dépêche

 - 

Emmanuel Macron veut "payer les médicaments au juste prix", Marine Le Pen faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques

NEVERS, PARIS, 9 janvier 2017 (APM) - Emmanuel Macron a promis vendredi lors d'un discours prononcé à Nevers de "récompenser l'innovation" des industries de santé, tandis que Marine Le Pen a fait part de son intention d'"engager un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques", dans une interview publiée dimanche par Le Parisien.
Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle pour son mouvement "En marche!", a consacré environ huit minutes aux industries de santé lors d'un discours de plus d'une heure et demie axé sur son programme en matière de santé (cf dépêche du 09/01/2017 à 13:55).
Il a promis "une vraie politique industrielle et d'innovation, ambitieuse", qualifiant l'industrie de santé de "fleuron de l'industrie et de l'économie française" qu'il faut "encourager".
"Je veux d'abord qu'on arrête cette politique au petit pied qui consiste tous les six mois ou tous les ans à changer notre politique de remboursement ou de déremboursement avec une variable d'ajustement qui sont les laboratoires pharmaceutiques. Nous sommes en train de sacrifier notre industrie pharmaceutique pour essayer de faire des économies sur son dos", a-t-il poursuivi, évoquant des fermetures de sites et des destructions d'emplois.
Tout en appelant à "continuer à valoriser le générique", il a ajouté: "Il faut payer les médicaments au juste prix quand il y a derrière des innovations, quand il y a des investissements pour avoir une grande industrie pharmaceutique".
"On va leur [les laboratoires pharmaceutiques] donner une visibilité sur plusieurs années. On va leur demander de faire des économies justes, mais de faire leur travail, et récompenser l'innovation", a déclaré Emmanuel Macron, qui a par ailleurs parlé d'économies "bonnes" et "innovantes".
Sur ce point, il a mentionné une seule piste d'"économies massives", à savoir la "généralisation de la vente à l'unité du médicament". "On vous vendra ce qui correspond à la prescription, ce dont vous avez besoin, ce qui correspond à votre renouvellement d'ordonnance quand vous avez une pathologie de longue durée", a-t-il dit.

Développement des génériques

Emmanuel Macron a été rejoint par Marine Le Pen, qui se dit "pour la démultiplication des médicaments génériques et pour la vente de médicaments à l'unité", dans l'interview publiée dimanche dans Le Parisien.
En revanche, la présidente du Front national (FN) promet d'"engager un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques. Le prix de certains médicament est déterminé non pas en fonction de leur coût de production mais par rapport au niveau de remboursement appliqué dans les pays où ils sont commercialisés".
Interrogée sur les moyens de faire pression sur les laboratoires pharmaceutiques, elle répond: "Comment fait-on pression sur Ford? Parfois, c'est juste une question de volonté politique", faisant allusion à l'action du président élu des Etats-Unis, Donald Trump, qui a affirmé avoir obtenu du constructeur automobile qu'il renonce à un investissement au Mexique.
"Le protectionnisme fait l'objet d'une caricature. On nous explique qu'on va mettre des murs, tout taxer... Tout cela est évidemment stupide. Je défends un protectionnisme intelligent, piloté par un Etat stratège. En clair, si nous décidons de recréer une industrie dans un domaine, on expliquera aux entreprises concernées que les droits de douane augmenteront progressivement durant une période de cinq ans. Cela leur permettra de s'organiser, le temps de rapatrier leurs activités", ajoute la présidente du FN.
Dans son discours, Emmanuel Macron a par ailleurs promis "une politique volontariste pour développer la santé en France, les laboratoires pharmaceutiques, l'innovation en santé et donc l'innovation dans les dispositifs médicaux qui est la révolution en cours dans laquelle nous devons gagner". Il a aussi appelé à "plus d'objets connectés et d'innovation dans le numérique".
"Ça passera par de l'investissement privé mais aussi par une simplification de nos procédures d'autorisation de mise sur le marché [AMM], par une simplification des règles qui fait qu'en France, aujourd'hui, on doit beaucoup plus simplement innover dans ces matières, développer ces produits, développer ces innovations qui sont bonnes", a poursuivi le président du mouvement "En marche!", regrettant le départ à l'étranger d'innovateurs qui ont été soutenus dans leurs premiers pas par les pouvoirs publics français.
eh/gb/APM

[EH7OJIA1F]

A lire aussi