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Covid-19: des levées de restrictions prévues à la faveur du passe vaccinal et de l'évolution de l'épidémie

PARIS, 20 janvier 2022 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse un calendrier d'allégement des mesures de restriction visant à freiner la circulation du Covid-19 rendu possible par l'entrée en vigueur du passe vaccinal lundi et d'un reflux de la vague de contagions au variant delta.
Après avoir décrit la vague épidémique "exceptionnelle" que connaît la France depuis deux mois, avec l'addition des variants delta et omicron qui ont fait peser une tension "très forte" sur l'hôpital, le chef du gouvernement a avancé que la situation "commence à évoluer plus favorablement".
"La vague liée au variant delta est partout en net reflux", a-t-il notamment constaté. Cette baisse de variant "plus dangereux que les précédents [...] devrait se prolonger", a-t-il avancé.
"La vague provoquée par le variant omicron commence à marquer le pas dans les régions où il avait frappé en premier en décembre [2021]", a-t-il aussi observé, citant le cas de l'Ile-de-France où "la décrue est maintenant engagée".
"Ce qui se passe en Ile-de-France dessine une perspective rassurante et cohérente avec ce qu'on observe au Royaume-Uni où la région du grand Londres a connu un pic de contaminations 10 jours avant le reste du pays", a-t-il déclaré.
Si omicron est "moins sévère" que les variants précédents, Jean Castex a refusé de le comparer à une "simple grippe". "Un seul chiffre: la grippe provoque en moyenne 10.000 hospitalisations sur la période hivernale, avec omicron, ce chiffre est atteint en cinq jours", a-t-il illustré.
Il a réaffirmé l'importance de la vaccination face à ce virus. "Les caractéristiques de ce variant font qu'on peut facilement attraper le virus mais une personne complètement vaccinée a 4,5 fois moins de risque d'attraper la Covid et 25 fois moins de risque d'être hospitalisée en soins critiques par rapport à une personne non vaccinée", a-t-il souligné.

Campagne vaccinale de rappel ouverte à tous les adolescents

Le premier ministre a estimé que les efforts devaient être "poursuivis" pour vacciner les 7% d'adultes n'ayant encore reçu aucune dose, ainsi que les enfants de 5 à 11 ans, chez qui la campagne a "démarré doucement". La vaccination de cette population sera ouverte à de nouveaux lieux et professionnels de santé, notamment les infirmiers et les pharmaciens, a-t-il annoncé.
De plus, chez les adolescents de 12 à 17 ans, la campagne de rappel sera ouverte dès lundi "pour tous", et non plus seulement à ceux atteints de pathologies chroniques, "mais sans obligation", a-t-il précisé.
Malgré un nombre de cas quotidien qui dépasse actuellement les 400.000, Jean Castex a estimé que l'évolution de la situation et l'entrée en vigueur du passe vaccinal à partir de lundi (sous réserve de la décision du Conseil constitutionnel attendue vendredi) permettent "d'envisager un allégement des contraintes dès les premiers jours de février".
Il a rappelé que le passe vaccinal, adopté définitivement lundi (cf dépêche du 17/01/2022 à 12:37), concernera les lieux recevant du public à l'exception des hôpitaux, maisons de retraite et autres établissements médico-sociaux qui resteront accessibles avec un simple test négatif. Cette transformation du passe sanitaire en passe vaccinal "assume de faire peser clairement la contrainte sur les non-vaccinés et de pouvoir lever les mesures de freinage pour contrer la dernière vague", a-t-il expliqué.
Le gouvernement va toutefois permettre aux personnes qui se verront injecter une première dose de vaccin d'ici au 15 février de bénéficier d'un passe vaccinal valide à condition de recevoir une deuxième dose dans le mois et de disposer d'un test négatif de moins de 24 heures, a fait savoir Jean Castex.

Le port du masque en extérieur levé le 2 février

La levée des mesures restrictives interviendra en deux temps en février.
A partir du mercredi 2 février, soit une semaine après l'entrée en vigueur du nouveau passe, les équipements sportifs et culturels pourront "retrouver un fonctionnement en pleine capacité en respectant le port du masque" et le télétravail ne "sera plus obligatoire mais toujours recommandé", en laissant soin aux entreprises de "maintenir le bon niveau" de présence en concertation avec les représentants du personnel.
En outre, le port du masque ne sera plus exigé en extérieur.
A compter du mercredi 16 février, les autres mesures prises en décembre 2021 seront levées: consommer des aliments et boissons dans les stades, les cinémas et les transports sera à nouveau autorisé, tout comme les concerts debout et la consommation debout dans les bars. Les discothèques, soumises au passe vaccinal, pourront rouvrir.
"Nous pourrons aussi envisager au retour des vacances de février un allégement du protocole scolaire avec une levée du port de masque en école élémentaire" ou une baisse du nombre de tests ou autotests à réaliser lorsqu'un cas est détecté, a avancé le chef du gouvernement, tout en précisant que les autorités sanitaires seront consultées sur le sujet.
Cette "approche graduée" "appelle évidemment à un respect strict des règles du jeu jusqu'à leur terme", a prévenu le premier ministre.

Pas de critères "à la lettre" fixés pour la levée du passe vaccinal

Sur la suite de l'allégement des restrictions et notamment sur la levée du passe vaccinal, Jean Castex s'est montré prudent.
"Les autorités scientifiques ne savent pas dire si le variant omicron marque une étape décisive dans la voie vers la banalisation du virus ou si nous restons encore exposés au risque de nouveaux variants problématiques", a-t-il alerté. Il a rappelé que la France dispose "d'une gamme complète d'outils que la loi nous permet d'activer jusqu'à la fin du mois de juillet" mais a assuré que "cette capacité à agir ne signifie pas que nous sommes tenus" de les mettre en oeuvre.
"La nécessité du passe vaccinal ne fait aujourd'hui aucun doute mais il pourrait tout à fait être suspendu si la pression épidémique et surtout hospitalière venait à se réduire fortement et durablement", a-t-il avancé. Sans donner de chiffre, il a cité plusieurs critères, comme le fait que "les services de réanimation ne voient pas arriver de nouveaux malades pendant plusieurs semaines" ou la fin de la déprogrammation obligatoire des soins, comme préalables à une levée du passe.
Présent lors de la session des questions-réponses avec les journalistes, le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a insisté: "Ce que nous voulons, c'est que la situation sanitaire soit stabilisée, sous contrôle, qu'il n'y ait plus de soins déprogrammés, qu'il n'y ait plus de médecins obligés d'appeler des familles de malades pour leur dire qu'il n'y a plus de place disponible pour les opérer en temps et en heure parce que des lits de réanimation sont trop nombreux à être occupés par des patients atteints des formes graves du Covid."
"Dès lors que la pression hospitalière est suffisamment basse, comme nous l'avons connue à plusieurs reprises par exemple au mois d'août [2021] avec moins de 1.000 patients Covid en réanimation", le gouvernement pourra "en confiance lever un certain nombre de mesures qui seraient jugées disproportionnées par la population", a-t-il ajouté. Il a néanmoins refusé d'établir des "critères à la lettre" permettant la suspension du passe. "La vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain", a-t-il souligné.
mjl/eh/APMnews polsan-une

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