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Une part significative des syphilis diagnostiquée chez des hommes VIH+

SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 7 mars 2016 (APM) - En France en 2014, plus de 80% des syphilis ont été diagnostiquées chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) parmi lesquels une part significative était co-infectée par le VIH, selon des données publiées mercredi par l'Institut de veille sanitaire (InVS)
La déclaration obligatoire de la syphilis a été supprimée en 2000. Depuis, une recrudescence de la maladie a été observée en France, a rappelé lundi à l'APM Florence Lot, responsable de l'unité VIH-Infections sexuellement transmissibles (IST)-Hépatites B et C-Tuberculose à l'InVS. D'autres IST, comme les infections à gonocoque et à Chlamydia, progressent également depuis plusieurs années.
Le réseau de surveillance de la syphilis RésIST, basé sur des cliniciens volontaires, a été mis en place en 2002 pour suivre les tendances de la diffusion de la syphilis. Cette surveillance a permis de mettre en évidence une augmentation continue du nombre de cas, selon l'information mise en ligne mercredi sur le site de l'InVS.
En 2014, ce réseau composé d'une centaine de médecins a déclaré plus de 1.274 cas de syphilis à l'InVS, mais le nombre réel de cas est sans doute bien supérieur, a commenté l'épidémiologiste. Parmi ces cas, 83% concernaient des HSH dont 40% étaient co-infectés par le VIH.
Afin de mesurer l'impact de l'introduction de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH sur l'incidence de la syphilis, les médecins du réseau RésIST vont préciser si la personne était sous PrEP au moment du diagnostic de syphilis. Entre novembre 2014 et septembre 2015, pendant la phase d'extension de l'essai de PrEP au VIH Ipergay, un tiers des participants ont été contaminés par au moins une autre IST et 80% déclaraient des rapports anaux réceptifs sans préservatif, rappelle-t-on (cf dépêche du 26/02/2016 à 09:34).
L'InVS prévoit de publier en 2016 une estimation de l'incidence de la syphilis en France basée sur les données du système national d'information inter-régimes de l'assurance maladie (Sniiram). L'équipe analyse les prescriptions de tests diagnostiques de la syphilis suivies d'une prescription de pénicilline G.
Auparavant, l'évolution de l'épidémie pouvait également être suivie avec des données de ventes de l'antisyphilitique Extencilline* (benzathine benzylpénicilline, Sanofi) en officine. Mais Sanofi a arrêté la commercialisation de l'Extencilline* début 2014 et la spécialité Sigmacillina* (benzathine benzylpénicilline, Sigma-Tau) importée d'Italie est délivrée exclusivement par les pharmacies hospitalières (cf dépêche du 12/02/2014 à 13:35).
En France, Sigmacillina* suspension injectable par voie intramusculaire est disponible seulement au dosage 1.200.000 UI/2,5 ml. En outre, en octobre 2015, le problème d'approvisionnement de la benzathine benzylpénicilline demeurait 10 mois après l'autorisation d'un générique (cf dépêche du 09/10/2015 à 18:00). Le générique benzathine benzylpénicilline de Sandoz devait être disponible à la fin du premier trimestre 2015, rappelle-t-on.
Mi-février, l'association de patients Actions traitements appelait les pouvoirs publics à faire pression sur Sandoz pour qu'il mette à disposition son antibiotique.
Pour l'association, Sigmacillina* "ne peut absolument pas constituer une solution définitive satisfaisante" parce qu'elle est difficile d'accès pour les patients, qu'elle n'est pas associable à l'antalgique xylocaïne à la différence de l'Extencilline*, et qu'elle nécessite deux injections au lieu d'une auparavant.
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