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Modifications à la marge de l'application de traçage StopCovid, renommée TousAntiCovid

PARIS, 22 octobre 2020 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, et le secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique, Cédric O, ont présenté jeudi lors d'une conférence de presse la nouvelle version de l'application de traçage des cas contacts StopCovid, renommée TousAntiCovid, qui comprend de nouvelles fonctionnalités mais garde le même fonctionnement technologique et sanitaire.
L'application continue de proposer aux personnes ayant contracté le Covid-19 de scanner un QR code, fourni par le système d'information Sidep et intégré au résultat de test RT-PCR ou par un professionnel de santé, qui permet de signaler aux autres utilisateurs de l'application avec qui elles ont été en contact que ces derniers sont désormais cas contacts, rappelle-t-on.
Elle s'appuie toujours sur le protocole de traçage des cas contacts Robert, développé par l'Inria, et la technologie Bluetooth (cf dépêche du 19/04/2020 à 20:32). Sont considérés comme cas contacts les utilisateurs ayant passé plus de 15 minutes à moins d'un mètre de distance.
La nouvelle version de l'application est disponible au téléchargement "dès aujourd'hui", a indiqué Jean Castex. "Je vous invite tous à la télécharger comme je l'ai fait moi-même", a-t-il ajouté, alors qu'il avait reconnu il y quelques semaines sur France 2 ne pas avoir installé StopCovid.
TousAntiCovid est disponible sur les systèmes d'exploitation iOs d'Apple et Android de Google. En fin d'après-midi, de nombreux utilisateurs d'Android ont constaté que l'application avait changé de nom mais n'avait pas encore été mise à jour. La nouvelle version était bien disponible sur iOs, a constaté APMnews.
L'application TousAntiCovid. Photo: APMnews/TICsanté
L'application TousAntiCovid. Photo: APMnews/TICsanté
"L'application n'a pas été suffisamment téléchargée pour être un outil utile dans la lutte contre le coronavirus", a concédé Cédric O jeudi lors de la conférence de presse qui réunissait également le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, et la ministre de la culture, Roselyne Bachelot.
"S'il faut en prendre la responsabilité, nous la prenons et moi le premier", mais il s'agit d'une "opportunité manquée collectivement", a-t-il ajouté. TousAntiCovid est "un geste barrière supplémentaire simple" de lutte contre l'épidémie, qui n'est utile "que si nous sommes très nombreux à le faire", a-t-il insisté.
Il est désormais possible d'utiliser le message reçu dans l'application pour bénéficier d'un accès prioritaire à un test de dépistage du Covid-19, "comme pour les cas contacts identifiés par l'assurance maladie", a relevé le secrétaire d'Etat.
La principale nouveauté de l'application est l'intégration "d'éléments d'information quotidiens: le nombre de personnes testées positives chaque jour, le taux d'incidence, le [taux de reproduction R] et le taux d'occupation des lits de réanimation par des malades Covid", a-t-il énuméré.
Ces informations sont disponibles à l'échelle nationale puis "seront adaptées à la ville de chacun dans les jours qui viennent", a-t-il précisé.
Les "chiffres d'adoption" de l'application sont également indiqués: "le nombre d'enregistrements, le nombre de cas déclarés et le nombre de cas notifiés dans l'application". L'outil "diffusera plusieurs fois par semaine des éléments d'information ou d'actualité sur la connaissance et la lutte contre le virus", a poursuivi Cédric O.
Enfin, l'application intègre un lien vers la carte des lieux réalisant des tests de dépistage Covid-19 disponible sur depistagecovid.gouv.fr. Cette carte permet désormais aux utilisateurs d'indiquer le temps d'attente dans les lieux de tests, a par ailleurs fait savoir le ministère de la santé.

Nouvelles fonctionnalités attendues

De nouvelles fonctionnalités sont attendues "toutes les deux semaines" dans TousAntiCovid, notamment l'intégration de l'attestation dérogatoire de sortie pour les départements concernés par le couvre-feu, et "une alternative aux cahiers de rappels" utilisés par les restaurants, a déclaré Cédric O.
"Nous n'attendons pas le grand soir de l'application, mais nous avons besoin dans la durée que plusieurs millions de français la téléchargent", a-t-il affirmé. Elle doit devenir "un couteau suisse de la vie quotidienne pour faciliter la lutte contre l'épidémie".
Par ailleurs, "à compter de [jeudi], l'ensemble des communications du gouvernement sur les gestes barrières intégreront" l'application, a indiqué le secrétaire d'Etat, qui a aussi rappelé l'existence du site Mesconseilscovid.fr fournissant des conseils personnalisés et orientant les patients en fonction de leur situation (cf dépêche du 05/06/2020 à 20:39).
"Ces trois outils [TousAntiCovid, Dépistage Covid et Mes conseils Covid] forment un tout pour faire du numérique l'outil de chacun et de tous dans la lutte contre le virus", a-t-il conclu.
Dans un avis transmis aux autorités sanitaires mardi et publié jeudi, le conseil scientifique placé auprès du gouvernement pour la gestion de l'épidémie de Covid-19 a estimé "indispensable" de relancer "un nouvel ensemble numérique composé de [ces] trois services" visant à lutter contre la propagation du virus et "améliorer l'efficacité sanitaire" (cf dépêche du 22/10/2020 à 17:37).

Hausse continue du nombre de déclarations

Le nombre de personnes positives au Covid-19 se signalant dans l'application TousAntiCovid continue d'augmenter, peut-on constater dans celle-ci. Exactement 13.651 personnes ont déclaré leur positivité au Covid-19 dans l'application et 823 personnes ont été notifiées, selon les informations affichées par l'application jeudi à en fin d'après-midi.
Le 8 octobre, près de 8.000 personnes s'étaient signalées et 472 cas contacts avaient été identifiés, rappelle-t-on (cf dépêche du 09/10/2020 à 12:20).
Un total de 2.785.681 personnes a téléchargé et activé l'application, pouvait-on également lire sur celle-ci jeudi.
Les utilisateurs peuvent installer, désinstaller, activer et désactiver l'application à volonté, et l'activation doit être effectuée manuellement par l'utilisateur après le téléchargement, rappelle-t-on.

Le coût exact de l'application encore inconnu

Le coût exact de l'application n'est pas encore connu. Les chiffres disponibles sont "des plafonds définis dans le cadre de l'accord-cadre entre la DGS et l'Inria", a précisé le ministère de la santé.
Le plafond mensuel est de 196.000 euros hors taxes "pour l'hébergement, les mises à jour, l'infogérance, la maintenance applicative, le support utilisateur et l'animation de l'écosystème". Les premiers bons de commande pour juin à janvier 2021 ont été émis, a ajouté le ministère.
Entre le 2 juin et le 30 septembre, l'application a coûté 86.000 euros par mois, mais "les premières factures seront émises en octobre", avait indiqué Cédric O début octobre (cf dépêche du 09/10/2020 à 12:20).
Lors de la conférence de presse qui s'est tenue jeudi, Jean Castex a par ailleurs annoncé que le couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin pour lutter contre la propagation du Covid-19 sera étendu à 54 départements, ainsi qu'à la Polynésie française à compter de vendredi minuit (cf dépêche du 22/10/2020 à 20:04).
lc/rm/APMnews polsan-une

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