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StopCovid: un vote au Parlement "quand l'application fonctionnera" (Edouard Philippe)

PARIS, 28 avril 2020 (APMnews) - Edouard Philippe, a "confirmé son engagement" d'organiser au Parlement "un vote et un débat spécifiques" à l'application StopCovid de traçage numérique de l'épidémie de Covid-19 "lorsque l'application fonctionnera et avant sa mise en oeuvre".
Le premier ministre s'exprimait mardi à devant les députés à l'occasion de la présentation du plan de déconfinement de gouvernement (cf dépêche du 28/04/2020 à 18:48).
Le Parlement devait initialement voter sur StopCovid mardi et mercredi, avant que le gouvernement ne décide samedi de présenter sa stratégie de déconfinement (cf dépêche du 27/04/2020 à 18:21).
"Un grand nombre de responsables politiques" de tous bords "m'ont fait part de leurs interrogations sur ce type d'instrument, sur les questions que son utilisation ne manquerait pas de poser en termes de libertés publiques et de libertés individuelles", a déclaré Edouard Philippe.
"Ces questions me paraissent fondées. Elles doivent être posées. Elles doivent être débattues. J'ai le sentiment qu'elles doivent faire l'objet d'un vote", a-t-il ajouté.
Le Conseil national du numérique (CNNum), le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom) (cf dépêche du 27/04/2020 à 15:57) et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) (cf dépêche du 27/04/2020 à 12:20) se sont déclarés, dans des communications distinctes, favorables à l'utilisation de StopCovid sous certaines conditions, mais des inquiétudes persistent sur son efficacité et sa sécurité (cf dépêche du 21/04/2020 à 19:10), note-t-on.
Edouard Philippe à l'Assemblée nationale mardi 28 avril 2020 (capture d'écran)
Edouard Philippe à l'Assemblée nationale mardi 28 avril 2020 (capture d'écran)

"Je serais bien en peine de vous dire si [StopCovid] fonctionne et comment elle fonctionne précisément", a poursuivi le chef du gouvernement.
"Compte tenu des incertitudes sur cette application", un débat "est un peu prématuré", a-t-il estimé.
L'application est actuellement développée par un consortium d'institutions publiques et privées sous l'égide de l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) (cf dépêche du 27/04/2020 à 10:44), qui a publié le 18 avril une première version du protocole de traçage qui sera utilisé par StopCovid (cf dépêche du 19/04/2020 à 20:32).
Edouard Philippe n'a pas précisé d'échéance de disponibilité de l'application ni de date pour le vote au Parlement.
"Je ne doute pas que les ingénieurs travaillent d'arrache-pied et réussiront à faire fonctionner ce projet", a-t-il assuré.
Le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, a émis la semaine dernière des doutes sur la disponibilité de l'application le 11 mai (cf dépêche du 21/04/2020 à 13:11).
Par ailleurs, "l'utilité de l'application StopCovid ne peut s'envisager que de façon complémentaire" aux enquêtes sanitaires, a souligné Edouard Philippe (cf dépêche du 28/04/2020 à 18:48).
"Complémentaire parce que les enquêtes sanitaires, qu'elles soient physiques ou téléphoniques, sont vitales mais présentent une faiblesse. Elles se heurtent parfois à l'impossibilité de reconstituer les chaînes de transmission dans les lieux les plus denses et notamment les transports en commun", a-t-il détaillé.
L'objet de StopCovid, a rappelé le premier ministre, est de "permettre aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d'intégrer un parcours sanitaire, sans bien entendu avoir aucune information sur l'identité de la personne croisée".
Le président du conseil scientifique installé auprès du gouvernement, Jean-François Delfraissy, a estimé le 15 avril qu'une application de traçage ne pourrait pas être efficace sans un accès massif aux tests de dépistage et à d'importantes ressources humaines, de l'ordre de 30.000 personnes (cf dépêche du 15/04/2020 à 18:53).
lc/nc/APMnews

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