dépêche

 - 

Coronavirus: Olivier Véran annonce la mobilisation de 70 établissements de santé supplémentaires

PARIS, 24 février 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé dimanche soir la mobilisation dès lundi de 70 établissements de santé supplémentaires pour faire face à d'éventuels nouveaux cas d'infection par le coronavirus Sars-CoV-2 sur le territoire national.
Il n'y a à ce stade pas d'épidémie en France, a pointé Olivier Véran lors d'un point presse au ministère, précisant qu'aucun nouveau cas d'infection par le coronavirus n'avait été recensé sur le territoire. Sur les 12 cas confirmés depuis fin janvier, il reste toujours un patient hospitalisé "dont l'état de santé n'est pas inquiétant et qui pourrait sortir prochainement".
Néanmoins, "la situation est ce soir très évolutive au niveau international et nous suivons notamment avec attention l'évolution de la situation en Italie", a-t-il déclaré. Alors que 6 cas étaient signalés vendredi de l'autre côté des Alpes (cf dépêche du 21/02/2020 à 20:24), ce sont plus de 130 cas de contamination qui étaient recensés dimanche par les autorités italiennes, rapporte Reuters.
"Le premier ministre a tenu à réunir cet après-midi en urgence les ministres concernés pour faire un point de la situation globale et échanger sur la stratégie que nous devons poursuivre pour préparer le pays à une circulation virale et à un risque épidémique", a-t-il ajouté.
"J'ai décidé, en accord avec le premier ministre, que 70 établissements sièges d'un Samu seront activés dès demain pour augmenter nos capacités de réponse, si c'était nécessaire", a annoncé le ministre, rappelant que 38 établissements de santé, essentiellement des CHU, étaient jusqu'à présent mobilisés pour prendre en charge des patients infectés par le coronavirus.
Ainsi, "tous les départements de métropole disposeront d'au moins un centre hospitalier capable d'accueillir les malades, de les prendre en charge du début à la fin", a-t-il expliqué.
Interrogé par APMnews sur le nombre de chambres d'isolement supplémentaires disponibles, le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, a répondu qu'il s'agissait de "plusieurs centaines de chambres", s'ajoutant aux 150 chambres d'isolement déjà mobilisées.
Rappelant que "le coronavirus n'a pas forcément besoin d'être placé dans une chambre à pression négative, mais bien dans une chambre d'isolement avec renouvellement d'air", le DGS a affirmé que "ce type de chambres, il y en a quand même plusieurs centaines... et plusieurs milliers si on mobilise l'ensemble du secteur hospitalier français".
Concernant la définition de cas, outre de nouvelles zones géographiques comme la Corée du Sud, la Lombardie et la Vénétie, "nous avons rajouté une surveillance syndromique, c'est-à-dire une surveillance d'un cas grave inexpliqué, notamment en réanimation", a rapporté le DGS. "Devant une détresse respiratoire aiguë en réanimation avec un bilan négatif, [...] on enjoint les cliniciens à se poser la question d'un éventuel coronavirus en demandant un avis spécialisé à un infectiologue et en se posant la question de la pertinence de faire le test."

Commande de millions de masques FFP2

Olivier Véran a par ailleurs indiqué qu'il allait "faire le nécessaire pour que [les professionnels de santé] puissent disposer de masques adaptés à chaque situation". "Dans un marché qui est tendu sur le plan international, nous allons notamment travailler avec les entreprises productrices de masques FFP2 [...] qui sont situées sur le sol français, et nous passons une commande de masques en quantité."
Jérôme Salomon a précisé que des masques de ce type étaient déjà disponibles dans les établissements de santé mais que les stocks allaient être renforcés pour permettre une protection maximale des professionnels de santé en cas de confrontation à une épidémie sur le territoire national.
Ce sont ainsi plusieurs dizaines de millions de masques qui vont être commandés dans les prochaines 24 heures, a ajouté le DGS, précisant que le prix était d'environ 1 euro par masque et qu'une négociation était en cours. Un masque ne pouvant être porté qu'environ 3 heures, cela signifie que chaque professionnel de santé en consomme 3 par jour.
Olivier Véran a rapporté qu'à l'instar des professionnels de santé hospitaliers, les professionnels de santé de ville seraient "financièrement protégés en cas d'exposition" avec un malade et de mise en quarantaine. "La solidarité nationale jouerait son plein et il n'y aurait pas de perte financière pour le professionnel concerné."
De plus, les capacités de diagnostic biologique vont être augmentées de façon à être "largement en mesure de répondre aux demandes, quelles qu'elles soient", a-t-il poursuivi. Jusqu'à présent, il était possible de réaliser 400 tests de dépistage du virus par jour.
Un entretien réunissant plusieurs ministres de la santé de l'Union européenne doit se tenir "probablement la semaine prochaine" "pour aborder ensemble comment faire face au risque épidémique", a dit le ministre.
sb-rtrs/sl/APMnews

[SB7Q6669Y]

A lire aussi