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Olivier Véran n'exclut pas un reconfinement "si la pression sanitaire augmente"

PARIS, 21 janvier 2021 (APMnews) - L'exécutif n'exclut pas un reconfinement si "une pente épidémique à l'anglaise" se profilait, du fait d'une circulation accrue en France du variant anglais VOC 202012/01, ou "si la pression sanitaire augmente", a prévenu le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, jeudi soir sur TF1.
"Nous saurons bientôt si le couvre-feu à 18 heures est efficace sur le plan national. Ce que je sais, c'est que là où nous l'avons mis en place dès le 2 janvier, nous avons vu qu'il y avait une baisse de la pression épidémique", a déclaré Olivier Véran.
Dans les 15 départements où le couvre-feu est avancé à 18 heures depuis début janvier (cf dépêche du 01/01/2021 à 15:16), il est observé une baisse du taux d'incidence autour de "10%-15%" sur les sept derniers jours quand, sur la même semaine, l'évolution était une baisse de 2% dans les autres territoires, a indiqué à la presse le ministère des solidarités et de la santé, plus tôt dans la journée de jeudi.
Ces chiffres sont toutefois "à prendre avec une grande prudence" car le recul n'est pas suffisant pour dégager des tendances définitives, a-t-il été indiqué, notant que la baisse des taux d'incidence dans tous les départements pouvait en partie s'expliquer par "le fait qu'on ait fait un petit peu moins de tests" durant la semaine concernée.
"On a toujours fonctionné en termes de pression sanitaire: quand il y a une augmentation forte des hospitalisations, une augmentation des cas graves, on sauve des vies, on protège l'hôpital et on met un coup de frein à la circulation du virus en prenant des mesures plus dures, telles que celles que les Français ont déjà connus. Nous n'en sommes pas là aujourd'hui", a cherché à rassurer le ministre des solidarités et de la santé jeudi soir.
Il a insisté sur l'importance de scruter le variant anglais VOC 202012/01 (cf dépêche du 26/12/2020 à 09:43), "facteur déterminant pour les jours, semaines et mois à venir". Plus contagieux; il est responsable "de 1% à 1,5% des cas de Covid-19 actuellement diagnostiqués en France, soit 200 à 300 cas par jour", a-t-il détaillé.
"La question des variants est une très forte source d'inquiétudes", a confié à la presse Matignon jeudi, en amont de l'intervention télévisée d'Olivier Véran. "La première réponse est le renforcement du contrôle aux frontières et la fermeture avec le Royaume-Uni depuis plusieurs semaines; et depuis lundi des mesures de tests RT-PCR depuis les pays tiers."
La deuxième réponse concerne la surveillance virologique en France avec un renforcement des capacités de détection des variants. Outre l'enquête flash réalisée début janvier (cf dépêche du 15/01/2021 à 14:56), des travaux sont en cours pour améliorer et renforcer la capacité de séquençage de certains tests RT-PCR relevant des anomalies sur le territoire français.
Disponibles à partir de ce week-end et dans l'objectif d'un déploiement "dans les prochaines semaines", des tests RT-PCR "multiplex" doivent permettre de détecter "tout de suite les variants", a aussi rapporté Matignon.

Un "plateau haut" à l'hôpital

La situation épidémiologique prend la forme d'un "plateau haut et légèrement montant" avec en moyenne autour de 19.000 à 19.500 cas positifs par jour, a rappelé le ministère jeudi après-midi. "Depuis une semaine, il y a une augmentation très légère mais réelle du nombre de cas positifs."
Le taux de positivité, qui avait chuté au moment des fêtes de fin d'année du fait du nombre important de tests réalisés, est maintenant à un niveau relativement stable, entre 6% et 7%.
A l'hôpital, un "plateau haut" est également surveillé par les autorités qui évoquent un nombre d'hospitalisations se situant à "un niveau très élevé et avec une légère augmentation". Environ 150 entrées supplémentaires en réanimation de patients Covid+ ont été observées ces 10 derniers jours, soit "un niveau qui ne permet pas une reprise d'activité hospitalière et en réanimation pleinement normale", a fait savoir le ministère.
Les situations sont contrastées selon les territoires avec les régions de l'Ouest où "cela va un peu mieux", et celles de l'Est où le niveau d'hospitalisations de patients Covid+ est "très élevé", notamment dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes.
La France comptait mardi soir 25.830 patients hospitalisés pour Covid-19, soit une hausse de 830 patients en 7 jours, dont 2.839 patients en réanimation, soit 151 patients supplémentaires en 7 jours, rappelle-t-on (cf dépêche du 20/01/2021 à 12:47).

"70 millions de vaccinés fin août"

Interrogé sur les difficultés rencontrées par les Français éligibles à la deuxième étape de la stratégie vaccinale -ouverte depuis lundi- pour prendre un rendez-vous dans un centre de vaccination près de chez eux, le ministre a fustigé "la tradition française de parler des trains qui sont en retard alors que la majorité sont à l'heure".
Saluant la mobilisation générale qui "a permis de programmer quelque 2 millions de rendez-vous de vaccination pour les Français qui le souhaitent", Olivier Véran a évoqué un problème de "surbooking" dans certains départements, qui ont proposé "plus de créneaux qu’ils n’avaient de doses" (cf dépêche du 21/01/2021 à 19:02).
Le ministre a conseillé aux centres concernés de "différer d’une à deux semaines les vaccinations qui avaient été organisées". "N’annulez personne et gardez toujours une deuxième dose pour vacciner les personnes qui auront été vaccinées. Et, ensuite, nous allons rajouter des vaccins progressivement", a-t-il poursuivi.
Concrètement, ce sont "500.000 places de vaccinations supplémentaires" qui vont être ouvertes dès mardi prochain pour des créneaux disponibles "entre le milieu et la fin février". Il a également annoncé "1,3 à 1,4 million" de personnes vaccinées fin janvier, donc au-delà du million initialement promis.
"Nous serons en mesure de vacciner probablement 4 millions à la fin du mois de février, 9 millions à la fin du mois de mars, 20 millions à la fin avril, 30 millions à la fin mai, 43 millions à la fin du mois de juin, 57 millions à la fin du moins de juillet et 70 millions, c'est-à-dire la totalité de la population française, d'ici à la fin août", a listé Olivier Véran, précisant une condition: "si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales".
syl-wz/eh/APMnews polsan-une

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