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Mylan rejette l'offre de rachat de Teva

POTTERS BAR (Royaume-Uni), 27 avril 2015 (APM) - Le génériqueur américain Mylan a annoncé lundi dans un communiqué que son conseil d'administration avait rejeté à l'unanimité l'offre de rachat hostile de 40 milliards de dollars de son homologue israélien Teva, sans pour autant fermer la porte à toute discussion.
Le n°1 mondial des génériques a dévoilé la semaine dernière une offre à 82 dollars par titre Mylan à 50/50 en numéraire et en actions, une opération qui, si elle était menée à bien, permettrait de donner naissance à un géant mondial des génériques (cf dépêche du 21/04/2015 à 16:03).
Mylan a estimé que cette proposition le "sous-évaluait largement", tout en indiquant que son conseil d'administration "n'a nullement l'intention d'envisager des pourparlers pour vendre le groupe, à moins que le point de départ des discussions ne soit un prix nettement supérieur à 100 dollars par action".
En réponse, Teva a réitéré dans un communiqué son offre à 82 dollars par titre, considérant qu'il s'agissait de l'alternative la plus intéressante pour les actionnaires de sa cible et se disant en mesure de boucler la transaction d'ici la fin de l'année.
Mylan a jugé que l'offre comprenait des actions Teva "de faible qualité" et "à hauts risques" et exposerait ses actionnaires à "une culture et une direction problématiques", avec un "piètre bilan" en matière de création de valeur.
Dans une lettre à Teva, le président exécutif du groupe, Robert Coury, considère que le projet manque de "logique industrielle" et ne prend pas en compte les problèmes liés à l'intégration de deux sociétés aux "cultures fondamentalement différentes et incompatibles".
Il évoque des risques en matière de concurrence et d'obtention du feu vert des autorités, ce à quoi Teva a déjà répondu en se disant prêt à céder rapidement des actifs. Un rapprochement conduira par ailleurs à une consolidation des moyens de production et d'approvisionnement, avec des conséquences sur la fixation des prix et les ruptures de stocks.
Robert Coury a regretté que son concurrent ait rendu son initiative publique sans en avoir discuté avec lui au préalable. Le dirigeant a rencontré le directeur général de Teva, Erez Vigodman, vendredi à New York, note-t-on.
Mylan n'avait jusqu'ici jamais officiellement répondu à l'initiative de Teva. Mais malgré son silence, il a relevé vendredi une offre hostile sur le génériqueur américain Perrigo, une opération valorisée à 31 milliards de dollars que Mylan doit abandonner en cas de rapprochement avec Teva (cf dépêche du 24/04/2015 à 18:42).
Ce rachat est perçu par les marchés comme une façon pour Mylan de résister à Teva, note-t-on. Si le conseil d'administration de Perrigo a jusqu'ici rejeté toutes ses tentatives, Mylan a décidé de proposer son offre directement aux actionnaires et a assuré lundi qu'il n'y renoncerait pas.
Le titre Mylan reculait de 4 à 73 dollars lundi en début de séance à la Bourse de New York, où l'action Teva était en repli de 2,3% à 62,93 dollars. Le titre Perrigo gagnait 0,4% à 193,59 dollars.
/gb/ab/APM

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