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La vaccination contre le Covid-19 ouverte aux 65-75 ans avec comorbidités à partir de mardi

PARIS, 1er mars 2021 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran a annoncé lundi soir au JT de France 2 l'ouverture, dès mardi, de la vaccination contre le Covid-19 aux 65-75 ans ayant des comorbidités, avec le produit d'AstraZeneca.
Depuis l'homologation du vaccin AstraZeneca fin janvier et après avis de la Haute autorité de santé (HAS), son utilisation a été ouverte pour la vaccination des personnes âgées entre 50 et 64 ans avec comorbidités, par le biais des médecins de ville, tandis que les vaccins à ARN messager, de Pfizer/BioNTech et Moderna, sont toujours réservés aux plus de 75 ans (cf dépêche du 02/02/2021 à 19:12).
"Il y avait des trous dans la raquette", a reconnu Olivier Véran, qui a annoncé que "la Haute autorité de santé considère depuis aujourd'hui que tous les vaccins dont nous disposons en France -le AstraZeneca, le Pfizer et le Moderna- ont une efficacité qualifiée de remarquable pour préserver les gens et les protéger du risque de forme grave du Covid".
"Ainsi, je peux acter que désormais toutes les personnes qui sont âgées de 50 ans et plus et qui ont des comorbidités, des fragilités, comme du diabète, de l'hypertension ou un antécédent de cancer, peuvent se faire vacciner avec l'AstraZeneca sans limite d'âge, donc les 50 ans et plus incluant les 65-75 ans". Ils pourront le faire "chez leur médecin traitant, dans l'hôpital qui les suit lorsqu'ils ont une maladie chronique et bientôt dans quelques jours en pharmacie", a-t-il aussi annoncé.
Cette nouvelle population représente 2,5 millions de Français soit "en gros un tiers des Français âgés de 65 à 75 ans", a fait savoir le ministre.
La HAS doit détailler mardi matin, lors d'une conférence de presse, le contenu de ses nouveaux avis portant notamment sur le vaccin AstraZeneca et la vaccination contre le Covid-19 par les pharmaciens.
Les vaccins de Pfizer et Moderna sont quant à eux toujours réservés aux 75 ans et plus, au sein notamment des centres de vaccination et par le biais d'équipes mobiles.
La vaccination en officine sera possible uniquement avec le vaccin AstraZeneca, sans présence d'un médecin et dès la première dose, a affirmé le ministre de la santé. Elle démarrera "dans quelques jours quand nous aurons suffisamment de livraisons pour que ce soit intéressant de s’appuyer sur les pharmaciens qui n'attendent que cela, et je les remercie", a-t-il déclaré.

Les médecins appelés à s'inscrire pour vacciner leurs patients

Le ministre a par ailleurs appelé les médecins à s'inscrire auprès d'une officine afin de commander des doses et "protéger leurs patients". Une baisse du nombre de médecins de ville inscrits pour administrer le vaccin a été observée en fin de semaine dernière, rappelle-t-on (cf dépêche du 01/03/2021 à 17:52).
Olivier Véran s'est également adressé aux patients: "si vous avez par exemple 68 ans et que vous êtes diabétique ou que vous avez une bronchite chronique, vous pouvez contacter votre médecin dès demain pour lui dire 'moi je souhaite être vacciné', et quand il aura les doses, il pourra vous vacciner".
La semaine dernière, le ministère de la santé a regretté que le produit d'AstraZeneca fasse l'objet d'une certaine défiance (cf dépêche du 23/02/2021 à 16:32) mais aujourd'hui, l'utilisation du produit "monte", a assuré le ministre. "On était à plus de 50.000 vaccinations par jour en fin de semaine dernière, donc le vaccin a trouvé son public", s'est-il félicité.
La vaccination des 50-75 ans doit "se faire progressivement", a-t-il toutefois prévenu, annonçant que 6 millions de Français devraient se voir proposer une première dose de vaccin en mars. "Cela fera 9 millions au total depuis le début de la campagne, donc on accélère, on amplifie et on protège toujours les plus fragiles d'abord".

Ni reconfinement national, ni allègement des mesures

Interrogé sur un éventuel renforcement des mesures de restriction au niveau national, Olivier Véran a souligné la "situation très hétérogène" de la circulation du virus sur le territoire, avec "une explosion de cas dans certains départements et d'autres, sur la façade atlantique notamment, où la situation est plus calme et ne nécessite pas de confinement".
"Si nous devions prononcer un confinement c'est que nous serions dans une situation où le drame serait devenu absolument inévitable à court terme. Or là les modèles [de prédiction de l'épidémie, ndlr], et c'est tant mieux, se sont décalés semaine après semaine tout au long du mois de février, donnant raison au président de la République", a-t-il estimé, affirmant que l'impact sur "la santé mentale, la vie économique et sociale" sera pris en compte pour prendre une telle décision.
L'élu de Grenoble a également fermé la porte à tout allègement des mesures. "Le président de la République a rappelé que, hélas, sur les 4 à 6 prochaines semaines, il ne faut pas compter qu'on réduise la voilure des mesures. Le couvre-feu et les mesures actuelles seront un minimum sur les 4 à 6 prochaines semaines, nous espérons ne pas aller au-delà et qu'on puisse retrouver davantage de liberté d'ici à 6 semaines", a-t-il avancé.
mjl/rm/APMnews polsan-une

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