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L’endoscopie digestive au cours de la grossesse serait à faible risque, quel qu’en soit le stade

WASHINGTON, 3 novembre 2016 (APM) - Le risque d’événements indésirables après endoscopie digestive au cours d’une grossesse est faible et serait inférieur à celui associé à la maladie recherchée, selon une étude de cohorte suédoise parue dans Gastroenterology.
Le "European evidence-based consensus on reproduction in inflammatory bowel disease" recommande de ne réaliser une endoscopie digestive que si l’indication est forte, rappellent Jonas Ludvigsson, de l’institut Karolinska à Stockholm et ses collègues.
Le niveau de preuve étant faible et l’indication fréquente chez les femmes enceintes, ils ont évalué les risques associés à l’endoscopie digestive basse et haute (coloscopie, sigmoïdoscopie, cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique et oesogastroduodénoscopie).
Ils ont comparé 3.052 grossesses survenues de 1992 à 2011 "exposées" à une endoscopie digestive avec plus de 1,5 million de grossesses non exposées.
L’endoscopie apparaissait associée à un sur-risque de naissance prématurée (+54%) et de petit poids de naissance (+30%) mais ne semblait pas liée au risque de malformations congénitales ou de mortinatalité.
Ces risques ne variaient pas suivant le stade de la grossesse mais étaient plus élevés avec les endoscopies digestives basses que hautes.
A noter que le registre suédois utilisé ne permet pas d’évaluer le lien avec des fausses couches précoces car celles-ci n’étaient enregistrées qu’après la 22ème semaine de grossesse jusqu’en 2008 et, depuis lors, après la 28ème.

Un risque plutôt lié à l’activité de la maladie

En l’absence de données sur l’activité de la maladie et afin d’avoir une idée de son influence, les chercheurs ont comparé les grossesses exposées aux grossesses de femmes chez lesquelles l’endoscopie était réalisée moins d’un an avant ou après la grossesse.
L’endoscopie au cours de la grossesse n’apparaissait alors significativement associée qu’à un faible risque de naissance prématurée (+16%) et d’induction du travail (+11%).
Lorsque, pour cette dernière comparaison, l’analyse était restreinte aux femmes qui ne présentaient pas de maladie inflammatoire chronique des intestins (Mici) ou de maladie hépatobiliaire ou coeliaque, aucun lien entre l’endoscopie et un risque d’événement indésirable n'était mis en évidence.
De même, en comparant les grossesses de femmes ayant eu plusieurs enfants mais une seule grossesse exposée, et en restreignant l’analyse aux grossesses ayant eu lieu moins d’un an avant ou après la grossesse exposée, les auteurs ne trouvaient pas de lien entre l’examen et l’âge gestationnel ou le poids de naissance.
Enfin, comparées aux femmes n’ayant jamais eu d’endoscopie, celles ayant eu une endoscopie avant ou après une grossesse présentaient aussi un sur-risque d’événements indésirables, comme une prématurité (+38%) ou une mortinatalité (+47%).
Le risque d’événement serait ainsi davantage lié à des facteurs familiaux ou à l’activité de la maladie recherchée qu’à l’examen endoscopique lui-même.
Ne pas examiner ni traiter les femmes atteintes d’une maladie gastro-intestinale pourrait ainsi être une menace plus importante pour la grossesse que l’endoscopie elle-même, juge l'équipe suédoise.
(Gastroenterology, publication en ligne du 20 octobre)
arg/vib/ab/APM

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