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Covid-19: la demande en cisatracurium, propofol et midazolam "explose" (DGS)

PARIS, 3 avril 2020 (APMnews) - La demande en anesthésiques et médicaments de réanimation, dont le cisatracurium, le propofol et le midazolam, a "explosé" avec l'épidémie de Covid-19, a déclaré le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, vendredi soir lors de son point presse quotidien.
Le DGS a expliqué être attentif à plusieurs types de médicaments, notamment ceux considérés comme d'importance vitale comme les dérivés du sang.
"Nous sommes attentifs à l'accès aux curares, aux anesthésiants, aux produits de réanimation", a-t-il ajouté. "Le premier ministre a parlé [jeudi] de l'atracurium pour lequel nous nous étions assurés d'une disponibilité de deux semaines pour 17.000 patients", a-t-il poursuivi.
Plusieurs grands hôpitaux européens, dont l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), ont alerté le 31 mars sur les pénuries à venir de médicaments essentiels dans le traitement des patients atteints du Covid-19, rappelle-t-on (cf dépêche du 27/03/2020 à 20:24).
Le DGS a fait part de l'attention portée, avec l'Agence européenne du médicament (EMA) et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), à quelques molécules "très demandées" dont la consommation "explose".
"Nous travaillons avec les professionnels pour trouver des solutions. Nous travaillons avec l'ensemble des pharmacies de France pour trouver des stocks", a-t-il martelé.
Le Journal officiel de dimanche a publié un décret autorisant les officines à délivrer la forme injectable de Rivotril* (clonazépam, Roche) hors autorisation de mise sur le marché (AMM), rappelle-t-on (cf dépêche du 30/03/2020 à 15:05). Selon des protocoles établis par la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), ce produit peut être utilisé à défaut d'accès au sédatif midazolam dans la détresse respiratoire asphyxique et dans la dyspnée liée au Covid-19.
Jérôme Salomon a expliqué que des cliniques privées pouvaient également avoir des stocks des médicaments actuellement en tension pour des activités chirurgicales qui ont été déprogrammées. Le président de la République, Emmanuel Macron, a invité mi-mars au report des interventions non urgentes, rappelle-t-on (cf dépêche du 12/03/2020 à 22:14).
"Toutes ces molécules font l'objet d'une surveillance particulière, d'une sécurisation en amont, de discussions et d'une mobilisation totale avec les laboratoires mais aussi, sur le terrain, de partage entre équipes, ce qui est un beau signe de solidarité", a-t-il relaté. "Il existe des échanges entre pharmacies hospitalières et pharmacies en intra-régional", a-t-il relevé.
Interrogé jeudi au micro d'Europe 1 sur le risque de tensions d'approvisionnement sur les produits servant à sédater ou à entretenir la sédation, le directeur général de l'ANSM, Dominique Martin,
a reconnu que ce risque était bien réel. "C’est le principal sujet sur lequel nous, l’Etat tout entier, travaillons. Notre priorité est de prévenir toute rupture en la matière", a-t-il assuré.
Il a ajouté que ces produits ne sont pas fabriqués "loin", tout en précisant que la France n’en produisait pas. "Ils sont produits en Europe, avec des matières premières qui peuvent venir d’ailleurs".
Il a déclaré que l’épidémie actuelle a entraîné une multiplication par 50 de la consommation de ces produits. "La production a du mal à suivre. Il faut alors diversifier les approvisionnements, surtout qu’il y a une vraie inquiétude venant de 'l’aspirateur américain'", a-t-il noté, faisant référence à la demande croissante venue des Etats-Unis.
L’épidémie se développe de manière très importante outre-Atlantique. Le dernier décompte de l’université Johns Hopkins (Baltimore) diffusé vendredi fait état de plus de 243.000 personnes contaminées et de 5.926 morts.
cp/rm/APMnews polsan-une

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