dépêche

 - 

"Les résultats sont bons sur le plan sanitaire" (Edouard Philippe)

PARIS, 28 mai 2020 (APMnews) - "Les résultats sont bons sur le plan sanitaire", s'est réjoui le premier ministre, Edouard Philippe, jeudi, lors d'une conférence de presse, en présentant de nouvelles mesures de déconfinement à compter du mardi 2 juin.
Ce rendez-vous était attendu depuis le 11 mai, date du début de déconfinement (cf dépêche du 07/05/2020 à 19:26).
Capture d'écran
Capture d'écran
"Les résultats sont bons sur le plan sanitaire", a donc annoncé d'emblée Edouard Philippe, ajoutant toutefois rester prudent, ne pouvant pas "courir le risque de la désinvolture", bien que "tous les indicateurs [soient] au vert", hormis dans le Val-d'Oise et à Mayotte.
Si le virus reste présent sur tout le territoire national, sa vitesse de propagation est "à ce stade" sous contrôle, a assuré le premier ministre, se réjouissant que les résultats soient légèrement meilleurs que ceux espérés le 11 mai, grâce au travail des soignants, élus locaux, agences régionales de santé (ARS) et assurance maladie, en particulier dans la remontée des cas contacts, et au civisme de la population.
(Capture d'écran)
(Capture d'écran)

Pour autant, trois points de vigilance obèrent un retour total à la normale: la circulation du virus dans de nombreux clusters présentant toujours un risque de contamination importante, la tension à laquelle l'hôpital reste soumis, avec 30% de ses capacités de réanimation habituelles occupées par le Covid-19, et la virulence du virus en milieu fermé et dense en population, a-t-il listé.
Si tous les départements bénéficieront de mesures de déconfinement, une vigilance particulière sera de mise pour l'Île-de-France, la Guyane et Mayotte, a-t-il expliqué, où la circulation du virus est plus forte. Ces zones "oranges" connaîtront un déconfinement "un peu plus prudent".
"Au cours de cette phase 2, la liberté va redevenir la règle, et l'interdiction l'exception", a-t-il affirmé.
Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a détaillé les critères qui déterminent le placement "en vigilance renforcée" des départements d'Ile-de-France, de Mayotte et de Guyane (cf dépêche du 28/05/2020 à 19:56).
Malgré la confirmation du déconfinement, Edouard Philippe a appelé à continuer à veiller sur les personnes vulnérables. "Nous devons conserver une vigilance maximale pour protéger les personnes à risque, les personnes les plus susceptibles d'être frappées par les cas graves de la maladie, les personnes qui ont des maladies préexistantes, qui souffrent de surpoids, de diabète, d'affection pulmonaire […] et les personnes âgées de plus de 65 ans".
Pour elles, "il faut appliquer rigoureusement les gestes barrières" et "limiter les contacts", "mais pas les interdire", a-t-il souligné. Il a rappelé l'existence de la "consultation bilan et vigilance" remboursée par l'assurance maladie.

Le détail des lieux ouverts

Edouard Philippe a ensuite détaillé les mesures du déconfinement.
L'ouverture des écoles et collèges sera accélérée, et les lycéens pourront rouvrir dans les zones vertes, c'est-à-dire, donc, la grande majorité du territoire national.
Les restaurants, cafés et bars rouvriront dans toute la France, a également annoncé le premier ministre, mais selon "des règles sanitaires validées avec la profession" et variables en fonction des zones.
En zone verte, la capacité maximale sera de 10 personnes par table, avec "une distance minimale d'un mètre entre les tables de chaque groupe". De plus, "les circulations à l'intérieur des établissements devront être organisées et le port du masque sera obligatoire pour l'ensemble du personnel et les clients quand ils se déplacent.
En zone orange, c'est-à-dire en Ile-de-France, à Mayotte et en Guyane, seules les terrasses des établissements pourront ouvrir au 2 juin. Cette "restriction" sera réévaluée "avant le [lundi] 22 juin", date de la troisième phase de déconfinement.
"Dès ce week-end", les parcs et jardins seront accessibles partout en France, mais le port du masque pourra être imposé par les préfets sur demande des maires, a annoncé aussi Edouard Philippe. Sur tout le territoire également, mais à compter de mardi 2 juin, les plages, les lacs, les plans d'eau, les musées, les monuments seront ouverts, avec là encore le port du masque obligatoires.
Les hébergements touristiques collectifs et les campings rouvriront en zone verte dès mardi 2 juin, mais pas avant le lundi 22 juin en zone orange, a-t-il ajouté.
Une distinction est également faite entre les zones pour les lieux culturels et sportifs, les salles de spectacle, les parcs de loisirs (avec "une jauge maximale de 5.000 personnes" pour ces derniers, comme dans tous les espaces de plein air), les théâtres, les gymnases, les salles de sport, les piscines étant ouverts dès le 2 juin en zone verte, et pas avant le 22 juin en zone orange. Les cinémas rouvriront dans l'ensemble du territoire le 22 juin.
"Notre plus grand adversaire, ce sont les très grands rassemblements, et le risque est d'autant plus fort qu'ils auraient lieu dans un espace confiné, couvert, et sans organisation spécifique", a prévenu Edouard Philippe.
S'agissant des déplacements à l'étranger, une évaluation est prévue "à l'horizon du [lundi] 15 juin avec l'ensemble des pays européens" sur l'ouverture des frontières de l'Europe. A l'intérieur de l'Europe, "la France sera favorable à une réouverture des frontières intérieures de l'Europe à compter du [lundi] 15 juin si la situation sanitaire le permet, sans quatorzaine […] et nous appliquerons des mesures de réciprocité vis à vis des Etats européens qui décideraient de fermer leurs frontières ou d'imposer des quatorzaines aux Français", a-t-il annoncé.
Concernant les déplacements en France, la limitation à un rayon de 100 kilomètres est levée à compter du 2 juin.

La spécificité de l'outre-mer

Edouard Philippe a aussi évoqué la situation particulière de l'outre-mer. "Ils sont souvent des territoires plus fragiles par leur équipement sanitaire et parfois par les fragilités d'un certain nombre de populations qui y vivent", a-t-il commenté.
"Nous visons toujours, si les conditions sanitaires nous le permettent, une ouverture plus large des vols pour les vacances. C'est essentiel pour ces territoires. D'ici-là, nous allons expérimenter une nouvelle forme de quatorzaine dans certains territoires avec un test qui sera réalisé au bout de sept jours et pourra conduire -s'il est négatif- à adapter les contraintes imposées aux personnes", a-t-il expliqué.
"A Mayotte, l'épidémie reste active, une première évolution du déconfinement a été décidée lundi dernier avec la réouverture de certaines écoles mais nous allons rester extrêmement vigilants. Nous allons, d'ailleurs, rester également vigilants sur la situation en Guyane, compte tenu de la taille de certains clusters et de la situation dans le pays frontalier de la Guyane, qu'est le Brésil. Des renforts de personnels pour les équipes mobiles sont prévus et le préfet de Guyane pourra continuer à limiter les déplacements de populations à l'intérieur du territoire", a-t-il également souligné.
Le premier ministre a par ailleurs annoncé l'ouverture d'un "nouveau front" face à l'urgence économique et sociale et une "récession historique", citant les plus de 800.000 nouveaux chômeurs enregistrés en mars et avril.
bd-vl-wz/vl/ab/APMnews

[BRD8QB1QW2]

A lire aussi