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VIH: une légère augmentation des lipides avec le ténofovir alafénamide, qui est réversible

WASHINGTON, 19 décembre 2019 (APMnews) - Passer de l'antirétroviral ténofovir disoproxil fumarate au ténofovir alafénamide est associé à une légère augmentation de la cholestérolémie et des triglycérides, mais cet effet est réversible si l'on revient au produit initial, montre une étude observationnelle publiée dans AIDS.
Le ténofovir alafénamide a été développé pour éviter les potentiels effets négatifs de la première forme de l'antiviral, le ténofovir disoproxil fumarate, sur le rein et les os, rappelle-t-on. Mais lors des études sur cette nouvelle forme on avait identifié une légère augmentation des lipides.
Ana Milinkovic et ses collègues du Chelsea and Westminster Hospital à Londres et du Center for HIV and Hepatogastroenterology à Düsseldorf ont voulu à la fois confirmer ces observations et voir si les élévations étaient définitives ou si elles étaient réversibles.
Pour cela, ils ont étudié 385 patients dont le traitement antirétroviral incluait initialement le ténofovir disoproxil fumarate et qui étaient passés au ténofovir alafénamide. Parmi eux, 168 sont ensuite revenus au ténofovir disoproxil fumarate lorsque celui-ci a été génériqué.
Lors du passage à l'alafénamide, le cholestérol total a augmenté de 1,86 g/l initialement à 2,04 g/l à 24 semaines après le switch.
Il s'agit d'une moyenne. Un tiers de patients n'ont pas présenté d'évolution de la cholestérolémie. Deux tiers ont présenté une augmentation dont près d'un tiers une élévation de plus de 0,3 g/l.
Toutefois, comme il y avait à la fois des élévations des particules LDL et HDL, in fine le rapport cholestérol total/HDL-cholestérol restait inchangé, notent les chercheurs.
De même, il y avait eu une élévation des triglycérides, de 1,53 g/l à 1,76 g/l à 24 semaines.
Quand les patients sont revenus à la forme disoproxil fumarate, on est revenu à 1,83 g/l de cholestérol et à 1,56 g/l de triglycérides à 24 semaines.
Les patients ayant eu une élévation de plus de 0,3 g/l de la cholestérolémie après le premier switch étaient ceux qui présentaient les baisses les plus importantes lors du switch dans l'autre sens.
Commentant ces résultats, les auteurs ont d'une part, souligné le fait que le rapport cholestérol total/HDL-cholestérol restait inchangé, ce qui est rassurant, et d'autre part, que le ténofovir alafénamide a un avantage au niveau rénal et osseux. Les bénéfices et inconvénients des deux formes de ténofovir devraient donc être prises en compte en fonction des caractéristiques de chaque patient pour choisir lequel prescrire.
(AIDS, décembre, vol.33, n°15, p2387-2391)
fb/ab/APMnews

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