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Covid-19: Olivier Véran exhorte les Français à respecter le confinement face à une deuxième vague "violente"

PARIS, 5 novembre 2020 (APMnews) - Qualifiant la deuxième vague de Covid-19 de "violente" et la situation de "tendue", le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a exhorté les Français à respecter les mesures de confinement, jeudi lors d'un point presse au ministère.
Pour la première fois depuis le mois de mai et la fin de la première vague, la situation épidémiologique au niveau national et international a été présentée par le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon.
"L'épidémie est massive et diffuse largement en population", touchant toutes les régions, a commenté le DGS en détaillant les derniers chiffres -inquiétants- de la deuxième vague de Covid-19. Le nombre de nouveaux cas positifs recensés mercredi était de 58.046, le taux de positivité des tests supérieur à 20%, et près de 3.000 nouveaux patients Covid-19 ont été hospitalisés et 447 admis en réanimation en l'espace de 24 heures.
De nouvelles mesures de confinement -en vigueur depuis vendredi- avaient été annoncées par le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, quelques jours après que le nombre de cas quotidiens a dépassé la barre des 50.000, rappelle-t-on (cf dépêche du 28/10/2020 à 22:41).
En outre, si quelque 29.000 décès de patients Covid-19 ont été recensés au cours de la première vague épidémique, ce sont "déjà plus de 8.000" personnes qui ont succombé à la maladie depuis septembre, a exposé Jérôme Salomon. Le nombre total de décès de patients Covid-19 enregistrés dans les établissements de santé et les établissements sociaux et médico-sociaux s'établit désormais à 39.037.
"Nous sommes devant une vague très haute […], la situation se détériore, chaque jour compte", a alerté le DGS, appelant les Français à casser la vague épidémique en appliquant "au quotidien" l'ensemble des mesures de prévention de la diffusion virale (gestes barrières, distanciation physique, réduction des contacts…).
"La situation dans le pays est très sérieuse", la "deuxième vague est là et elle est violente", a renchéri Olivier Véran, qualifiant la situation de "tendue".
Il a souligné que les mesures de freinage de la circulation virale étaient "guidées" par la volonté de "soigner tout le monde", patients Covid comme non Covid, et qu'en respectant les gestes barrières, "les Français aident les patients, les Français aident les soignants, les Français aident les Français".

En réanimation, une pression "déjà très forte et réelle"

Le ministre a présenté les quatre "leviers" déployés pour "permettre au système hospitalier de faire face à la seconde vague", à savoir la déprogrammation des soins non urgents, la sollicitation de renforts en personnels soignants, la mise en oeuvre d'évacuations sanitaires pour les territoires les plus en tension et la mobilisation de l'ensemble du système de soin (cf dépêche du 05/11/2020 à 22:38).
La pression sur les services de soins critiques réanimatoires est "déjà très forte et réelle", avec "à date, plus de 85% des lits qui sont occupés", a exposé le ministre. Le nombre de patients Covid-19 hospitalisés en réanimation était de 4.080 mercredi, à quoi s'ajoutent quelque 3.000 patients non Covid.
Or, a affirmé le ministre, si aucune décision n'avait été prise pour limiter la circulation virale, la situation serait "catastrophique pour les hôpitaux et les malades". "Dès le 11 novembre, toutes les réanimations auraient été saturées", et il y aurait eu 9.000 patients Covid-19 en réanimation à la mi-novembre, selon des projections de l'Institut Pasteur. Lors de la première vague, le pic avait été atteint le 8 avril avec 7.148 patients Covid-19 en réanimation, rappelle-t-on.
"Si le confinement est bien observé", alors "le virus circulera moins" et le pic à la mi-novembre devrait être de 6.000 patients Covid-19 en réanimation, ce qui constituerait une vague "très forte" mais tout de même "moins intense que la première".
En revanche, si le confinement était "peu respecté" et que le taux de reproduction (R) effectif se maintenait autour de 1,2 comme c'est le cas actuellement, alors il y aurait un "risque fort de saturation" avec plus de 7.000 patients Covid en réanimation, soit plus de 70% des capacités maximales de réanimation (l'objectif étant de parvenir sous peu à 10.700 lits comme lors de la première vague), et il y aurait une "probable stabilisation à un niveau élevé de patients en réanimation et ce, au moins jusqu'à la mi-décembre".
Carte présentée par Olivier Véran (capture d'écran)
Carte présentée par Olivier Véran (capture d'écran)
Olivier Véran a illustré son propos avec l'exemple de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), la plus touchée à l'heure actuelle. A la mi-novembre, sans mesures de confinement, il y aurait eu deux fois plus de patients Covid en réanimation que la capacité maximale de la région (environ 1.000 lits), tandis qu'avec un confinement "peu respecté", une saturation serait observée "dès les prochains jours" et le pic s'établirait à 1.700 patients.
Il a par ailleurs pointé que même si le R diminuait à 0,9 en ARA dans le cadre d'un confinement bien respecté, la région "pourrait connaître une saturation" de ses capacités de réanimation. C'estt pour cette raison que des évacuations sanitaires sont d'ores et déjà réalisées.
Ce sont ainsi 61 transferts de patients d'une région à une autre qui ont été réalisés à l'échelle nationale entre le 23 octobre et mercredi, dont 43 en provenance d'ARA (cf dépêche du 04/11/2020 à 19:05). Et 200 autres évacuations sont déjà prévues, "parce qu'il est indispensable de prévenir plutôt que subir", a dit le ministre, rappelant par ailleurs qu'il s'agissait d'opérations "logistiquement et humainement très lourdes" et qu’elles ne pouvaient se faire que sur des patients stabilisés.
Il a aussi rappelé que près de 12.000 professionnels de santé s'étaient portés volontaires pour "prêter main forte" dans les hôpitaux et dans les Ehpad, que plus de 7.000 avaient été formés aux techniques de réanimation depuis le printemps (cf dépêche du 04/11/2020 à 12:17) et que 1.500 étaient actuellement en formation. Il a également indiqué que 8.000 aides-soignants supplémentaires seraient formés "d'ici la fin de l'année".
Répondant à une question d'un internaute sur les actions des autorités sanitaires face à la situation dans les Ehpad, très touchés par la vague épidémique, le ministre a souligné qu'outre les renforts en personnels, une "vaste campagne de dépistage" impliquant 650.000 tests antigéniques rapides était actuellement déployée "dans les Ehpad de tout le pays".
Olivier Véran a par ailleurs rapporté avoir "réactivé l'ensemble des dispositifs dérogatoires en matière de télémédecine", y compris pour les consultations par téléphone.
"La durée des règles et des restrictions dépend en très très grande partie de nous", a conclu le ministre, pointant que plus les Français seront "rigoureux", moins le confinement sera long.
sb/fb/APMnews polsan-une

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