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Coronavirus: Edouard Philippe annonce un durcissement des mesures de confinement à partir de mardi

PARIS, 23 mars 2019 (APMnews) - Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé lundi signer un décret dans la soirée, pour préciser et rendre plus strictes dès mardi les règles de confinement, sur les déplacements de santé, ceux en lien avec l'activité sportive individuelle et sur l'ouverture des marchés ouverts, afin de lutter contre la propagation du coronavirus Sars-CoV-2.
L'attestation de déplacement dérogatoire (cf dépêche du 17/03/2020 à 13:23) pour motif de santé sera réservée "aux soins répondant à une convocation du médecin", "aux soins urgents" programmés, ou pour une "urgence" à l'hôpital, a expliqué le Premier ministre, lors d'une intervention au journal de 20 h de TF1.
"Nous voulons que nos concitoyens puissent se rendre aux urgences quand ils en ont besoin", "dans les endroits où ils ont besoin de se rendre pour des soins programmés", a-t-il insisté, évoquant l'exemple d'une personne devant se rendre dans un centre de dialyse et plus largement les patients touchés par une maladie chronique.
Edouard Philippe a annoncé que les marchés ouverts "seront fermés", mais qu'il sera permis "au préfet, sur avis du maire, de déroger à cette interdiction" en respectant les "strictes règles de sécurité".
"Dans des petites communes, dans certains villages", c'est "parfois le seul moyen" pour "avoir accès à des produits frais", a-t-il avancé, ajoutant qu'il faut aussi "penser aux agriculteurs qui nourrissent la France, [...] qui doivent pouvoir écouler dans de bonnes conditions leur production".
"Certains de nos concitoyens sont frappés de voir des gens qui se massent parfois sans respecter les consignes de sécurité, l'espace entre chacun qui doit être préservé" dans les marchés, a commenté le premier ministre.
Concernant l'attestation de déplacement dérogatoire pour "faire du sport", ou "promener ses enfants", Edouard Philippe a indiqué que cela serait limité "à un rayon d'un kilomètre de chez soi", pour une durée maximale d'"une heure", "tout seul" et "une fois par jour". Et de préciser: "Il faudra dater et donner l'horaire du papier [de l'attestation] qu'on portera sur soi quand on sort."
"Il y a énormément de citoyens qui respectent strictement les consignes sanitaires", mais "nous savons que dans certains endroits du territoire, un certain nombre de gens ne respectent pas les règles qui sont formulées", a-t-il regretté.
Edouard Philippe a ainsi assuré avoir entendu la requête du Conseil d'Etat d'être "plus clair" sur les mesures de confinement. Le Conseil d'Etat a enjoint dimanche au gouvernement de préciser certaines dérogations au confinement, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/03/2020 à 10:32).
Le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé le 16 mars le renforcement drastique des mesures de confinement sur l'ensemble du territoire, outre-mer compris, et ce "pour 15 jours au moins", rappelle-t-on (cf dépêche du 16/03/2020 à 22:47). Cette décision est entrée en vigueur le 17 mars par un décret paru au Journal officiel et s'applique donc jusqu'au 31 mars (cf dépêche du 17/03/2020 à 13:23).
"Nous voulons un confinement respecté strictement", a poursuivi le Premier ministre, évoquant la possibilité d'aller "jusqu'au couvre-feu dans certaines parties du territoire" où la situation sanitaire l'exige, si "le maire et le préfet s'accordent".

L'arrêt du confinement "pas pour demain"

Interrogé sur la durée prévue du confinement, Edouard Philippe n'a pas répondu précisément, préférant évoquer une durée de "quelques semaines". "Beaucoup de concitoyens aimeraient retrouver le temps d'avant, le temps normal, mais il n'est pas pour demain."
La directrice générale de Santé publique France (SPF), Geneviève Chêne, et le président du conseil scientifique installé auprès du gouvernement, Jean-François Delfraissy, ont laissé entendre le 19 mars dans plusieurs médias que la période de confinement en France pourrait se prolonger au-delà des deux semaines initialement prévues (cf dépêche du 19/03/2020 à 16:25).
Concernant la possibilité "d'une prescription au cas par cas" pour l'antipaludique hydroxychloroquine, annoncé lundi soir, lors d'une conférence de presse, par Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, Edouard Philippe a insisté sur le fait que "nous n'allons pas autoriser la mise sur le marché de ce médicament".
"Le Haut conseil de santé publique [HCSP] a dit que ce médicament peut être utilisé dans des cas graves et sévères sur décision collégiale des médecins [...] Ce n'est pas une recommandation à utiliser librement ce médicament", a-t-il avancé.
"A partir d'aujourd'hui, plus de 800 patients vont pouvoir entrer dans une série de tests cliniques, pour cette molécule mais pour d’autres [molécules] également, pour donner à la recherche française toutes les armes pour trouver un médicament efficace", a exposé le Premier ministre.

Masques: une consommation supérieure à ce qu'attendait le gouvernement

Par ailleurs, Edouard Philippe a indiqué qu'au début de la crise sanitaire, le stock stratégique de l'Etat était constitué de 117 millions de masques chirurgicaux et de 40 millions de masques pédiatriques. Il a reconnu que la consommation de masques était "considérable" et "supérieure à ce que nous pensions avant le début de la crise".
"Si nous voulons garantir [...] qu'ils pourront continuer à disposer de masques, il faut évidemment que nous réservions les masques qui sont en stock aux soignants, aux médecins, à [...] l'ensemble du personnel hospitalier, aux personnels des Ehpad, aux médecins de ville et de campagne", a estimé le Premier ministre.
"Nous devons veiller à ce que le stock de masques constitué puisse nous permettre de tenir dans la durée", a-t-il fait valoir, soulignant "l'effort de la mobilisation pour que la production monte en puissance". Il a chiffré à 4 le nombre de producteurs français fabriquant des masques sur le territoire. Il a souligné également que l'Etat veille "à importer les masques", ce qui "était difficile au début de la crise puisque l'essentiel des masques sont produits en Chine".
Des acteurs du secteur sanitaire et médico-social ont alerté ces derniers jours sur le manque de masques dans les établissements, rappelle-t-on (cf dépêche du 23/03/2020 à 18:36 et cf dépêche du 19/03/2020 à 17:10).
Concernant les mesures de soutien aux entreprises, Edouard Philippe a annoncé que, mercredi, 24 textes seraient présentés en conseil des ministres sur "le fondement de la loi relative à l'état d'urgence sanitaire adoptée par le Parlement ce week-end" (cf dépêche du 22/03/2020 à 22:10).
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