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Une adolescente de 16 ans décède du Covid-19 (DGS)

PARIS, 26 mars 2020 (APMnews) - Le directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, a rapporté jeudi soir le décès d'une jeune fille de 16 ans atteinte d'une infection par le coronavirus Sars-CoV-2, ce qui constitue le premier cas mortel recensé en France de Covid-19 chez une personne mineure.
Le décès de l'adolescente est survenu jeudi en Ile-de-France, a précisé Jérôme Salomon, qui n'a pas souhaité donner de détails sur le profil de la jeune fille ou sur son lieu de décès, afin notamment de respecter "l'immense douleur de la famille" et d'éviter que l'anonymat soit levé.
Néanmoins, "je tenais à partager avec vous cette information importante car [...] les formes sévères chez les jeunes sont extrêmement rares", a-t-il déclaré. "Elles surviennent de temps en temps pour des raisons multiples, on le voit notamment pour certaines infections virales, il peut y avoir des formes extrêmement sévères, exceptionnelles."
Selon l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France, contactée jeudi soir par APMnews, l'adolescente ne présentait "pas de facteurs de risque connus".
La France déplore désormais 1.696 décès de patients Covid-19 en milieu hospitalier, a rapporté Jérôme Salomon. Le nombre de cas graves en réanimation est quant à lui de 3.375 et comprend un tiers de personnes de moins de 60 ans et 58% de personnes âgées de 60 à 80 ans.
"Plus de 576 établissements de santé nous ont déclaré des cas aujourd'hui", a en outre indiqué le DGS. Une hospitalisation pour une infection Covid-19 concerne 13.904 personnes, et toutes les régions sont touchées. En Martinique, en Guadeloupe et à La Réunion, un total de 53 personnes sont hospitalisées, dont 21 en réanimation, et 2 sont décédées (en Martinique et en Guadeloupe).
S'il a fait état du nombre de cas confirmés par PCR d'infections par le Sars-CoV-2, qui était de 29.155 jeudi sur le territoire national, Jérôme Salomon a souligné que "nous allons de plus en plus basculer vers une évaluation réelle du nombre de cas" grâce à la mise en place d'une surveillance syndromique, similaire à ce qui est déployé lors des épidémies de grippe saisonnière ou des épisodes de canicule, et qui est considérée comme la "méthode de référence en épidémiologie".
Dans un bulletin Covid-19 mis en ligne jeudi, Santé publique France a dans ce cadre estimé, sur la base des données du réseau Sentinelles, que 41.836 patients infectés par le Sars-CoV-2 avaient consulté ou téléconsulté un médecin généraliste au cours de la seule semaine du 16 mars, rappelle-t-on (cf dépêche du 26/03/2020 à 14:44).
Le DGS a rapporté qu'il y avait eu mercredi 3.643 passages en milieu hospitalier pour une suspicion de Covid-19, soit 18% de l'activité totale, et que le nombre d'interventions de SOS Médecins pour le même motif avait été de 1.500 "pour la seule journée d'hier".

Le CCNE saisi sur le sujet du confinement préventif des résidents d'Ehpad

Rappelant que le gouvernement avait décidé d'un certain nombre de mesures pour protéger les personnes âgées face à l'épidémie de Covid-19, notamment "la suspension intégrale des visites [en Ehpad] et d’autres mesures d’organisation interne" (cf dépêche du 11/03/2020 à 16:51 et dépêche du 16/03/2020 à 13:32), Jérôme Salomon a rapporté que "devant l’urgence de la situation, des mesures de limitation drastique des déplacements ont été évoquées par les professionnels de ce secteur", notamment "le confinement préventif en chambre de l’ensemble des résidents d’un établissement".
"Ces mesures motivées par l’urgence sanitaire soulèvent de nombreux enjeux juridiques et éthiques, au regard de la préservation des droits fondamentaux des résidents, et notamment des résidents atteints de troubles cognitifs et déambulant", a pointé le DGS.
Dans ce cadre, "le gouvernement souhaite être éclairé en urgence par le Comité consultatif national d'éthique [CCNE] sur les avantages de telles mesures sur le plan de la santé publique, mais aussi des conditions à mettre en oeuvre pour garantir le respect du confinement par les patients atteints de troubles cognitifs", a déclaré Jérôme Salomon. "Le gouvernement attend donc du [CCNE] de savoir si cette décision paraît justifiée, et si oui, quels garde-fous devraient être prévus."
Par ailleurs, interrogé par APMnews sur l'éventuelle mise à disposition de davantage de tests pour dépister les salariés des Ehpad et des services à domicile en cas de suspicion de Covid-19, Jérôme Salomon a répondu par l'affirmative et a rappelé que l'objectif était de "multiplier la capacité de test" et que des automates avaient été acquis en ce sens.
Il sera ainsi possible, dès la semaine prochaine, de réaliser entre 25.000 et 30.000 tests quotidiens, a souligné le DGS, pointant le développement, en parallèle, d'autotests et de tests rapides.
Par ailleurs, des tests sérologiques devraient être disponibles dans "probablement peu de temps, dans 2 ou 3 semaines on l'espère", a poursuivi Jérôme Salomon. Car "si l'on est séropositif pour le coronavirus avec des anticorps protecteurs, cela veut dire que l'on est immunisé et qu'on peut être parfaitement mobilisé sur son lieu de travail, sans risquer d'une part d'attraper la maladie mais surtout sans risquer de contaminer les personnes les plus fragiles".
sb-mlb/san/APMnews polsan-une

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