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Xavier Bertrand souhaite lancer une expérimentation sur la sieste au travail

PARIS, 29 janvier 2007 (APM) - Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a déclaré lundi qu'il souhaitait lancer une expérimentation sur la sieste au travail, dans le cadre de son Programme d'actions sur le sommeil.

Ce programme, présenté lundi lors d'une conférence de presse, repose sur les conclusions du groupe de travail qui a remis son rapport sur le sommeil mi-décembre 2006 à Xavier Bertrand. Le ministre a annoncé 7 millions de mesures pour sensibiliser, former et informer et pour améliorer la prise en charge ainsi que la recherche sur le sommeil (cf dépêche APM CDKAT002).

Concernant la recherche sur le sommeil, il a rappelé que les premières études scientifiques sur le sujet ne datent que d'une cinquantaine d'années.

Il a annoncé une série d'actions à venir dans ce domaine et que seront consacrés "400.000 à 600.000 euros pour le programme recherche en 2007".

La plus originale concerne la sieste au travail. "Les études scientifiques montrent que dans certaines conditions, une sieste courte est bénéfique pour la vigilance et la sécurité au travail. Pourquoi pas une sieste au travail ? La question ne doit pas être taboue", a évoqué le ministre.

"Je souhaite lancer une expérimentation sur ce sujet avec des entreprises volontaires", a-t-il déclaré, ajoutant que certaines ont déjà mis en place une sieste de 15 minutes durant la journée de travail.

Les expérimentations existantes ont été faites dans des entreprises de transport, a-t-il précisé. Un réel bénéfice en a été tiré, mais ces entreprises "n'osent pas le dire car cela ne fait pas sérieux".

C'est pourquoi il veut lancer cette enquête pour avoir "des données sérieuses sur cette pratique, sur la manière dont elle est acceptée par les entreprises et perçue par les salariés, sur ses résultats concrets en termes de santé publique et d'organisation du travail".

"Si elle est concluante, je n'hésiterai pas à promouvoir ce concept", a-t-il assuré.

DES ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES DE L'INPES ET DE L'INVS

Plus classiquement, le ministre a indiqué que l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) menait cette année dans le cadre de son Baromètre santé des études sur les comportements individuels face au sommeil, dont les premiers résultats seront publiés au printemps.

Ces travaux sont menés en partenariat avec le Centre du sommeil et de vigilance de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, précise le ministère dans le dossier de presse.

L'Inpes mène également une étude qualitative sur la représentation sociale des besoins de sommeil et sur la place donnée au sommeil et à ses déterminants dans les habitudes de vie des individus. Les résultats prévus fin 2007 permettront d'affiner les actions d'information prévues pour 2008.

La prochaine enquête barométrique, prévue en 2009, comportera quant à elle des questions plus spécifiques portant sur la durée et la qualité du sommeil en population générale et sur leurs déterminants, indique le dossier de presse.

Par ailleurs, l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui a inscrit cette année le sommeil à son activité, va mener des études épidémiologiques de grande ampleur, en partenariat avec l'assurance maladie et le réseau des Centres d'examen de santé, à l'instar de ce qui a été fait pour les hépatites.

Ces enquêtes en population générale "ont pour objectif de préciser les fréquences, les degrés de gravité et les conséquences sanitaires et socio-économiques des troubles du sommeil", précise le ministère.

De plus, "le futur Institut de recherche en santé publique sera notamment chargé de valoriser et de coordonner des travaux épidémiologiques sur ce thème en lien avec l'Inserm, l'InVS, la Drees, l'Inpes, la CNAMTS et les Sociétés savantes en 2008, relatifs aux troubles et pathologies liées au sommeil".

Le ministère rappelle également que le sommeil fait partie des thèmes prioritaires du Programme hospitalier de recherche clinique 2007-2008, en particulier la prise en charge des troubles du sommeil, les conséquences sur la santé, l'étendue des effets indésirables des traitements médicamenteux prolongés de l'insomnie et les autres modalités de traitement de l'insomnie et des troubles du sommeil.

En recherche fondamentale, le ministère de la recherche suscitera de son côté des appels d'offres sur ce thème à l'Inserm et au CNRS, sur les liens entre la dérégulation du sommeil et les maladies telles que le diabète, et les mécanismes de dérégulation du sommeil et les molécules possibles pour rétablir le mécanisme, précise le dossier de presse.

L'ensemble des actions présentées lundi par le ministre de la santé "doivent servir de base à d'autres mesures" qui seront mises en place progressivement en fonction de l'évolution des connaissances, a souligné Xavier Bertrand.

"Une chose est sûre: nous devons, davantage encore, nous donner les moyens d'améliorer la prévention et l'éducation en posant toutes les questions, même celles qui paraissent les plus banales, en levant les tabous sur les solutions à apporter au mal dormir", a-t-il conclu, ajoutant qu'il avait installé un comité de suivi sur le sommeil chargé de rendre des avis.

cd/fb/APM polsan
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CDKAT003 29/01/2007 19:00 ACTU SNC

 

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