dépêche

 - 

Covid-19: le gouvernement dévoile une campagne vaccinale en trois étapes

PARIS, 3 décembre 2020 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, et le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, ont présenté jeudi lors d'une conférence de presse les trois étapes de la campagne nationale de vaccination contre le Covid-19 en France, dont la première doit être déployée à partir de janvier 2021.
Face à l'épidémie de Covid-19, les vaccins sont une "arme supplémentaire pour mieux nous protéger", a déclaré Jean Castex, après avoir fait un rapide bilan -positif- de l'efficacité des stratégies de couvre-feu puis de confinement déployées dès la mi-octobre pour freiner la circulation du Sars-CoV-2 en France.
Le début de la vaccination est "désormais une question de semaines" mais "nous nous y préparons depuis déjà plusieurs mois", a-t-il poursuivi, souhaitant à ce titre rassurer les Français sur le fait que les vaccins qui leur seront proposés seront validés par "des autorités scientifiques indépendantes", qu'ils arriveront rapidement et en quantités suffisantes sur le territoire, et que l'ensemble du processus se fera "en toute transparence".
Ce vaccin sera gratuit "pour tous", le gouvernement ayant "budgété à cette fin 1,5 milliard d'euros dans le budget de la sécurité sociale pour 2021", a-t-il rappelé.
Pour élaborer les étapes de la campagne nationale de vaccination contre le Sars-CoV-2, le gouvernement s'est appuyé sur les recommandations émises lundi par la Haute autorité de santé (HAS) (cf dépêche du 30/11/2020 à 10:48 et dépêche du 30/11/2020 à 14:17).
L'objectif est de "vacciner en priorité les personnes pour qui le virus est le plus dangereux", a déclaré Jean Castex. Il s'agit des résidents des Ehpad et autres établissements hébergeant des personnes âgées, et des soignants qui y travaillent s'ils présentent un risque accru de développer une forme grave de Covid-19 (en raison notamment de comorbidités).
Cette population représente "environ un million de personnes", "ce qui correspond aux quantités de vaccins qui nous seront livrés au cours des premiers mois", a souligné Jean Castex. Cette première phase de la vaccination devrait débuter en janvier 2021, sous réserve que toutes les conditions -notamment d'homologation d'un ou plusieurs vaccins- soient réunies.
Si une dizaine de vaccins "devraient arriver sur le marché entre fin décembre et cet été", seuls deux devraient être disponibles dans un premier temps, "au mieux" à la toute fin décembre voire en janvier 2021, à savoir ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna (cf dépêche du 01/12/2020 à 15:08 et dépêche du 30/11/2020 à 18:34).
Une deuxième phase, qui "devrait commencer en février" et qui "s'étendra jusqu'au printemps", permettra de vacciner "les près de 14 millions de personnes" présentant des facteurs de risque liés à l'âge ou à des pathologies chroniques, ainsi que certains professionnels de santé. Des vaccins supplémentaires devraient alors être disponibles, en cours de développement par AstraZeneca, Curevac ou encore Janssen (groupe J&J).
Une troisième étape, qui sera déployée progressivement "à partir du printemps", aura pour objectif d'élargir la vaccination à l'ensemble de la population. En plus des vaccins déjà sur le marché, celui de Sanofi pourrait être proposé lors de cette phase.
Olivier Véran a souligné que le calendrier pouvait "être amené à bouger" compte tenu des incertitudes autour des dates d'obtention des autorisations de mise sur le marché (AMM) pour les différents vaccins. En outre, la stratégie pourra évoluer s'il s'avère que des vaccins présentent une efficacité en matière de transmission virale (et non seulement sur la survenue de formes symptomatiques), élément qui n'est connu à ce jour pour aucun des vaccins en développement clinique.
Un "conseil d'orientation de la stratégie vaccinale" a par ailleurs été créé auprès du ministère des solidarités et de la santé afin "d'appuyer le gouvernement" dans les choix qu'il sera "amené à faire en la matière", a annoncé Jean Castex. Ce conseil sera présidé par le professeur d'immunologie pédiatrique et chercheur en biologie Alain Fischer, déjà impliqué en 2016 dans le pilotage de la concertation citoyenne ouverte sur l'extension de l'obligation vaccinale pédiatrique (cf dépêche du 03/12/2020 à 22:36).

Les médecins généralistes doivent être "au coeur du dispositif"

Olivier Véran a par ailleurs fait savoir que le gouvernement allait, pour le déploiement de la campagne vaccinale, s'appuyer "fortement" sur les médecins du pays. Les professionnels de santé et, "en premier lieu, les médecins généralistes" doivent être "au coeur du dispositif" car ils sont essentiels pour la relation de confiance avec le patient, a-t-il assuré.
Si, pour la première phase, les vaccinations se feront au sein des établissements pour personnes âgées, les suivantes pourraient se dérouler dans des lieux de type maisons de santé, qui bénéficient d'un flux élevé de patients, a exposé le ministre.
Il a estimé que la mise en place de "vaccinodromes" sur le territoire n'était pas souhaitable, y compris lors de la deuxième phase de la campagne, considérant qu'il était déraisonnable de demander à la population ciblée, âgée, de se déplacer sur "150 km" et dans le froid pour se faire vacciner. Mais il n'a pas exclu le déploiement de "petits centres de vaccination" par la suite.
Il a par ailleurs détaillé les modalités de distribution des vaccins, pointant un "défi logistique immense au-delà de ce que notre pays a pu connaître par le passé" (cf dépêche du 03/12/2020 à 22:36).
Evoquant le "parcours patient", Olivier Véran a expliqué qu'il y aurait, en amont de la vaccination, une consultation médicale au cours de laquelle le médecin vérifiera l'état de santé (et les éventuelles contre-indications à la vaccination) du patient, lui donnera des informations sur le rapport bénéfice/risque des vaccins et recueillera son consentement (ou celui de la famille si le patient n'est pas en capacité de le donner). La vaccination pourra éventuellement être réalisée au cours de cette consultation.
En aval, "un suivi sanitaire médical sera assuré", a poursuivi le ministre, assurant que "la vaccination se fera[it] dans le plus strict respect des règles qui encadrent l'utilisation des produits de santé dans notre pays".
Il a fait valoir que la France disposait d'un "réseau solide en pharmacovigilance" depuis "des décennies", en lien avec l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui est chargée du recueil des effets indésirables (cf dépêche du 02/12/2020 à 16:44).
Au fil de la campagne vaccinale se posera par ailleurs la question de savoir si les pharmaciens, par exemple, pourront également vacciner la population. La HAS sera chargée de formuler des recommandations à ce propos, a dit le ministre.
Il a insisté à plusieurs reprises, tout comme le premier ministre, sur le fait que la vaccination ne serait pas obligatoire et que le "libre choix" des citoyens serait respecté.
Olivier Véran a tenu à rappeler que le déploiement de la vaccination en France ne changerait pas le cours de l'épidémie dans les prochains mois, et qu'il faudrait dans tous les cas continuer à être particulièrement vigilant en matière de respect des gestes barrières, de tests et d'isolement.
sb/eh/APMnews polsan-une

[SB3QKS19F]

A lire aussi