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Echec d'un essai sur un vaccin contre le VIH en Afrique du Sud

WASHINGTON, 3 février 2020 (APMnews) - Un grand essai randomisé d'une stratégie vaccinale contre le VIH en Afrique du Sud a été interrompu en raison de données préliminaires montrant une absence d'efficacité, ont annoncé lundi les National Institutes of Health (NIH) qui financent l'étude.
Ce résultat est d'autant plus décevant que la stratégie étudiée était la même que celle qui avait montré une efficacité il y a 10 ans dans un autre grand essai en Thaïlande.
S'il s'est montré déçu par ce résultat, le directeur du National Institute of Allergy & Infectious Diseases (NIAID), Anthony Fauci, a affirmé que "la recherche continue sur d'autres approches vaccinales", et qu'il "était toujours convaincu" qu'on arrivera à trouver un vaccin efficace contre le VIH.
L'essai HVTN 702 a inclus 5.407 hommes et femmes de 18 à 35 ans sexuellement actifs qui ont été randomisés entre le vaccin et un placebo.
La stratégie vaccinale consistait à associer un vecteur canarypox porteur d'antigènes du VIH (ALVAC-HIV, Sanofi Pasteur) et deux protéines, des sous-unités de la gp120 du VIH (GlaxoSmithKline). Après la vaccination initiale, des rappels étaient faits à un an et 18 mois.
Dans l'essai RV144 en Thaïlande, une telle stratégie avait réduit de 31,2% le taux d'infection par le VIH (cf dépêche du 24/09/2009 à 09:25).
Une réduction qui peut paraître modeste si l'on a comme objectif une protection complète contre l'infection par le VIH, mais que de nombreux spécialistes avaient saluée, notamment car cela permettrait de limiter la propagation de l'épidémie. Et puis c'était la première fois qu'un effet statistiquement significatif était observé avec un candidat vaccin contre le VIH.
L'essai sud-africain HVTN 702 suivait la même stratégie, mais en ayant adapté le vaccin au type de VIH qui circule majoritairement en Afrique du Sud, le clade C (alors que les clades B et E circulent en Thaïlande). Un premier essai pilote en Afrique du Sud, HVTN100, avait montré que le vaccin était sûr et induisait des taux élevés d'anticorps.
Mais cela ne s'est malheureusement pas traduit par un bénéfice clinique: selon le résultat intermédiaire -qui a conduit le comité de surveillance de l'étude à demander son arrêt-, il y a eu 129 infections par le VIH dans le groupe vacciné et 123 dans le groupe ayant reçu le placebo.
fb/ab/APMnews

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