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Edouard Philippe confirme "la levée progressive du confinement" à partir du lundi 11 mai

PARIS, 7 mai 2020 (APMnews) - Le premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé que "la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai" sur tout le territoire, à l'exception de Mayotte, et avec une "discipline renforcée" qui "s'impose" en Île-de-France, jeudi lors d'une conférence de presse.
Fin avril, le premier ministre avait annoncé que l'intensité du déconfinement variera d'un territoire à l'autre, en fonction du niveau de circulation du virus, de la capacité qu'auront les territoires à tester la population et à détecter les cas contacts, et du niveau de tension dans les services de réanimation, rappelle-t-on (cf dépêche du 28/04/2020 à 18:48).
Jeudi lors d'une conférence de presse réunissant plusieurs membres du gouvernement, il a expliqué que la sortie du confinement sera un "processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines". L'objectif est de chercher "en permanence le bon équilibre" entre "l'indispensable reprise de la vie normale", et "l'indispensable respect de toutes les précautions qui empêchent l'épidémie de repartir", a-t-il souligné.
Le plan de déconfinement a été élaboré en "associant tous les acteurs, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux, les scientifiques", et le rapport définitif de Jean Castex, missionné par le gouvernement pour plancher sur la question, sera "rendu public dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.
La circulation active du virus au 7 mai 2020
La circulation active du virus au 7 mai 2020
Intervenant lors de la conférence de presse, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a présenté les trois cartes du territoire qui seront utilisées pour "guider les prochaines semaines": celles des tensions en réanimation et des passages aux urgences pour suspicion d'infection au Covid-19, déjà publiées et mises à jour quotidiennement depuis la semaine dernière, et une troisième présentant les capacités de dépistage par test RT-PCR, sur laquelle l'ensemble des départements apparaissent en vert.
(Capture d'écran)
(Capture d'écran)
Ces capacités de dépistage sont "dès aujourd'hui au niveau des besoins estimés", a déclaré le ministre. Reconnaissant toutefois qu'il "peut y avoir un écart" entre "la théorie et la pratique", il a invité l'ensemble des personnes qui rencontreraient des difficultés à se faire dépister à contacter le numéro vert 0.800.130.000.
La tension hospitalière sur les capacités de réanimation au 7 mai 2020
La tension hospitalière sur les capacités de réanimation au 7 mai 2020
S'agissant des tensions hospitalières, il a décrit "trois diagonales distinctes" dans le pays: verte de la Seine-Maritime aux Alpes-Maritimes avec des capacités hospitalières qui "ne sont pas ou plus menacées par un afflux important de patients" atteints de la forme sévère du Covid-19, orange du Pas-de-Calais à la Haute-Savoie avec des services de réanimation "davantage mis en tension", et rouge essentiellement dans le Grand Est, l'Île-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté avec des services qui "restent l'objet d'une attention toute particulière".
Comme la veille, mercredi, seuls trois département restent signalés en rouge pour la circulation du virus: Paris, le Val-d'Oise et Mayotte (cf dépêche du 06/05/2020 à 20:30)
La carte de synthèse des trois indicateurs au 7 mai 2020
La carte de synthèse des trois indicateurs au 7 mai 2020
L'ensemble des cartes élaborées par les pouvoirs publics reposent sur des "éléments fiables, solides", a soutenu Olivier Véran, tout en rappelant que "l'épidémie est évolutive" et que "la vérité d 'un jour peut ne pas être celle du lendemain".
Les trois indicateurs retenus forment une carte de synthèse avec l'ensemble des départements de 4 régions signalés en "rouge": l'Île-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. Dans ces territoires, le déconfinement est possible à compter du lundi 11 mai, avec certaines restrictions comme le maintien de la fermeture des collèges, des parcs et des jardins.
Ces restrictions n'auront pas cours dans les départements signalés en vert. Les collèges pourront y rouvrir à compter du lundi 18 mai. "S'ils se maintiennent en vert, les trois prochaines semaines, nous pourrons au tout début du mois de juin, envisager une nouvelle étape de déconfinement", avec peut-être l'ouverture des lycées, des cafés et des restaurants, a expliqué le premier ministre.
Il a tenu à mentionner "deux situations particulières", qui nécessitent une "vigilance particulière", celle de Mayotte et celle de la région Ile-de-France.
A Mayotte, "le nombre de cas est faible, mais il est en augmentation". La décision a donc été prise de "retarder le confinement pour nous donner tous les moyens de maîtriser l'épidémie", a déclaré Edouard Philippe.
En Ile-de-France, "le nombre de cas baisse, sûrement, lentement," mais "il reste élevé, plus élevé que ce que nous espérions", a-t-il déploré, jugeant que compte tenu "de la tendance", "nous pouvons déconfiner" mais la situation "nous impose une discipline renforcée".

Les personnes vulnérables invitées à la plus grande prudence

Le premier ministre a souhaité "insister sur deux points" concernant la région parisienne. Tout d'abord, "nous faisons tout pour protéger les plus vulnérables" (personnes âgées, malades chroniques, etc.) mais "il n'y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai", même en Ile-de-France. Il a toutefois invité ces citoyens, dans la région comme sur l'ensemble du territoire, à "continuer" à observer "dans toute la mesure du possible" des "règles de prudence qui ressemblent à celles de ces derniers mois".
Concernant les transports en commun franciliens, "nous allons, au moins les trois premières semaines, imposer des règles très strictes pour éviter qu'ils ne se transforment" en vecteur de diffusion de l'épidémie. "Je n'exclue pas que nous décidions de mesures supplémentaires", a averti le locataire de Matignon.
Sur demande de la présidente LR de la région, Valérie Pécresse, une attestation de l'employeur sera nécessaire pour utiliser les transports en commun aux heures de pointe. Le port d'un masque grand public sera obligatoire pour les usagers de 11 ans et plus, et le non-respect de cette règle sera passible de 135 euros d'amende.
La ministre de la transition écologie et solidaire, Elisabeth Borne, a précisé que la RATP devrait faire passer l'offre de transport à 75%, contre 30% à ce jour, avec une fréquentation limitée à 15% (contre 6%) "pour assurer la meilleure protection possible". Des mesures seront mises en place pour limiter la fréquentation dans les gares et à bord des trains, avec une régulation des entrées et, "le cas échéant", une fermeture de certaines stations.
Le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a pour sa part annoncé le maintien des limitations de déplacement dans un rayon de 100 kilomètres "à vol d'oiseau" autour du lieu de résidence principal, sauf s'il s'agit de se déplacer au sein d'un même département, ou qu'une justification pour "motif impérieux", professionnel ou familial, est possible.

Possibilité d'un "reconfinement"

Interrogé sur un potentiel plan de "reconfinement" évoqué mercredi par Jean Castex devant la commission des lois du Sénat (cf dépêche du 06/05/2020 à 17:02), dans le cas d'une reprise de l'épidémie, Edouard Philippe a expliqué qu'il s'agissait "évidemment" de "quelque chose que nous envisageons", tout en souhaitant "dans la mesure du possible éviter d'en arriver là". "Le moment du déclenchement de cette mesure dépendrait de la rapidité de diffusion du virus, et de beaucoup de facteurs", a-t-il ajouté, sans plus de précision.
Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a par ailleurs détaillé lors de la conférence de presse un arbre décisionnel pour le suivi en ville des patients qui présenteraient des symptômes évocateurs du Covid-19 et de leurs "cas contacts" (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:49) et annoncé l'ouverture de 475 millions d'euros de crédits supplémentaires pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:29).
L'Etat a "récupéré" 75 millions de masques chirurgicaux "arrivés à péremption en décembre 2019", a-t-on également appris du premier ministre (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:38).
af-rm/ab/APMnews

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