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Olivier Véran dévoile trois cartes pour mesurer l'impact de l'épidémie de Covid-19 par département

PARIS, 30 avril 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a dévoilé jeudi soir trois cartes représentant, département par département, la circulation du Covid-19 sur le territoire national et son impact sur les structures hospitalières, lors d'une conférence de presse au côté du directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon.
Le ministre a présenté trois cartes représentant l'évolution de l'épidémie de Covid-19 sur le territoire national, après que le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mardi que la stratégie de déconfinement serait adaptée à l'échelle départementale selon trois indicateurs (cf dépêche du 28/04/2020 à 18:48).
La première carte dévoilée par Olivier Véran fait apparaître "l'activité virale sur le territoire national", en se fondant sur la part de patients qui s'adressent aux urgences hospitalières pour suspicion d’infection au coronavirus.
"C'est un indicateur qui nous permet de mesurer l'intensité et la fréquence de circulation du virus département par département", a-t-il expliqué au sujet de cette mesure issue des données remontées par près de 700 services d’urgence représentant "90% des passages aux urgences".
Sur cette carte, les départements dont les services d'urgence font état de moins de 6% de passages liés à des suspicions d'infection au Covid-19 apparaissent en vert, ceux dont le nombre de passages liés au Covid est compris entre 6% à 10% en orange, et en rouge ceux dont la part des passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 est supérieure à 10%.
"Vous pouvez être surpris de voir que, dans le Grand Est, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin apparaissent en vert, parce que vous savez que ces départements ont subi de plein fouet la grande vague épidémique qui a touché notre pays aux mois de mars et d'avril", a fait remarquer Olivier Véran.
Le ministre a expliqué que ces départements apparaissaient en vert "non pas parce que la pression hospitalière y serait faible, mais parce que parmi le nombre de passage aux urgences, le nombre de passages liés au Covid est relativement faible".

Des données encore en cours de consolidation

Il a ajouté que ces données seraient affinées en s'appuyant sur d'autres "signaux plus faibles" de la circulation du virus, notamment les remontées de médecins généralistes du réseau Sentinelles et le nombre de tests positifs, et seraient donc "susceptibles de changer d'ici le 11 mai".
La deuxième carte représente le niveau de tension des services de réanimation par département, avec en rouge les départements où plus de 80% des lits de réanimation sont occupés par des malades atteints du coronavirus, en orange ceux où la part des patients en réanimation atteints du Covid-19 est comprise entre 60% et 80%, et en vert les départements où moins de 60% des capacités en réanimation sont occupées par des patients atteints du coronavirus.
Ces données, "qui évoluent forcément plus lentement que les données de circulation active du virus", font apparaître un ensemble de départements particulièrement sous tension "sur un grand quart Nord Est", a fait remarquer le ministre.
"Tant qu'il y a beaucoup de malades dans les réanimations, nous devons faire particulièrement attention au moment où nous levons le confinement", a-t-il prévenu, "parce que s'il y avait une reprise épidémique, très rapidement nous pourrions atteindre une saturation des réa".
La troisième carte constitue une synthèse de ces deux principaux indicateurs en vue du déconfinement.
Un territoire apparaît en rouge lorsqu'un des deux précédents indicateurs est en rouge dans le département concerné, en vert lorsque tous les indicateurs sont en vert dans le département, et en orange "lorsqu'il y a au moins un indicateur orange dans le territoire".
"Au moment du déconfinement, il y aura des départements verts et des départements rouges", a rappelé le ministre en indiquant que les "zones oranges [étaient] vouées à basculer en vert ou en rouge au 11 mai".
Le nombre de tests positifs par territoire devrait être amené à constituer un 3e indicateur d'ici cette date.

"Cette épidémie est massive et sévère"

"Le taux de positivité des tests descend doucement en France" pour atteindre 18% jeudi, a rapporté de son côté le Pr Jérôme Salomon, dont respectivement 33% à l’hôpital et 16% en ville.
"Cette épidémie est massive et sévère", a appuyé le DGS, alors que 26.283 personnes atteintes du Covid-19 sont toujours hospitalisées (-551 en 24 heures), dont 1.048 nouvelles hospitalisations en 24h.
Quatre régions concentrent 71% de ces hospitalisations: l'Île-de-France (40%), le Grand Est (13%), l'Auvergne-Rhône-Alpes (9%) et les Hauts-de-France (9%).
Les départements d'outre-mer comptent 75 hospitalisations de patients atteints du Covid-19, dont 21 en réanimation.
Le nombre de patients en réanimation et en soins intensifs s'établit à 7.166 malades jeudi, dont 4.019 patients atteints du Covid-19.
"Au cours de dernières 24h, 121 patients graves ont été admis en réanimation", a poursuivi le DGS, "mais en tenant compte des sorties, le solde reste négatif avec 188 patients en moins".
Concernant les établissements sociaux et médico-sociaux, il a rapporté que 7.109 établissements, dont 4.088 établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) avaient signalé un épisode d'infection au Covid-19, avec notamment 32.355 cas confirmés parmi les résidents d’Ehpad.
Le bilan de l'épidémie s'élève à 24.376 décès rattachés au Covid-19 en France depuis le 1er mars, dont 15.244 décès à l’hôpital et 9.132 décès en institution.
En outre-mer, le bilan s'élève désormais à 37 décès, dont 16 en Guadeloupe, 14 en Martinique, 6 à Mayotte et un décès en Guyane.
Le DGS a indiqué qu'une surmortalité à l'échelon régional était toujours observée dans 7 régions: Île-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France, Centre-Val-de-Loire et Normandie.
Selon les données issues des certificats électroniques de décès depuis le 1er mars, 29% de l'ensemble des décès faisaient état d'une infection au Covid-19 parmi les causes médicales de décès.
Santé publique France recensait jeudi 129.581 cas confirmés d'infection à coronavirus.
gl/sl/APMnews polsan-une

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