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La bronchopneumopathie chronique obstructive plus fréquente chez les patients VIH+

OTTAWA, 21 février 2020 (APMnews) - Les personnes infectées par le VIH présentent un taux d'incidence de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) plus élevé que les personnes séronégatives, mais cette observation pourrait être liée à une prévalence du tabagisme plus importante dans cette population, selon une étude canadienne publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ).
En raison d'un tabagisme plus fréquent, les personnes infectées par le VIH peuvent être considérées à haut risque de BPCO. Plusieurs études ont montré qu'après ajustement en fonction du tabagisme, la BPCO était plus fréquente chez les patients VIH+ que chez les personnes séronégatives, suggérant l'implication de facteurs immunitaires et inflammatoires dans la pathogénie de la BPCO chez les patients VIH+.
Selon Tony Antoniou de l'Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES) à Toronto et ses collègues, les estimations en population de l’incidence de la BPCO chez les patients VIH+ font défaut, en particulier chez les femmes.
Ils ont donc comparé l’incidence de la BPCO chez les adultes âgés de 35 ans ou plus infectés ou non par le VIH et vivant en Ontario, entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 2015. Ils ont utilisé les données de santé recueillies par le système d'administration de l’Ontario.
Au total, 1.849 personnes VIH+ et 1.168.727 personnes séronégatives ayant reçu un nouveau diagnostic de BPCO entre 1996 et 2015 ont été identifiées.
Les personnes infectées par le VIH et atteintes de BPCO étaient plus jeunes (âge moyen 49,7 ans contre 62,2 ans) et étaient moins souvent des femmes (18,6% contre 49,2%) ou résidantes de zones rurales (4,8% vs 16,4%) que les personnes séronégatives souffrant de BPCO.
Les taux de BPCO étaient plus élevés chez les personnes VIH+ que chez les personnes séronégatives (10,4 vs 9 cas pour 1.000 personnes-années; ratio d’incidence normalisé SIR 1,16). Le risque de BPCO ajusté était ainsi significativement augmenté de 34% chez les personnes VIH+.
Les chercheurs se sont aussi intéressés au statut tabagique des patients VIH+. Au total, 32,7% d'entre eux étaient fumeurs contre 11,3% des VIH-. Quand les chercheurs ajustent sur ce critère, les patients VIH+ n'étaient pas plus à risque de développer une BPCO que les personnes séronégatives.
Dans les analyses par sexe, les taux de BPCO étaient plus élevés chez les hommes séropositifs que chez les femmes séropositives, et plus élevés chez les hommes séropositifs que chez les hommes et les femmes séronégatifs. Dans une analyse de sensibilité, le tabagisme a aussi expliqué ces différences.
Un dépistage par spirométrie pourrait être approprié dans cette population, suggèrent les chercheurs. Ils estiment également que des efforts doivent être réalisés pour identifier et mettre en oeuvre des stratégies d'arrêt du tabac acceptables pour les patients, d'autant plus que des recherches antérieures ont montré que le tabac était associé à une perte d'années de vie plus importante chez les patients VIH+ que chez les séronégatifs.
(CMAJ, publication en ligne du 18 février)
vcd/cd/sl/APMnews

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