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La PrEP au VIH semble faisable chez les patients atteints d'hépatite B chronique (revue)

LONDRES, 19 juillet 2022 (APMnews) - Une prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH (ténofovir disproxil fumarate + emtricitabine) peut être "initiée en toute sécurité" chez les personnes ayant une infection chronique par le virus de l'hépatite B (VHB), estime une équipe de recherche internationale dans une revue publiée dans le Lancet HIV.
Alors que la prévalence du VHB chez les patients VIH+ est d'environ 10%, plusieurs études ont montré que les personnes co-infectées présentaient un taux de mortalité plus élevé que celles ayant une mono-infection par le VIH. Cela signifie que "prévenir le VIH chez les personnes ayant une infection chronique par le VHB est particulièrement important pour éviter les conséquences délétères de la co-infection", pointent Amir Mohareb du Massachusetts General Hospital à Boston et ses collègues.
Ils expliquent que le ténofovir disproxil fumarate est un "puissant inhibiteur" de la réplication de l'ADN du VHB, mais que dans la mesure où les patients VHB+ ne nécessitent pas tous un traitement antiviral, l'initiation de la PrEP au VIH chez ces personnes "introduit une couche de complexité supplémentaire dans la prise de décision médicale".
Car si la prise à long terme d'un traitement à base de ténofovir disproxil fumarate peut à la fois améliorer le contrôle de la réplication du VHB et minimiser le risque d'infection par le VIH, la crainte est qu'une interruption soudaine de ce traitement préventif conduise à une réactivation de l'ADN du VHB, ce qui est associé à une recrudescence de l'hépatite et à une insuffisance hépatique aiguë.
En outre, "les recommandations actuelles de pratique clinique relatives à la PrEP ne fournissent que peu d'indications sur quand et comment utiliser ce traitement de façon sûre chez les personnes VHB+", notent les chercheurs.
Or, dans cette revue, ils estiment que "les données émergentes relatives aux risques et bénéfices de l'arrêt des antiviraux chez les personnes souffrant d'hépatite B chronique suggèrent que la PrEP au VIH peut être initiée en toute sécurité en dépit du risque lié à la non-observance du traitement ou à son interruption".
Et ils insistent sur le fait que les personnes ayant une hépatite B chronique qui stoppent leur PrEP au VIH doivent être suivies de près sur le plan de la réactivation du VHB et de la recrudescence de l'hépatite après l'arrêt de l'antiviral.
Selon eux, la mise sous PrEP des patients VHB+ représente également une "occasion unique" d'augmenter le nombre de patients suivis sur le plan thérapeutique.
sb/nc/APMnews

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