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Covid-19: la vaccination ouverte en pharmacie dès lundi 15 mars

PARIS, 4 mars 2021 (APMnews) - La vaccination contre le Covid-19 va être ouverte dès lundi 15 mars en pharmacie pour les personnes âgées de plus de 50 ans atteintes comorbidités, a annoncé le premier ministre Jean Castex, jeudi soir, lors d'un point presse.
Le confinement partiel mis en place durant le week-end à Nice et Dunkerque sera étendu à l'ensemble du Pas-de-Calais, tandis que trois nouveaux départements ont été placés en "surveillance renforcée" en raison de l'accélération de la circulation du Covid-19, a annoncé Jean Castex jeudi soir (cf dépêche du 04/03/2021 à 21:44).
Il a également tenu à défendre le bilan de la campagne vaccinale, rappelant que près de 3,2 millions de personnes avaient reçu au moins une injection et que 1,8 million de personnes avaient reçu "leurs deux doses".
Il a également mis en avant la primo-injection de 80% des résidents d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et d'unité de soins de longue durée (USLD), et la vaccination complète de 60% de cette population.
"C’est une incontestable réussite que d’avoir réussi cette vaccination", a-t-il commenté, estimant que "la voie est désormais ouverte à une adaptation des règles qui régissent la vie sociale des résidents et notamment l’exercice du droit de visite pour les familles".
"Nous avions anticipé ce sujet humainement majeur, que je suis de très près avec Olivier Véran [ministre des solidarités et de la santé] et Brigitte Bourguignon {ministre déléguée chargée de l'autonomie], en saisissant le Haut Conseil de santé publique [cf dépêche du 17/02/2021 à 19:20] qui vient de nous rendre ses préconisations que nous allons mettre en oeuvre très rapidement après concertation", a-t-il souligné, alors que le Conseil d'Etat a demandé que les sorties des résidents soient désormais autorisées (cf dépêche du 04/03/2021 à 10:28).
De manière générale, "les livraisons de doses à la France vont s’accroître dans les semaines à venir", a assuré Jean Castex, mettant en regard les 7 millions de doses livrées (tous vaccins confondus) en janvier et février, annonçant 22 millions de doses attendues pour les mois de mars et avril.
Il a également salué l'avis formulé lundi par le collège de la Haute autorité de santé (HAS) sur l’efficacité du vaccin AstraZeneca chez les personnes âgées (cf dépêche du 02/03/2021 à 13:44), en soulignant que ce vaccin était désormais accessible aux personnes de plus de 65 ans et aux personnes atteintes de pathologies à risques graves.
"D’ici la mi-avril, sous réserves des livraisons, nous devrions avoir vacciné en première injection environ 10 millions de personnes, soit la totalité des personnes vulnérables volontaires éligibles à la vaccination", s'est réjoui le premier ministre, affichant un objectif de 20 millions de personnes vaccinées d'ici mi-mai -soit la quasi-totalité de la population volontaire de plus de 50 ans- et réaffirmant l'ambition d'avoir vacciné l'ensemble de la population volontaire âgée de plus de 18 ans "d'ici l'été".

Pas de modification de la liste des pathologies à haut risque

Le chef du gouvernement s'est également fendu d'un récapitulatif du calendrier de la campagne vaccinale en population générale, ouverte depuis le 18 janvier aux plus de 75 ans (28% de primo-injection), et désormais accessible aux personnes de plus de 50 ans atteintes comorbidités auprès des médecins de ville.
Pour les plus de 50 ans atteintes comorbidités , la vaccination sera donc également ouverte en pharmacie à partir du 15 mars, après la prochaine livraison de vaccins AstraZeneca, a annonce Jean Castex.
"Le décret autorisant cette nouvelle étape majeure dans notre stratégie de vaccination sortira demain", a-t-il assuré, précisant que cette vaccination ne nécessiterait pas de prescription.
Conférence de presse Covid-19 du 4 mars - capture d'écran
Conférence de presse Covid-19 du 4 mars - capture d'écran
La vaccination des personnes âgées de plus de 50 ans atteintes de "pathologies à très haut risque de forme grave" est ouverte depuis le 18 janvier auprès des médecins généralistes ou en centre de vaccination a rappelé le premier ministre, qui n'a pas retenu l'actualisation des priorités de vaccination publiée mardi par la HAS, note-t-on.
Cette actualisation intégrait notamment les troubles psychiatriques comme comorbidités associées à un important surrisque de décès en cas de Covid-19 (cf dépêche du 02/03/2021 à 12:03), comme le réclamaient les professionnels de la psychiatrie (cf dépêche du 03/03/2021 à 11:01), mais aussi la démence, les maladies hépatiques chroniques et en particulier la cirrhose (celle au stade B du score de Child Pugh au moins étant déjà inscrite parmi les maladies à risque de forme grave de Covid) et les antécédents d'accidents vasculaires cérébraux (AVC).
La vaccination des personnes âgées de 50 à 74 ans sera quant à elle ouverte "à partir de mi-avril", a par ailleurs précisé Jean Castex.

Accélération des vaccinations ce week-end

S'exprimant après le premier ministre, le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran a salué l'accélération constante de la campagne de vaccination, citant plus de 200.000 injections réalisées lors des dernières 24 heures, dont plus de 60.000 doses du vaccin d'AstraZeneca.
Il a annoncé une ouverture "d'un maximum de centres de vaccinations" ce week-end, y compris de centres éphémères supplémentaires, pour pousser au maximum la capacité de vaccination.
Les agences régionales de santé (ARS) doivent communiquer "dans les prochaines heures" ou vendredi matin sur "les modalités opérationnelles de cette opération", et les centres de vaccination vont contacter les candidats susceptibles d'en profiter. L'organisation pratique est laissée à la liberté des autorités des territoires.
À Nice, l'objectif est de 12.000 vaccinations samedi et dimanche. Un système de ticket à l'entrée des centres de vaccination sera déployé en Île-de-France. Les 50 ans et plus atteints de comorbidités et 75 ans et plus sont invités à se renseigner.
Il a salué "[l']essor" actuel de la vaccination en ville, avec 800.000 doses livrées en pharmacie au cours de la semaine écoulée, et 750.000 à suivre la semaine prochaine, soit plus d'1,5 millions de patients concernés.
Il a toutefois enjoint les médecins à venir chercher les doses leur étant allouées rapidement, par exemple avant le lundi lorsqu'elles ont été livrées en officine le vendredi, sans quoi les doses seraient réallouées ou confiées aux pharmaciens pour leurs propres opérations de vaccination.
Le ministre a toutefois chiffré à 96% le taux de livraison déroulées en temps et en heure et dans les quantités prévues.
Il a aussi évoqué le déploiement de barnum de tests supplémentaires aux capacités actuelles permettant 2 millions de tests hebdomadaires, le déploiement prochain des tests salivaires en crèches et établissements sanitaires et médico-sociaux, "dans toutes les structures qui accueillent des personnes en situation de handicap".

Un courrier aux soignants

Le ministre des solidarités et de la santé a appelé les hôpitaux à accélérer dans le même temps la vaccination des patients éligibles et des professionnels de santé.
Il a vivement encouragé les personnels soignants à se faire vacciner, le taux de vaccination de 40% des soignants en Ehpad et de 30% de l'ensemble des soignants étant insatisfaisant. "Ce n’est pas normal et ça compromet notre capacité à lutter contre le virus", avait déploré plus tôt Jean Castex à ce sujet.
Olivier Véran a toutefois estimé que l'adhésion des soignants augmentait et que le temps des réticences était "derrière nous", en ajoutant qu'il adresserait vendredi un courrier aux soignants "pour les encourager à se vacciner et les remercier pour leur engagement depuis le début de la crise".
Si la vaccination des soignants n'était pas suffisante, le comité consultatif national d'éthique (CCNE) serait saisi pour "dire s'il faut aller plus loin", mais le ministre a refusé lors de la conférence de presse de se projeter ainsi.
Il a aussi exhorté les personnes symptomatiques et cas contacts à se faire tester, et à s'isoler afin de limiter les contaminations.
Il a rappelé les données de l'étude ComCor de l'Institut Pasteur, Santé publique France, l'institut Ipsos et l'assurance maladie relatives aux contaminations sur le lieu de travail et lors des repas, et soulevant l'importance des gestes barrière (cf dépêche du 17/12/2020 à 16:33).
Son intervention a été suivi de celle du Dr Marie-Laure Alby, généraliste dans le 14e arrondissement de Paris, qui a témoigné de la vaccination en cabinet de ville, encourageant notamment les soignants à se faire vacciner.
gl-bd-vl/vl/APMnews polsan-une

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