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Déconfinement: Olivier Véran présente un arbre décisionnel pour le suivi en ville des patients Covid+

PARIS, 7 mai 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a détaillé un arbre décisionnel pour le suivi en ville, à partir de la levée progressive du déconfinement, le 11 mai, des patients qui présenteraient des symptômes évocateurs du Covid-19 et leurs "cas contacts".
En cas de symptômes évocateurs (fièvre, toux, gêne respiratoire, perte goût ou odorat, etc.), les cas suspects de Covid devront "contacter immédiatement", selon la situation, leur médecin, à défaut un médecin de garde ou, toujours à défaut, le 15, a expliqué le ministre.
"Il vous posera alors des questions, et vous prescrira, s'il l'estime nécessaire, un test de dépistage", qui pourra être réalisé, à l'hôpital, dans un laboratoire de ville, "dans un 'drive test'", organisé par des laboratoires, ou encore chez les patients "via des équipes mobiles".
Le test est "remboursé à 100% par l'assurance maladie", a rappelé Olivier Véran (cf dépêche du 06/05/2020 à 16:10) et en attendant les résultats, l'isolement sera préconisé par le médecin.
"Si le test se révèle être positif, [le médecin] vous suivra tout au long de votre maladie, il alertera également l'assurance maladie qui vous contactera afin de commencer avec vous une enquête visant à identifier les personnes que vous auriez pu contaminer autour de vous [...] et de manière à ce qu'on puisse appeler ces personnes", autrement dit, ces "cas contacts".
L'isolement "durera jusqu'à deux jours après la guérison des symptômes" autrement dit, "en moyenne pendant 8 à 10 jours". En cas d'aggravation des symptômes, le ministre des solidarités et de la santé a rappelé qu'il faudra contacter, en fonction notamment de la gravité de ces derniers, soit son médecin, soit le 15.
En cas d'isolement, la personne se verra conseillée de rester dans "une pièce spécifique" en "évitant les contacts avec les autres occupants du domicile", et en adoptant les gestes barrières (aération du domicile, lavage fréquent de mains, désinfection quotidienne des surfaces fréquemment touchées, etc.). En cas de cohabitation avec un conjoint, "votre médecin vous conseillera de porter en permanence un masque".
"Il est fortement déconseillé de recevoir des visites, sauf les visites indispensables comme les aidants à domicile", a précisé le ministre.
"Vous pourrez aller chercher des masques en pharmacie, sans prescription préalable, et ils seront pris en charge à 100% par l'assurance maladie", a-t-il assuré.
Si le test est négatif, "le médecin réévaluera la situation avec vous en fonction de vos symptômes".
"Si vous êtes cas contact d'une personne malade, [...] vous serez directement contacté par l'assurance maladie ou quelqu'un qui travaille à l'agence régionale de santé [ARS] qui aura été informé que vous avez été potentiellement en contact avec une personne malade", a précisé le ministre.
Si le risque est "avéré", par exemple si "vous avez partagé un déjeuner avec une personne malade sans respecter les règles de distanciation, [...] vous serez invité à rester chez vous en isolement", a-t-il expliqué.
"Comme pour une personne malade, vous devrez alors éviter les contacts avec votre entourage, on vous conseillera de prendre votre température au moins deux fois par jour." En fonction des situations, ces personnes pourront soit télétravailler soit se voir adresser un arrêt de travail.
Un test par PCR interviendra dans les "sept jours après le dernier contact avec la personne malade", a précisé le ministre, estimant qu'il s'agit du "bon moment pour débusquer le virus quand on a été cas contact".
Si le test revient négatif, le médecin pourra "vous proposer d'alléger votre isolement", qui devra néanmoins durer "sept jours supplémentaires car un test négatif n'exclut pas totalement la maladie".
En fonction de la situation du patient, le médecin pourra proposer au patient "d'effectuer cet isolement hors de [son] domicile, par exemple à l'hôtel".

Débats autour du dispositif "Contact covid"

Concernant les modalités de suivi des cas contacts, la création d'un système d'information (SI) fait actuellement l'objet de vifs débat au Parlement (cf dépêche du 04/05/2020 à 16:08 et dépêche du 07/05/2020 à 14:44), ainsi que parmi les acteurs de la santé, rappelle-t-on (cf dépêche du 07/05/2020 à 13:59).
Selon Olivier Véran, le débat porte sur des "outils numériques indispensables", afin de pouvoir "faire des études épidémiologiques".
Il a expliqué qu'il ne s'agissait pas de "cré[er] un nouveau fichier national", mais d'utiliser "un fichier très connu", celui d'Ameli pro, "existe déjà" et auquel "ont accès des médecins mais également des salariés de l'assurance maladie". L'accès prévu pour les cas contacts, le sera, selon Olivier Véran, "dans les mêmes conditions".
Il s'agirait "d'une extension de ce fichier" pour lutter contre l'épidémie du coronavirus, qui n'a "vocation à durer que le temps de l'épidémie" et qui portera sur un "minimum de données".
Le ministre a appelé à distinguer deux type de "brigades" présentes sur le territoire.
D'un côté, "vous avez des personnes qui vont s'occuper des gens malades et des personnes contact, pour vérifier si vous êtes malade, pour vous apporter de l'assistance, vous faire le tester, vous appeler pour vous donner votre résultat".
Pour cela, plusieurs professionnels pourront être mobilisés. "Potentiellement tous les médecins peuvent le faire, en ville comme à l'hôpital", soit des "dizaines de milliers de personnes", a noté le ministre.
Il a également expliqué qu'"une équipe spécifique à l'assurance maladie", de 3.000 à 5.000 personnes "en fonction des besoins", sera mobilisée et avec "un renforcement" si nécessaire. Enfin, des équipes des ARS viendront "en appui" au niveau des clusters, c'est-à-dire les "zone de forte activité virale dans un territoire".
De l'autre côté, il y a des "cellules d'appui territoriale", en lien avec préfet, composées de "milliers et [de] milliers de personnes" qui vérifient "que tout va bien, si vous êtes à l'isolement", "que vous avez à manger", etc. Il s'agit d'une "équipe au service de la lutte contre le coronavirus dans chaque territoire [...] pour vous protéger et vous venir en aide".

Plus d'un million d'actes de télémédecine par semaine

Le ministre a constaté que le confinement a parfois conduit "à repousser des dépistages, des vaccinations et parfois, un traitement pour une maladie chronique" (cf dépêche du 02/04/2020 à 12:28).
Le ministre a appelé "chacun de nos concitoyens à reprendre le chemin des cabinets médicaux, des hôpitaux publics ou privés".
Il a néanmoins précisé que les "soins réalisables à distance" devaient se maintenir, annonçant que désormais, "chaque semaine plus d'un million d'actes de télémédecine" sont réalisés en France.
Pour les personnes vulnérables, Olivier Véran a rappelé que le télétravail est conseillé, et que lorsque ce n'est pas possible, "la mise en activité partielle s'applique depuis 1er mai" (cf dépêche du 06/05/2020 à 15:42).
Lors de cette conférence de presse, Edouard Philippe a confirmé que "la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai" sur tout le territoire (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:26) et a annoncé que l'Etat a "récupéré" 75 millions de masques chirurgicaux "arrivés à péremption en décembre 2019" (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:38).
Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a aussi annoncé que le gouvernement "débloque 475 millions d'euros de crédits supplémentaires pour tous les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)" (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:29).
af/ab/APMnews

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