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Covid-19: l'Ile-de-France, Mayotte et la Guyane classées en zone épidémique orange (Olivier Véran)

PARIS, 28 mai 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a détaillé les indicateurs ayant déterminé le classement de l'Ile-de-France, Mayotte et la Guyane en zones orange, dites de "vigilance renforcée" face à l'épidémie de Covid-19, jeudi lors de la conférence de presse sur la "phase 2 du déconfinement".
Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé jeudi de nouvelles mesures de déconfinement à compter du mardi 2 juin (cf dépêche du 28/05/2020 à 19:50). Il a notamment présenté une nouvelle carte faisant état de la situation épidémique par département qui remplace celle du 30 avril dans le cadre déconfinement du 11 mai (cf dépêche du 30/04/2020 à 22:02).
Cette carte détermine les conditions de reprise de l'activité. Les bars, restaurants, parcs et jardins pourront rouvrir à partir de mardi sur tout le territoire. Toutefois, dans les zones en orange, seules les terrasses seront accessibles.
Elle a été établie sur la base de quatre indicateurs.
Le premier indicateur est le taux d'incidence, c'est-à-dire c'est le "nombre de personnes infectées sur une semaine pour 100.000 habitants", a expliqué Olivier Véran.
Deux seuils déterminent cet indicateur: "Entre 0 et 10 personnes infectées sur 100.000 habitants", "au-delà de 10 personnes ont atteint le seuil de vigilance", et "au-dessus de 50 personnes infectées pour 100.000 habitants, nous atteignons le seuil d'alerte".
Ces seuils "sont cohérents" et "convergent avec ceux mis en place par des pays voisins, notamment l'Allemagne", a affirmé le ministre.
"Le taux d'incidence reste au-dessus du seuil de vigilance dans plusieurs départements", a-t-il souligné. Dans ces départements, "le nombre de nouveaux cas de contamination dans les sept derniers jours reste encore suffisamment élevé pour justifier une attention particulière".
Cette incidence s'explique notamment "par la présence de cas groupés", qui sont actuellement "repérés, analysés et isolés", a-t-il continué. Dans certains autres territoires, notamment en Ile-de-France, "c'est le niveau de circulation du virus" qui constitue cette incidence élevée, "sans que cela s'explique principalement par des cas groupés".

De nouveaux seuils de taux d'occupation des lits de réanimation

Le deuxième indicateur est le taux de positivité des tests. "Avec l'augmentation importante de nos capacités de tests", le "taux moyen de positivité des tests PCR réalisés chez des personnes suspectes [...] n'est plus que de 1,9%". Il "était près de dix fois supérieur pendant la phase épidémique", a-t-il indiqué.
(Capture d'écran)
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"C'est un paramètre important à surveiller car il nous permet de détecter précocement des signes de reprise de l'épidémie dans les territoires. Plus le taux est bas, plus nous testons des personnes qui ne sont pas malades", a-t-il commenté.
Le troisième indicateur est le facteur de reproduction du virus, soit le taux mesurant "la possibilité pour quelqu'un qui est contaminé de contaminer à son tour d'autres personnes".
(Capture d'écran)
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"Si ce taux est supérieur à 1, cela veut dire que chaque porteur du virus va contaminer plus d'une personne donc l'épidémie augmente". S'il est inférieur à 1, "on peut alors considérer que l'épidémie régresse", a poursuivi le ministre.
Ce qui fait varier le facteur de reproduction du virus, "c'est vous [les Français], c'est-à-dire le comportement que vous adoptez depuis plusieurs semaines" en respectant les gestes barrières et de la distanciation physique.
Le quatrième indicateur est le taux d'occupation des services de réanimation (déjà présent dans la carte du 30 avril). Il "reflète le niveau de saturation des hôpitaux" qui d'ailleurs prennent toujours en charge "un grand nombre de malades", a-t-il déclaré.
"Nous avons modifié les seuils de cet indicateur de manière à accompagner le retour progressif à la normale". Ainsi, "le seuil de vigilance a été abaissé à 40% de taux d'occupation des lits de réanimation" (contre 60% auparavant) et "le seuil d'alerte à 60%" (contre 80% avant).
Cela signifie que "lorsqu'il y a plus de 60% des patients qui sont en réanimation à cause d'une infection à coronavirus, on considère que le seuil d'alerte est dépassé". Cet indicateur s'applique à l'échelle régional car c'est à ce niveau-là "qu'on doit penser le taux d'occupation" des lits, a-t-il dit.

Des "tensions sanitaires restent importantes", notamment en Ile-de-France

Olivier Véran a ensuite présenté les caractéristiques épidémiques des trois territoires classés orange.
"Les tensions sanitaires restent importantes dans la région Ile-de-France, ainsi qu'à Mayotte". En Grand Est, "nous sommes passés depuis quelques jours à peine sous le seuil des 40%" de taux occupation en réanimation et la région "est désormais en vert".
Sur la nouvelle carte, sauf pour l'Ile-de-France, "les départements en orange sont ceux pour lesquels il y au moins deux indicateurs sur les quatre au-dessus des seuils de vigilance" et "pour lesquels, après une analyse approfondie, nous considérons qu'il faut maintenir une vigilance renforcée", a expliqué le ministre.
Le classement de l'Ile-de-France est justifié par la persistance à des niveaux élevés, à la fois "des taux d'incidence et d'occupation des lits de réanimation". "Nous avons considéré que les mesures doivent être prises à l'échelle de la région Ile-de-France et non pas du département", compte-tenu de la forte densité de population et du fort recours aux transports en commun.
A Mayotte, le classement en vigilance renforcée est lié "à l'existence d'une épidémie toujours active et à la persistance de tensions sanitaires". En Guyane, il est notamment justifié "par le taux de reproduction du virus".
Toutefois, le classement en vert des départements "ne veut pas dire que le virus ne circule plus" et "n'y est plus", a prévenu Olivier Véran.

Des opérations de tests "en population asymptomatique"

Le premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé le 28 avril la prise en charge à 100% des tests virologiques par l'assurance maladie à l'occasion de la présentation du plan de sortie du confinement à l'Assemblée nationale (cf dépêche du 28/04/2020 à 18:48).
Un décret publié le 6 mai au Journal officiel a entériné la prise en charge intégrale par l'assurance maladie obligatoire des frais liés au tests PCR de détection du génome du coronavirus Sars-CoV-2, rappelle-t-on (cf dépêche du 06/05/2020 à 16:10).
"Grâce au déploiement massif des tests PCR et grâce à la mise en place d'un système de centralisation numérique des données, nous avons la capacité de tester chaque personne symptomatique et tous les cas contact à risque. Nous pouvons également mener des programmes de dépistage spécifique et à ce stade plus de 80% des résultats des tests PCR sont rendu en moins de 36 heures", s'est aussi félicité Olivier Véran.
(Capture d'écran)
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"Notre capacité de tests nous met en possibilité d'en faire autant que nécessaire, nous notons -toutefois- qu'il y a moins de malade en circulation et qu'il y a même moins de cas contact rapprochés que nous avions anticipé compte tenu du maintien des mesures de distanciation physique", a-t-il complété.
Olivier Véran a, par ailleurs, indiqué que des opérations sont toujours menées "en population asymptomatique, dans les toutes les régions du territoire national" pour garantir que le virus ne circule pas activement.
"Nous avons une règle de conduite: garantir à tous ceux qui doivent faire un test, d'y avoir accès et veiller à ce que personne ne reste à l'écart", a-t-il souligné, invitant chacun à consulter "à la moindre hésitation".
Concernant les tests sérologiques, permettant de savoir si l'on a été infecté par le Sars-CoV-2 à partir de la présence d'anticorps spécifiques, Olivier Véran a rappelé que la Haute autorité de santé (HAS) a publié une liste de tests le 21 mai dernier, précisant notamment pour chacun d'entre eux s'ils ont obtenu le marquage CE et s'ils sont validés par le centre national de référence (CNR) virus des infections respiratoires (cf dépêche du 22/05/2020 à 09:51).
"Ces tests sont désormais pris en charge à 100% par l'assurance maladie lorsqu'ils sont prescrits par un médecin et selon les indications de la HAS, ainsi que pour les personnels de santé et les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qui peuvent bénéficier d'une sérologie en laboratoire", a-t-il précisé.
syl-wz/vl/APMnews

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