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La HAS recommande de retarder la 2e dose du vaccin contre le Covid-19 à 6 semaines

SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis), 23 janvier 2021 (APMnews) - La Haute autorité de santé (HAS), dans un avis rendu public samedi, recommande de décaler la 2e dose du vaccin contre le Covid-19 à 6 semaines, ce qui permettra de vacciner rapidement un plus grand nombre de personnes et d'éviter des décès.
Cet avis a été pris dans un contexte d'arrivée de nouveaux variants ayant une transmissibilité plus élevée et de prévision d'une prochaine "flambée de l'épidémie", et en considérant qu'il y a une "nécessité d'assurer rapidement une couverture vaccinale aux personnes les plus à risque de décès", a expliqué la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec lors d'une visioconférence de presse samedi matin.
Celle-ci s'était exprimée au début du mois contre le décalage de la 2e dose de vaccin contre le Covid-19 à 6 semaines au lieu des 3 semaines actuellement recommandées, considérant qu'il fallait respecter le schéma posologique qui avait fait ses preuves dans les essais cliniques, rappelle-t-on (cf dépêche du 04/01/2021 à 10:47).
Mais la situation a évolué, notamment l'"urgence épidémique", qui a été évoquée également par Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations, ainsi que l'accumulation de données.
Ces données montrent que dès la première dose des vaccins à ARNm (les vaccins actuellement disponibles), on obtient une efficacité de 90% en termes de protection contre les formes graves de Covid-19. Cette protection est obtenue dès 12 jours pour le vaccin de Pfizer/BioNTech et 14 jours pour celui de Moderna.
La 2e dose permet d'augmenter encore l'efficacité mais a surtout pour but d'assurer une efficacité à plus long terme et d'entraîner l'apparition d'une immunité mémoire. Elle reste donc "indispensable", ont insisté les responsables de la HAS. Mais elle peut être décalée de façon sûre.
Il semble même que décaler la 2e dose soit encore plus efficace.

Vacciner 700.000 personnes en plus en février

Des modélisations réalisées par l'Institut Pasteur à la demande de la HAS montrent que le décalage à 6 semaines permettrait de "vacciner 700.000 personnes en plus" en février et ainsi, en protégeant rapidement les personnes les plus à risque, d'"éviter des milliers d'hospitalisations et des centaines de décès", a souligné Dominique Le Guludec.
En espaçant les 2 doses, et donc en récupérant pour une première injection des doses qui auraient été utilisées pour la 2e, on accélère la vaccination de la population cible en gagnant en moyenne 10 jours.
Mais le bénéfice en termes de baisse des hospitalisations et des décès ne sera obtenu qu'à "3 conditions: que les mesures soient mises en oeuvre très rapidement; que soient vaccinés les plus vulnérables; qu'on utilise toutes les doses de vaccins disponibles", a précisé la présidente de la HAS.
Selon l'avis de la HAS, "les doses de vaccins à ARNm disponibles doivent être réservées en priorité à la vaccination des personnes de 75 ans et plus puis des personnes de 65 ans à 74 ans en commençant par celles qui présentent des comorbidités (chez lesquelles le risque de décès lié à la Covid-19 est supérieur)".
Clairement, dans un objectif de diminuer les hospitalisations et les décès, "l'âge est le facteur prédominant", a rappelé Elisabeth Bouvet.
Interrogée sur les professionnels de santé de plus de 50 ans ayant des comorbidités, qui font actuellement aussi partie de la phase 1 de la stratégie de vaccination, bien qu'ils ne soient pas cités, elle a répondu qu’ils restaient aussi prioritaires.
Quant aux autres personnels de santé, elle a indiqué qu'ils restaient prévus dans la phase 3 de la stratégie, et que s'ils n'étaient pas à risque d'hospitalisation et de décès, il n'y avait pas de nécessité de les vacciner immédiatement. En effet, l'intérêt de vacciner tous les professionnels de santé serait d'éviter qu'ils transmettent le virus s'ils sont porteurs, mais elle a rappelé qu'il n'y a pas à ce jour de preuve que le vaccin, qui prévient les formes graves de la maladie, prévienne l'infection elle-même et donc ait un effet sur la transmission.
Il a été rappelé durant la conférence de presse que même si dans les essais le délai entre les 2 doses était de 3 semaines, d'ores et déjà les autorisations de mise sur le marché (AMM) des 2 vaccins autorisent des délais allant jusqu'à "42 jours".
Dominique Le Guludec a précisé qu'il n'y avait pas de nécessité de garder en stock une partie des vaccins reçus des fabricants en vue de la 2e dose. La modélisation réalisée par l'Institut Pasteur inclut les prévisions de livraisons dans les mois à venir, donc inclut le fait que des livraisons ultérieures serviront alors pour les 2es doses.
Par ailleurs, interrogée sur la vaccination des personnes qui ont déjà été infectées par le Sars-CoV-2 (qui ne sont pas le sujet du présent avis), Elisabeth Bouvet a indiqué que cette question allait être "retravaillée". "De nouvelles données arrivent que l'on va étudier". Mais dans la mesure où les données actuelles montrent qu'après infection il y a des anticorps durant au moins 6-8 mois, vacciner ces personnes n'est pas prioritaire.
fb/cd/APMnews polsan-une

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