ces études.
Sur 640 nouveaux médicaments, 54% ont échoué en phase III. Les raisons de l'échec étaient un manque d'efficacité dans 57% des cas, un problème de sécurité (excès de décès, effets indésirables graves...) dans 17%, mais il y avait aussi 22% d'échecs pour "raisons commerciales ou autres raisons stratégiques" (décision d'arrêt de développement, disparition de l'entreprise).
Les auteurs ont constaté que seules 40% de ces phases III qui s'étaient conclues sur un échec ont été publiées dans des revues à comité de lecture. Concernant les échecs pour raisons commerciales, le taux tombait même à 8,1%.
C'est significativement moins élevé que les 76% à 86% de publication pour les études sur des médicaments qui ont eu une autorisation de mise sur le marché (AMM), notent-ils. Ce qui pose des questions éthiques. D'abord, les patients acceptent de participer à des essais cliniques pour améliorer les connaissances et on leur doit de publier les résultats. Ensuite, les résultats négatifs peuvent avoir une importance pour la pratique clinique, par exemple en apportant une meilleure compréhension de mécanismes liés à d'autres médicaments. Enfin, en n'informant pas sur des résultats négatifs, il y a un risque que d'autres médicaments ayant une action similaire continuent d'être développés inutilement.
Par ailleurs, en analysant ces données par domaines thérapeutiques, les chercheurs ont constaté que les médicaments orphelins avaient plus de chances que les autres d'arriver in fine à obtenir une AMM alors que les anticancéreux avaient au contraire moins de chances d'être approuvés.
Les médicaments développés par des entreprises de petite ou moyenne taille avaient aussi une probabilité réduite d'arriver jusqu'à l'AMM.
Cette observation d'un taux élevé d'échecs, même dans la dernière phase de développement des médicaments, "suggère que les efforts supplémentaires pour améliorer le développement des médicaments devraient être dirigés vers l'amélioration de la validité des modèles précliniques utilisés en recherche translationnelle et l'augmentation du nombre de produits innovants entrant en essais cliniques", concluent-ils.
"La publication rapide des résultats d'études pour tous les agents en évaluation, incluant ceux qui échouent en phase avancée de développement, est impérative".
(JAMA Internal Medicine, publication en ligne du 10 octobre)
fb/ab/APM

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