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Cancer du sein: une solution à base de gallate d'épigallocatéchine efficace en prévention des radiodermites (phase II)

WASHINGTON, 2 juin 2022 (APMnews) - Une solution à base de gallate d'épigallocatéchine, un composant du thé vert, a permis de réduire l'incidence et la sévérité des radiodermites chez les patients traitées par radiothérapie adjuvante pour un cancer du sein, dans un essai clinique de phase II chinois, selon les résultats publiés mercredi dans JAMA Dermatology.
Les dermites radio-induites ou radiodermites représentent l'effet indésirable le plus fréquent de la radiothérapie pour le cancer du sein. Même s'il est rarement grave, ses symptômes peuvent entraîner un arrêt du traitement avant l'administration de la dose totale prescrite, ce qui risque de compromettre son efficacité, rappellent le Dr Hanxi Zhao de la 1re faculté de médecine de Shandong et de l'Académie des sciences médicales de Shandong et ses collègues.
Cependant, il n'existe aucune thérapie prophylactique de référence. Une corticothérapie topique est parfois préconisée mais avec un faible niveau de preuves.
Les chercheurs se sont intéressés au gallate d'épigallocatéchine (EGCG), le principal constituant actif du thé vert car dans une étude rétrospective, des extraits de thé vert ont permis de restaurer l'intégrité de la peau de patients avec des radiodermites modérées à sévères après radiothérapie de la tête et du cou.
Dans cette étude académique de phase II, ils ont inclus 180 patientes recevant une radiothérapie postopératoire dans leur centre puis les ont randomisées en double aveugle dans un rapport de deux pour une entre une solution d'EGCG à 660 µmol/L et une solution placebo.
Les patientes devaient s'appliquer cette solution, à l'aide d'un spray stérilisé, trois fois par jour à 0,05 mL/cm², sur l'ensemble du champ irradié, à partir du premier jour de la radiothérapie jusqu'aux deux semaines suivant l'arrêt des séances de radiothérapie. Ils devaient également suivre les bonnes pratiques cliniques habituelles de soins cutanés et n'utiliser ni déodorant, crème, parfum ou autre agent topique.
L'analyse d'efficacité a porté finalement sur 165 patientes (les autres ayant été exclues pour retrait de leur consentement, application d'autres traitements, radiothérapie non achevée, progression du cancer et une suspicion de réaction allergique notamment), dont 111 dans le groupe EGCG et 54 dans le groupe placebo.
A l'issue de l'étude, la moitié des femmes (50,2%) ayant utilisé l'EGCG ont développé des radiodermites de grade 2 ou plus, contre 72,2% dans le groupe placebo, une différence statistiquement significative. Les résultats suivaient cette tendance mais sans être significatifs pour l'incidence des radiodermites de grade 3 ou plus, touchant respectivement 3,6% et 9,3% des patientes.
L'indice RIDI des symptômes associés à la radiodermite (douleur, sensation de brûlure, prurit, sensibilité accrue de la peau, peau qui tire) était également significativement inférieur chez les patientes ayant utilisé l'EGCG, de 5,22 points en moyenne, contre 6,21 points dans le groupe placebo.
La solution d'EGCG a été globalement bien tolérée. Quatre patientes ont développé des effets indésirables en lien avec l'EGCG de grade 1 seulement, trois avaient des sensations de piqûre et une un prurit.
Ces résultats méritent des études complémentaires d'autant que pour celle-ci, une solution préparée pour l'occasion a été utilisée, ce qui a probablement limité l'action de l'EGCG. Une formulation sous forme de pommade est en cours de développement pour améliorer la pénétration du principe actif dans la peau et faciliter les prochains essais cliniques multicentriques, commentent les chercheurs.
ld/nc/APMnews

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