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L'OCDE critique le bénéfice thérapeutique de certains médicaments au regard de leur coût

PARIS, 16 janvier 2017 (APM) - Malgré un impact le plus souvent considérable sur la vie des patients, "les médicaments onéreux n'apportent pas nécessairement un bénéfice thérapeutique proportionné à leur coût", considère l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) dans un rapport paru lundi.
"La tendance en oncologie est particulièrement préoccupante à cet égard", relèvent les auteurs du rapport sur "La gestion des nouvelles technologies de santé. Concilier accès, valeur et viabilité" qui sera examiné dans le cadre d'une réunion ministérielle de l'OCDE sur la santé mardi.
Il est précisé que les prix de lancement des traitements anticancéreux aux Etats-Unis, ajustés de l'inflation et rapportés à une année de vie gagnée, ont quadruplé en 20 ans pour atteindre 207.000 dollars en 2013.
La situation sur le marché des médicaments orphelins est également qualifiée d'"inquiétante". Les traitements innovants ont un prix qui progresse plus rapidement que les coûts de R&D.
L'organisation, face à l'augmentation du nombre de médicaments onéreux et des problèmes d'accès aux soins et de soutenabilité financière qu'ils induisent, suggère de revoir les mécanismes de fixation des prix de l'innovation thérapeutique.
Pour gérer l'accès aux médicaments onéreux et leur financement en contrant les stratégies de prix de certains laboratoires, les auteurs appellent à renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs, ce qui passe par davantage de coopération et de transparence, y compris entre pays. "Un rééquilibrage s'impose entre le pouvoir de négociation des organismes payeurs et celui des producteurs", est-il affirmé.
Les accords de tarification en vertu desquels le prix final d’un médicament est lié à ses performances effectives, comme ceux qui existent en Italie et en Angleterre, "pourraient aussi être efficaces". Mais cela sera à la condition que les coûts de gestion et les coûts administratifs soient maîtrisés et que les données et observations cliniques soient mises largement à la disposition de la communauté scientifique.
Cette évolution appelle également à une révision des mesures incitatives relatives aux médicaments orphelins. Ces mesures ont porté leurs fruits, puisque le nombre de traitements orphelins a augmenté, mais ils restent parfois très onéreux alors même qu'ils bénéficient d'aides publiques et que certains se vendent bien.
Des évolutions sont donc nécessaires pour éviter que certaines entreprises n'appliquent "des stratégies de 'saucissonnage', consistant à mettre sur le marché des médicaments aux indications suffisamment étroites pour pouvoir revendiquer une qualification de médicaments orphelins et les vendre au prix fort avant de définir d'autres indications (orphelines ou non)", est-il souligné.
L'OCDE recommande par ailleurs de renforcer la réglementation autour des dispositifs médicaux (DM) en utilisant les technologies mobiles, dites "mHealth", pour garantir leur qualité et la confidentialité des données.
Le potentiel des données de santé en matière de recherche et d'évaluation de l'efficacité des traitements doit aussi être davantage exploité, selon ce rapport, qui invite à "décourager ou cesser de prendre en charge financièrement les innovations qui n'ont pas de valeur pour le système".
"Aujourd'hui, nombreuses sont les technologies biomédicales à être approuvées et adoptées alors que l’on ne dispose que de preuves limitées de leur sécurité et de leur efficacité. Il est rare que leurs performances soient évaluées en situation réelle. Ces insuffisances compromettent la sécurité, sont sources de gaspillages et ne sont plus tenables", fustige l'OCDE.
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