SUJET : HOPITAL GERONTO SOINS DE SUITE LE PUY-EN-VELAY AUVERGNE

Haute-Loire: l'organisation d'une filière gériatrique d'aval, une préoccupation majeure pour les établissements de SSR

(Par l'envoyée spéciale d'APM, Sabine NEULAT-ISARD)

LE PUY-EN-VELAY, 26 janvier 2007 (APM) - L'organisation d'une filière gériatrique d'aval constitue en Haute-Loire, notamment dans le bassin du Puy-en-Velay, un sujet de préoccupation majeur pour les établissements, ont témoigné plusieurs de leurs responsables, rencontrés par l'APM sur place.

Le territoire de santé de la Haute-Loire qui correspond au département à l'exception de Brioude au nord-ouest, présente une capacité en soins de suite de 359 lits dont 334 de moyen séjour indifférencié et 25 de médecine physique et réadaptation, et 10 places d'hospitalisation de jour. A cette capacité s'ajoutent 300 lits d'unités de soins de longue durée (USLD) et plusieurs Ehpad et maisons de retraite.

Le territoire, qui compte environ 190.000 habitants, a comme particularité de bénéficier d'un solde migratoire positif avec l'arrivée de retraités, qui s'accompagne d'un fort vieillissement.

Dans le projet d'offre de soins (PTOS) élaboré en 2006 et qui concerne tous les établissements du territoire dont les 11 qui assurent des soins de suite (exclusivement ou pas), le groupe de pilotage chargé de son élaboration indique que la préoccupation "prépondérante" porte sur l'organisation d'une filière gériatrique d'aval, le retour au domicile ou l'orientation vers des structures médico-sociales (Ehpad) ou sanitaires (USLD) adaptées à l'état des personnes.

Le groupe se prononce pour une adaptation des capacités d'USLD, la création d'un guichet unique pour recenser en temps réel les capacités disponibles dans les différentes structures et l'intervention de l'Hospitalisation à domicile dans les Ehpad.

Il appelle également à la mise en oeuvre du projet médical coordonné établi entre le CH Emile Roux au Puy et les quatre maisons de convalescence (L'hort des Melleyrines au Monastier, Saint-Joseph, Jalavoux et Clos de Beauregard), toutes implantées dans un rayon de 20 kilomètres autour du Puy.

Les responsables de ces cinq établissements, interrogés par l'APM, craignent que les besoins croissants augmentent les difficultés de prise en charge des patients qu'ils connaissent déjà.

Une enquête réalisée un jour donné en février 2006 a montré que 30% des patients présents en soins de suite étaient en fait en attente d'une place en maison de retraite, souligne le directeur du CH Emile Roux, Vincent Vigouroux, interrogé par l'APM.

"Mais l'hospitalisation de ces patients en soins de suite était au départ tout à fait justifiée", précise Jacqueline Roux, directrice des maisons de convalescence Jalavoux (40 lits) et Saint-Joseph (36 lits).

Plus de la moitié des patients présents dans les maisons de convalescence viennent du CH du Puy ou de la clinique Bon Secours, établissement privé de médecine et chirurgie implanté également au Puy.

Le caractère rural de la Haute-Loire rend difficiles des retours à domicile dans la mesure où il n'existe pas toujours des structures d'aide, que l'habitat peut être inadapté ou que des infirmiers ne peuvent pas systématiquement se déplacer.

"Nous nous retrouvons donc avec des durées de séjour qui s'allongent tout en faisant face à un prix de journée, de 90 euros, qui équivaut au prix alloué dans le secteur médico-social", déplore Laurence Temey, directrice de la maison de convalescence du Monastier qui compte 30 lits de SSR ainsi qu'un Ehpad de 37 lits.

Le maintien prolongé de ces patients en soins de suite et réadaptation avant leur retour à domicile ou dans une autre structure crée un engorgement de la filière dont une embolisation des services de court séjour, notamment au niveau des lits de médecine du CH Emile Roux, témoigne son directeur Vincent Vigouroux.

UN PROJET MEDICAL COORDONNE EN SSR

Pour faire notamment face à cette situation, les directeurs du centre hospitalier et des quatre établissements de convalescence implantés autour du Puy ont élaboré en 2006 un projet médical coordonné.

"L'idée de ce projet est née il y trois ans. Alors que nous n'avions pas vraiment de contacts professionnels, ce travail nous a permis de réfléchir ensemble en impliquant également les médecins et les autres professionnels de santé travaillant dans nos établissements et le service social", relate Jacqueline Roux, directrice de deux établissements.

Ce projet, arrêté en avril 2006 et transmis à l'ARH d'Auvergne, visait notamment "à essayer d'accueillir des patients plus lourds en fonction des orientations médicales de chacune des structures pour parvenir à faire sortir plus rapidement des patients du CH du Puy", résume Jean-Michel Socquet, directeur du Clos de Beauregard (40 lits).

Les établissements de SSR ont plutôt actuellement une activité indifférenciée même si certains en ont une spécifique (orthopédie traumatologique, cancérologie, nutritionnelle, cardio-vasculaire).

Le projet médical décline plusieurs objectifs opérationnels accompagnés de fiches action, visant notamment à bien évaluer la nécessité ou pas d'orienter les patients vers le SSR, à améliorer les procédures de transfert et à accueillir en SSR des patients ayant besoin d'une prise en charge plus lourde que celle assurée actuellement afin de libérer des lits des services adresseurs et de soulager le SSR public.

Les fiches d'action portent notamment sur le listage des pathologies concernées, la mise en place de consultations SSR en MCO, la mise en place d'un collège d'admission ou l'élaboration d'un dossier patient commun.

Elles concernent également la création d'un groupement de coopération sanitaire (GCS) entre les cinq établissements en SSR afin de mettre en commun des moyens et leur gestion, ainsi que la création d'un service social commun et une astreinte médicale commune. "Mais avec un prix de journée de 90 euros, certaines actions ne peuvent se concrétiser", déplore une responsable.

Les directeurs des établissements rencontrés par l'APM ont indiqué qu'ils n'avaient pas eu la réponse de l'ARH d'Auvergne sur le projet médical coordonné de SSR et sur le projet territorial d'offre de soins et que du côté du Conseil général, le nombre de lits d'Ehpad est jugé suffisant.

DES DOCUMENTS QUI SONT UTILES POUR REMPLIR LES CONTRATS

Concernant l'engorgement des soins de suite, le directeur de l'ARH, Alain Gaillard, contacté mardi par l'APM, a indiqué qu'une étude devait être menée sur les personnes accueillies actuellement dans les établissements pour voir si les lits sont bien occupés par une activité sanitaire, et éventuellement voir s'il existe un manque de lits.

S'agissant par ailleurs du projet territorial d'offre de soins (PTOS) qui couvre toutes les activités sanitaires et concerne tous les établissements du territoire n°7, il précise qu'en Auvergne, sept territoires sur neuf en ont élaboré un.

Ce sont des documents qui ne sont pas opposables mais sur lesquels les établissements peuvent "s'appuyer" pour remplir le contrat socle que l'ARH a envoyé à chacun, explique-t-il. Ces contrats qui présentent les objectifs quantifiés fixés pour chaque établissement du territoire, contiennent aussi des fiches, portant notamment sur les coopérations, que chaque établissement doit remplir.

"Nous regarderons ensuite la concordance entre leurs réponses et le Sros 3", souligne Alain Gaillard.

CONCOURS APM

Cette dépêche a été réalisée dans le cadre d'un reportage sur le rôle que peut jouer un centre hospitalier de référence pour promouvoir le maillage de son territoire de santé à travers notamment le projet de territoire. Le thème a été proposé par le directeur du CH du Puy-en-Velay, lors d'un concours organisé par l'APM lors du dernier salon Hôpital Expo.

Il a été retenu comme l'un des plus susceptibles d'intéresser un large lectorat de responsables hospitaliers par un jury réunissant Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), le Dr Francis Fellinger, président de la conférence des présidents de CME de centres hospitaliers et deux journalistes de l'APM.

san/eh/APM polsan
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SNKAP002 26/01/2007 15:22 ACTU

 

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