Accompagnement des diabétiques: 40.000 patients inclus dans le dispositif Sophia
PARIS, 7 avril 2009 (APM) - Le dispositif expérimental d'accompagnement des patients diabétiques mis en place par l'assurance maladie enregistre une montée en charge progressive sur le territoire avec 40.000 patients inclus, a-t-on appris lors des rencontres sur le diabète organisées lundi à l'Assemblée nationale.

Les députés Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne) et Jean-Pierre Door (UMP, Loiret) ont rassemblé, avec le soutien de Novo Nordisk, laboratoire impliqué dans le diabète, une série d'acteurs concernés sur le thème "Diabète: l'épidémie silencieuse du XXIème siècle" pour réfléchir sur la prise en charge de cette maladie et l'accompagnement du patient (cf dépêche APM SLMD7001).

Catherine Bismuth, directrice des assurés à la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), a présenté les actions de la caisse pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients diabétiques en France, dont le dispositif Sophia lancé en 2008 qui propose un accompagnement personnalisé aux patients qui le souhaitent (cf dépêche APM VGLAM001).

L'accompagnement est modulé par rapport au risque de complications de chaque patient. L'idée est de relayer les recommandations des médecins en accompagnant les patients au quotidien afin de réduire les complications liées à leur diabète. Le dispositif cherche à rendre les patients acteurs de leur santé, en coordination avec le médecin traitant grâce à des outils spécifiques (accompagnement téléphonique, revues).

Ce dispositif est déployé dans 10 départements pilotes -Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Gers, Loiret, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Sarthe, Seine-Saint-Denis et Tarn. Il est ouvert à 140.000 patients diabétiques pris en charge à 100% au titre de l'affection de longue durée (ALD) résidant dans ces départements et à leurs 6.000 médecins traitants.

"Nous allons enrichir cette liste d'un onzième site en 2009, à la Réunion, compte-tenu de la forte prévalence de la pathologie" dans ce département, a indiqué la représentante de l'assurance maladie.

"La première campagne pour inciter les patients à participer au dispositif Sophia a été faite en mars 2008 auprès des 76.000 patients les plus légers, c'est-à-dire à plus faible risque de complications", a-t-elle détaillé.

Une deuxième campagne a été lancée en septembre 2008 auprès de 64.000 patients plus lourdement touchés. Les patients reçoivent une invitation ainsi que les médecins traitants. Ces derniers doivent donner leur aval et ils fournissent des données. A Orléans et au Mans, l'adhésion est double; elle concerne le patient et le médecin.

"C'est vrai qu'il y a eu une inquiétude forte au début mais cela s'atténue. Les patients sont satisfaits et nous le font savoir, des médecins traitants aussi. A fin février, nous avons déjà 40.000 patients [sur 140.000 contactés] qui adhèrent et nous n'en sommes qu'au début", a indiqué Catherine Bismuth.

Parmi eux, 18.000 patients ont eu un premier entretien téléphonique avec un infirmier conseiller en santé et 62% ont programmé un autre contact téléphonique de suivi. Une cinquantaine d'infirmiers expérimentés ont été spécifiquement formés à ces entretiens. Ils recontactent les patients pour les aider au quotidien.

Pour certains, les conseils portent sur le suivi de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) s'ils ne sont pas au maximum des recommandations, d'autres sur les recommandations diététiques, l'activité physique ou l'arrêt du tabac. "C'est un panaché selon le patient", a-t-elle précisé.

Des outils ont été développés avec des fiches repères à raison d'une par trimestre sur des thèmes tels que les examens de suivi, l'alimentation (comment gérer pendant les fêtes de fin d'année, par exemple) ou comment prévenir les maladies cardiovasculaires.

Les patients reçoivent aussi un journal intitulé Sophia et vous, une fois par trimestre avec des témoignages et des informations. Il existe des outils pratiques comme un post-it pour noter les rendez-vous, les examens de suivi ou encore un calendrier avec des conseils diététiques. De plus, des courriers ciblés sont adressés selon les enjeux pour le patient afin de susciter un appel au conseiller santé ou un passage à l'acte (pour consulter) mais ce sont surtout les conseillers qui contactent les patients.

Interrogée sur le coût, Catherine Bismuth a précisé qu'en phase de montée en charge, le dispositif coûte 20 euros par mois par patient. Il ne devrait plus coûter que 10 euros en croisière, une fois que tous les outils seront amortis.

L'expérimentation s'achèvera en juin 2010. L'évaluation a été confiée au cabinet Cemka-Eval. Elle se fera en intention de prendre en charge, pour éviter le biais de n'avoir que les plus motivés dans l'expérimentation. Elle va mesurer l'impact sur la qualité de vie et sur l'évolution des indicateurs sanitaires.

L'assurance maladie va évaluer la satisfaction des patients et des professionnels et l'impact des actions. Ces évaluations permettront d'améliorer le dispositif et éventuellement de décider d'une généralisation, a précisé Catherine Bismuth.

On recense 2,5 millions de patients traités médicalement pour un diabète (dont plus de 80% en ALD), avec un taux de croissance annuelle de 6,4%. Le diabète a représenté 12,9 milliards d'euros de remboursements en 2007, soit 5.431 euros par patient et par an dont 38,5% pour les hospitalisations et 25,8% pour les médicaments.

sl/eh/APM polsan


SLMD7001 07/04/2009 12:19 ACTU GMN

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