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Les antidépresseurs ISRS semblent aggraver l'atrophie multisystématisée

BALTIMORE (Maryland), 17 octobre 2016 (APM) - Les antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ne semblent pas allonger la survie des patients atteints d'atrophie multisystématisée mais aggraver leurs troubles moteurs, suggère une étude américaine présentée au congrès de l'American Neurological Association (ANA), qui se tient jusqu'à mardi à Baltimore.
L'atrophie multisystématisée est une maladie neurodégénérative rare caractérisée par l'association variable de signes parkinsoniens, cérébelleux, autonomes et pyramidaux. La perte de neurones sérotoninergiques dans le tronc cérébral chez ces patients semble causer des troubles respiratoires, augmentant le risque de décès, rappellent Elizabeth Coon et ses collègues de la Mayo Clinic à Rochester (New York) dans le résumé de leur communication orale.
Il a été suggéré d'augmenter la transmission sérotoninergique avec des ISRS, avec l'hypothèse que ce traitement permettrait d'allonger la survie.
Les chercheurs ont conduit une étude rétrospective pour comparer des patients atteints d'atrophie multisystématisée recevant des ISRS et des patients ne prenant pas ces médicaments. Pour cela, ils ont utilisé les données de 685 patients pris en charge dans leur établissement entre janvier 1998 et décembre 2012.
Dans cette cohorte, ils étaient 19% à avoir pris un traitement par ISRS à un moment de leur maladie. Parmi ces patients, 64% étaient des femmes, alors qu'elles représentaient 44% des patients ne prenant pas d'ISRS.
Globalement, la survie médiane était de 7,5 ans (entre 5,4 et 10,1 ans), mais l'analyse statistique des données n'a pas mis en évidence de différence significative entre les patients prenant des ISRS et ceux n'en prenant pas.
En outre, le taux des bruits respiratoires anormaux était similaire entre les deux groupes, que ce soit selon les déclarations des patients (respectivement 28% et 25%) ou sur la base des résultats de polysomnographie pour les patients qui ont eu cet examen (53% vs 40%).
Alors que l'usage des ISRS ne différait pas entre les patients avec un syndrome parkinsonien ou ceux avec un syndrome cérébelleux prédominant, il apparaît que 84% des patients prenant des ISRS avaient des symptômes parkinsoniens, contre 75% de ceux ne consommant pas ces médicaments, une différence qui était statistiquement significative.
Les chutes étaient aussi significativement plus fréquentes parmi les patients consommant des ISRS par rapport à ceux qui n'en prenaient pas (78% vs 62%).
Cette étude suggère que non seulement les ISRS ne sont pas associés à une survie plus longue chez les patients atteints d'atrophie multisystématisée mais qu'ils sont associés à un taux plus élevé de parkinsonisme et de chutes, ce qui soulève un possible effet négatif de ces médicaments sur la fonction motrice de ces patients, concluent les chercheurs.
ld/eh/APM

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