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Les soignants restent prioritaires pour l'accès aux masques sanitaires (Jérôme Salomon)

PARIS, 1er mai 2020 (APMnews) - Le directeur général de la santé (DGS) Jérôme Salomon a affirmé que les professionnels de santé restaient prioritaires pour accéder aux masques sanitaires, qui seront également disponibles dans la grande distribution, lors d'un point presse organisé vendredi.
Le DGS a été invité à réagir à un communiqué de presse diffusé jeudi soir par 7 ordres de professionnels de santé qui s'indignaient de la mise à disposition de masques chirurgicaux dans les grandes surfaces alors qu'ils avaient tant souffert de la pénurie.
La grande distribution a annoncé la vente de masques sanitaires à partir de lundi à destination du grand public.
Dans ce document, les ordres des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes, des pédicures-podologues et des pharmaciens rappellent que dans cette guerre, ils ont été "désemparés par le manque d’équipement de base et notamment les masques". Face à cette pénurie, ils rapportent avoir affronté "la crainte permanente" de contaminer leurs proches.
"Aujourd’hui, la consternation s’allie au dégoût", écrivent-ils. Ils dénoncent les "profiteurs". "Comment nos patients, notamment les plus fragiles, à qui l’on expliquait jusqu’à hier qu’ils ne pourraient bénéficier d’une protection adaptée, vont-ils comprendre que ce qui n’existait pas hier tombe à profusion aujourd’hui", poursuivent-ils. Et d'ajouter "nul n’aurait reproché à des circuits de distribution grand public de distribuer des masques grand public".
Invité à réagir, le DGS a répondu que la priorité restait aux professionnels de santé et a rappelé que près de 3 milliards de masques pour les soignants, des FFP2 et des chirurgicaux, avaient été commandés par l'Etat et que les officines avaient distribué près de 300 millions de masques aux professionnels de santé. L'objectif visé est de 100 millions de masques distribués par semaine aux professionnels de santé.
"Il n'y avait pas de stock de masques caché en France", a soutenu Jérôme Salomon.
Il a indiqué que la grande distribution allait vendre des masques grand public, dans les prochains jours, et, "comme c'est autorisé, des masques sanitaires en tenant compte des règles strictes de la réquisition qui s'applique". Il a tenu à préciser qu'il s'agissait, pour les masques sanitaires, de "petits volumes".
"La réquisition est toujours valable: il y a un volume restreint, un partage éventuel de la commande lorsque l'Etat considère qu'une partie doit être préemptée pour les professionnels de santé", a-t-il développé.
Interrogé sur le prix plafond de 0,95 centimes le masque chirurgical annoncé vendredi par la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, qui peut apparaître excessif, le DGS a nuancé: "le prix plafond n'est pas le juste prix".
Les prix des masques grand public seront quant à eux régulièrement surveillés. Sur RTL, Agnès Pannier-Runacher a fait valoir vendredi qu'on "ne peut pas avoir de prix plafond sur des masques dont le nombre de lavages est en train d'augmenter" car "on risquerait d'empêcher des masques de qualité d'arriver sur le marché". Dans un communiqué, elle a néanmoins évoqué un coût "de l’ordre de 20 à 30 centimes d’euros à l’usage".
Dans un communiqué diffusé vendredi, la fédération du commerce et de la grande distribution a qualifié le texte signé par les sept ordres de professionnels de santé d'"outrancier et diffamatoire".
L'organisation professionnelle, qui rappelle avoir remis ses "stocks de masques FFP2 au monde de la santé, dès le début de la crise, et effectué de nombreux dons aux hôpitaux" avance notamment que les masques vendus en grande distribution le seront "à prix coûtant ou avec une marge minimale".
vib/san/APMnews polsan-une

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