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Marisol Touraine applaudie chaleureusement par les pharmaciens

PARIS, 24 novembre 2014 (APM) - La ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Marisol Touraine, a été applaudie lundi à de nombreuses reprises par les 1.000 pharmaciens réunis à Paris pour la 27ème Journée de l'ordre des pharmaciens, où elle a notamment insisté sur l'importance des coopérations entre professionnels de santé.
La ministre a été applaudie -là où elle avait été sifflée il y a un an en plein débat sur l'expérimentation de la dispensation à l'unité des antibiotiques- pour son opposition à la suppression des règles d'implantation démo-géographiques des officines ou à l'ouverture de la vente de médicaments à prescription médicale facultative (PMF) aux grandes surfaces.
Dans le cadre de la préparation de son projet de loi pour l'activité, Bercy a envisagé cet été de retenir ces deux options, avant d'y renoncer face à la forte mobilisation des officinaux et de confier le dossier au ministère en charge de la santé (cf dépêche du 15/10/2014 à 19:05).
La ministre a indiqué lundi qu'elle ne souhaitait pas voir de médicaments en grande surface pour des questions de sécurité mais aussi parce que cette évolution pourrait aller à l'encontre de sa volonté de faire diminuer la consommation de médicaments des Français.
"Je ne souhaite pas encourager l'automédication. Tout le monde la pratique à un moment ou à un autre. Mais je ne souhaite pas en faire un élément de régulation, ni de régulation des dépenses d'assurance maladie", a-t-elle déclaré, disant vouloir tendre vers une "juste consommation du médicament".
"Nous en consommons encore trop, près d'une boîte par semaine et par personne, avec des grandes disparités en fonction de l'âge", a-t-elle ajouté.
Lors de son intervention, la ministre a plusieurs fois souligné "l'importance" des pharmaciens dans le système de santé, notamment en termes de proximité, axe clé du projet de loi de santé qu'elle porte et qui doit être discuté au Parlement début 2015.
"Je sais que vous êtes prêts à faire évoluer votre profession pour l'adapter aux exigences d'un système de santé qui doit être plus efficace, de plus en plus axé sur la proximité et la coordination avec les autres acteurs de notre système de santé", a-t-elle dit.
Elle a rappelé que son projet de loi intégrerait des mesures de simplification des transferts et de regroupements des officines qui figuraient auparavant dans le projet de loi pour l'activité (cf dépêche du 15/10/2014 à 19:16). "Je veux notamment avancer sur l'installation des jeunes pharmaciens dans le capital des officines", a-t-elle déclaré.
PRECISIONS SUR LA VACCINATION
Marisol Touraine prévoit en outre de donner la possibilité aux pharmaciens de vacciner sous certaines conditions, afin de répondre au recul de la couverture vaccinale (cf dépêche du 15/10/2014 à 13:55 et dépêche du 15/10/2014 à 13:00).
Si l'Académie de pharmacie, l'ordre et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) y sont favorables, les médecins, les infirmiers et l'Union nationale des pharmacies de France (UNPF) y sont fortement opposés, rappelle-t-on (cf dépêche du 22/10/2014 à 17:54).
"J'entends ces débats dès lors qu'ils ne sont pas excessifs. Je veux mettre à profit le temps qui nous sépare de l'examen du texte à l'Assemblée nationale à la fois pour rassurer, pour poursuivre les travaux entrepris et finaliser les propositions concrètes qui seront faites", a expliqué la ministre.
"Dans mon esprit, seuls les pharmaciens qui le souhaitent pourront s'engager dans cette voie. Une formation sera évidemment proposée. Il y aura une articulation avec le médecin traitant, puisqu'il y a un dossier médical qui devra être tenu", a-t-elle poursuivi.
"Il ne s'agit en aucun cas de contourner le rôle et la place du médecin traitant" mais d'"inventer des complémentarités" pour enrayer le recul de la vaccination, selon Marisol Touraine.
"C'est en collaborant et en coopérant dans le respect des compétences et de l'indépendance de chacun que les professionnels de santé parviendront à mieux répondre aux besoins de leurs patients, en mettant en place un véritable parcours de soins", a commenté celle qui souhaite demander l'élaboration d'un règlement arbitral sur les soins de proximité, à la suite de l'échec des négociations entre l'assurance maladie et les syndicats (cf dépêche du 19/11/2014 à 10:50).
"SE REFORMER AU BON RYTHME" (ORDRE)
Dans un discours prononcé avant celui de Marisol Touraine, la présidente du Conseil national de l'ordre des pharmaciens (Cnop), Isabelle Adenot, a estimé que les pharmaciens étaient "tournés vers l'avenir" mais étaient aussi tentés par "l'immobilisme" face à un avenir qu'"ils ne parviennent pas à maîtriser".
Elle a appelé les pharmaciens à "se réformer au bon rythme sans se perdre, pour une pharmacie compétitive et de son époque".
Après la mobilisation contre le projet de loi pour l'activité et les garanties obtenues, "les pharmaciens attendent maintenant concrètement le point d'atterrissage de tout cela car ils restent légitimement inquiets de leur avenir. Ils attendent également la parution de très nombreux décrets".
Isabelle Adenot s'est prononcée en faveur d'un exercice "coordonné", déclarant que l'amitié entre les professionnels de santé était "très solide". Elle a également assuré de la volonté de chacun de travailler ensemble, dans le cadre de mutualisations qui n'aboutissent pas à "une industrialisation inhumaine qui dépasseraient la volonté du législateur comme celle du pharmacien en l'éloignant du patient".
"Je ne laisserai pas mettre en danger sans réaction vigoureuse et déterminée le sens et les valeurs de notre profession. Je ne laisserai pas non plus la profession s'enfoncer dans le piège mortifère du passéisme nostalgique", a-t-elle martelé.
/gb/ab/APM

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