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AMP: le HCSP préconise de simplifier les mesures relatives aux risques liés à Zika et à la dengue

PARIS, 9 mai 2022 (APMnews) - Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande une simplification des mesures de prévention des risques liés au virus Zika et au virus de la dengue dans le domaine de l'assistance médicale à la procréation (AMP, PMA), dans un avis mis en ligne jeudi.
Il actualise ainsi, en réponse à une saisine de la direction générale de la santé (DGS) émise le 22 avril 2021, un précédent avis de 2016 portant sur la transmission du virus Zika par voie sexuelle (cf dépêche du 30/06/2016 à 17:13).
Cet avis avait été suivi de "recommandations de l'Agence de la biomédecine (ABM) en février 2018 préconisant une préparation complexe des gamètes et des délais relativement longs entre l'exposition et le début de la procédure d'AMP", rappelle le HCSP. Depuis, l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) a réalisé, début 2019, "un état des lieux sur la fin de l'épidémie mondiale avec une forte baisse du nombre de cas en Europe".
Dans son avis daté du 28 avril et mis en ligne jeudi, le HCSP recommande donc une "simplification des mesures préconisées antérieurement en matière d'AMP" vis-à-vis des risques liés à Zika et à la dengue.
Il indique avoir fondé ses nouvelles recommandations sur plusieurs éléments: la "connaissance plus approfondie de la persistance du virus Zika dans le tractus génital de l'homme et de la femme", les données épidémiologiques "en faveur d'un risque limité de circulation du virus Zika depuis 2019", la "relative complexité des mesures actuelles pour le virus Zika en matière d'AMP et de dons de gamètes" (ce qui induit des retards de prise en charge) et la "disponibilité en France des tests diagnostiques susceptibles de caractériser une éventuelle infection évolutive à virus Zika".
Le HCSP distingue deux situations d'exposition, selon que les personnes vivent ou sont de retour d'une zone de circulation active de virus Zika, et trois cas de figure (don de gamètes, AMP et préservation de la fertilité).
En cas de circulation active du virus, le HCSP recommande de reporter le don d'ovocytes ou de gamètes. A l'arrêt de l'épidémie ou de la circulation active du virus, le don est de nouveau possible dans un délai de deux mois pour les ovocytes et de six mois pour les spermatozoïdes (sous réserve d'avoir une RT-PCR sur échantillon de sperme négative).
Les délais de report sont les mêmes en cas de retour d'une zone à risque, et ce, à compter de la date du retour.
Concernant l'AMP et la préservation de la fertilité, le HCSP synthétise ses recommandations dans plusieurs logigrammes.
Pour l'AMP, il recommande, en cas de circulation active du virus, de pratiquer une RT-PCR sur échantillon de sperme pour les hommes (avec report de la prise en charge de trois mois en cas de résultat positif) et sur plasma et urine pour les femmes, avec en plus une sérologie Zika (avec report de deux mois en cas de PCR positive, et décision en fonction des résultats de la sérologie en cas de PCR négative).
En cas de déplacement dans une zone à risque Zika, "les personnes débutant leur parcours d'AMP doivent être informées qu'un report de la prise en charge est recommandé", note le HCSP. Ce report est de trois mois pour l'homme et de deux mois pour la femme.
Le HCSP précise toutefois que "dans les deux sexes, si la prise en charge du couple est considérée comme urgente", alors "la conduite à tenir pour la prise en charge est celle préconisée pour la préservation de la fertilité en zone à risque".
Ainsi, pour le sperme, il est nécessaire d'utiliser des paillettes haute sécurité et de réaliser une RT-PCR sur l'une d'elles préalablement à l'utilisation, avec une décision de la conduite à tenir dans le cadre d'une discussion pluridisciplinaire en cas de résultat positif.
Pour la conservation d'ovocytes, de tissus ovariens ou de tissus testiculaires, une RT-PCR sur plasma et urine doit être réalisée en amont, de même qu'une sérologie Zika. En cas de PCR ou de sérologie positive, la conservation est possible sous réserve de la disponibilité de paillettes de haute sécurité. Ces mesures s'appliquent également en cas de retour d'une zone à risque datant de moins de deux mois.

Pas de "recommandation particulière" concernant le risque associé à la dengue

Concernant le risque associé à une infection par le virus de la dengue, le HCSP estime qu'il n'y a "pas de recommandation particulière à envisager pour les personnes ayant recours à une AMP".
Il pointe à ce titre qu'aucun risque "n'a été rapporté à ce jour chez des couples exposés en zone de circulation active de la dengue (île de La Réunion ou Antilles)".
Le HCSP encourage toutefois la mise en place d'études pour "améliorer la connaissance des risques éventuels sur la transmission par voie sexuelle du virus de la dengue et sa persistance dans le tractus génital".
sb/nc/APMnews

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