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Une méthode d'imagerie non invasive pour prédire le potentiel de développement d'un embryon de deux jours

WASHINGTON, 4 octobre 2010 (APM) - Des chercheurs américains ont développé une nouvelle méthode susceptible de déterminer à un stade très précoce quels embryons issus de fécondation in vitro (FIV) seront capables de se développer jusqu'au stade de blastocyste, apportant ainsi une aide précieuse quant au choix de l'embryon à transférer, aussi précocement que possible, dans l'utérus de la mère.
Actuellement, des critères morphologiques et relatifs à la croissance embryonnaire sont utilisés pour évaluer la viabilité de l'embryon à J3, mais leur fiabilité est loin d'être parfaite. La culture jusqu'à J5/J6 (au stade blastocyste) a alors été développée pour mieux déterminer le potentiel d'un embryon, mais avec les risques que la culture prolongée in vitro comporte, comme l'augmentation du risque d'altération de l'expression des gènes et des phénomènes épigénétiques, notent les auteurs.
Leurs travaux d'imagerie, publiés en ligne dimanche dans Nature Biotechnology, ont consisté à étudier par vidéomicroscopie permettant un suivi en temps réel, grâce à la technologie "time-lapse", le développement de 242 embryons âgés de 2 jours, et d'identifier les indices visuels et génétiques associés à leur bon développement jusqu'à cinq-six jours, au stade de blastocyste.
Les embryons les plus susceptibles d'atteindre le stade de blastocyste présentaient trois critères, relatifs à la durée de la première cytokinèse (la division du cytoplasme dans les dernières phases de la mitose qui sépare les deux premières cellules de l'embryon), l'intervalle de temps entre la fin de la première mitose et le début de la deuxième et l'intervalle entre la fin de la deuxième mitose et le début de la troisième.
Le succès de cette progression vers le stade de blastocyste pouvait être prédit avec une sensibilité et une spécificité supérieures à 93% avec ces trois critères, indiquent Connie Wong de l'université de Stanford (Californie) et ses collègues.
"Ces résultats montrent que le succès ou l'échec du développement au stade de blastocyste est largement déterminé avant l'activation du génome embryonnaire", commentent-ils.
"Une méthode permettant de prédire la formation d'un blastocyste à J2 [et donc un transfert plus précoce] pourrait améliorer les résultats de la FIV en augmentant les taux de grossesse tout en réduisant les risques de grossesse multiple [en permettant de ne transférer qu'un seul embryon]. Cette question sera évaluée dans de futures études cliniques", indiquent les chercheurs.
La société américaine Auxogyn a annoncé dimanche avoir acquis une licence exclusive de l'université de Stanford pour développer un produit à partir de ces découvertes.
"A partir de la technologie licenciée de Stanford, nous développons un produit qui évalue la viabilité d'un embryon au stade de quatre cellules", indique Lissa Goldenstein, PDG d'Auxogyn, dans le communiqué.
(Nature Biotechnology, publication en ligne avancée du 3 octobre)
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