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Covid-19: les variants anglais, sud-africain et brésilien associés à un surrisque d'hospitalisation (données européennes)

STOCKHOLM, 26 avril 2021 (APMnews) - L'infection par un variant anglais, sud-africain ou brésilien du Sars-CoV-2 a été associée à un surrisque significatif d'hospitalisation et d'admission en réanimation par rapport à une infection avec un virus non variant, selon les données de sept pays européens publiées jeudi dans Eurosurveillance.
Chaque semaine, les pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen déclarent les cas de Covid-19 sur le système européen de surveillance TESSy (The European Surveillance System), rappellent Tjede Funk de l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) à Stockholm et ses collègues.
Dans cette étude, ils ont analysé les cas de Covid-19 déclarés sur Tessy par 7 pays (Chypre, Estonie, Finlande, Irlande, Italie, Luxembourg et Portugal) entre la semaine du 14 septembre 2020 et celle du 8 mars 2021.
Sur les 3,2 millions de cas rapportés par ces pays pendant la période d'étude, 23.343 étaient assortis d'une information quant à leurs caractéristiques de variant (VOC, pour variant of concern) ou de non-variant.
Parmi ces cas, 3.348 étaient dus à des non-variants (virus historique et autres souches non porteuses des mutations de VOC) et 19.995 à des variants, dont 82% de variant anglais (19.207 échantillons), 1,9% de variant sud-africain (436 échantillons) et 1,5% de variant brésilien (352 échantillons).
Les chercheurs ont observé qu'il y avait significativement moins de formes symptomatiques avec le variant anglais (73%) qu'avec les non-variants (81%). La part de formes symptomatiques avec le variant sud-africain était de 90% mais la différence avec les non-variants n'était pas significative. S'agissant du variant brésilien, il n'y avait pas suffisamment de données renseignées pour évaluer ce paramètre.
Il apparaît en outre que la part de patients avec des comorbidités était significativement plus faible parmi les cas d'infection avec les 3 variants que chez ceux infectés par les non-variants.
Les chercheurs ont par ailleurs constaté que la part de patients nécessitant une hospitalisation était plus importante en cas d'infection avec un variant. Le taux d'hospitalisation était de 11% avec le variant anglais, 19% avec le variant sud-africain et 20% avec le variant brésilien, contre 7,5% avec les non-variants.
La même chose a été observée pour les admissions en réanimation, la part de patients concernés étant de 1,4% avec le variant anglais, 2,3% avec le variant sud-africain et 2,1% avec le variant brésilien, contre 0,6% avec les non-variants.
En analyse multivariée, le risque (odds ratio OR) d'hospitalisation était respectivement multiplié par 1,7 en cas d'infection avec le variant anglais, 3,6 avec le variant sud-africain et 2,6 avec le variant brésilien, par rapport à une infection avec un non-variant. Ces surrisques étaient significatifs sur le plan statistique.
Un surrisque d'admission en réanimation a aussi été constaté en cas d'infection avec les variants anglais (OR de 2,3), sud-africain (OR de 3,3) et brésilien (OR de 2,2).
Sur les 184 décès rapportés au total, les chercheurs n'ont pas mis en évidence de surmortalité en lien avec ces variants, ce qui va dans le sens de données récentes suggérant que le variant anglais n'était pas associé à des formes de Covid-19 plus mortelles (cf dépêche du 13/04/2021 à 15:42). Cette question reste toutefois débattue, rappelle-t-on (cf dépêche du 15/03/2021 à 16:06).
"Nos résultats mettent en évidence la nécessité d'atteindre rapidement des niveaux élevés de vaccination et d'adhérer aux mesures visant à réduire l'incidence du Sars-CoV-2 et à prévenir les formes sévères de Covid-19", concluent les chercheurs.
(Eurosurveillance, publication en ligne du 22 avril)
sb/nc/APMnews

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