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Covid-19: revalorisation importante des indemnités des étudiants infirmiers dans plusieurs régions

PARIS, 31 mars 2020 (APMnews) - Les indemnités versées aux étudiants infirmiers appelés en renfort auprès du personnel soignant dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19, sont revalorisées dans plusieurs régions, notamment Grand Est et l'Ile-de-France.
Concernant la région Grand Est, la ministre du travail, Muriel Pénicaud a informé avoir mobilisé "une enveloppe de 11 millions pour venir en aide aux élèves-infirmiers et élèves aides-soignants appelés en renfort auprès du personnel soignant", indique le ministère dans un communiqué jeudi dernier. Cette enveloppe provient des crédits du Plan d’investissement dans les compétences (PIC).
Muriel Pénicaud précise dans le communiqué que cette enveloppe doit "permettre à cette région d’accompagner financièrement les apprenants appelés en renfort dans les établissements de santé".
Sur ce territoire, "6.600 élèves-infirmiers et 1.600 élèves aides-soignants en formation sont d’ores-et-déjà mobilisés", détaille le ministère.
Les indemnités de stage habituellement versées aux élèves infirmiers sont comprises entre 112 euros et 200 euros par mois, tandis que les élèves aides-soignants ne perçoivent aucune indemnité, rappelle-t-il. Avec ces crédits, les indemnités seront désormais revalorisées à "1.400 euros par mois pour les élèves-infirmiers et 1.000 euros par mois pour les élèves aides-soignants", a chiffré le ministère.
La répartition des étudiants dans les structures de soins a été organisée par l'agence régionale de santé (ARS) avec le Conseil régional Grand Est et les directeurs d’instituts de formation en santé.
"Après la région Ile-de-France, la région Grand Est est la deuxième région à bénéficier de cet engagement financier du ministère du travail, par le biais du [PIC]", a relevé le ministère.
Interrogé par ailleurs par APMnews, vendredi dernier, Cédric Arcos, directeur général adjoint de la région Ile-de-France, a annoncé par mail que le conseil régional avait dégagé, un "budget évalué à près de 18 millions d’euros".
Selon lui, la présidente de la région, Valérie Pécresse, a "lancé un appel à tous les étudiants infirmiers d’Ile-de-France" pour "venir en renfort des hôpitaux publics et privés". En Ile-de-France, 59 instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) totalisent 15.000 étudiants infirmiers.
Les étudiants infirmiers "qui seront mobilisés en renfort seront donc rémunérés 1.300 euros nets pour les élèves de première année et 1.500 euros nets pour les étudiants de deuxième ou troisième année", indique Cédric Arcos. Il rappelle que l'indemnité actuellement prévue pour les stages est de 152 euros par mois pour des étudiants de première et deuxième année, et de 200 euros par mois au cours de leurs troisième année.
Alors que l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) "avait déjà mobilisé plusieurs centaines d’étudiants infirmiers en stage pour exercer des tâches d’aide-soignant dans les services de réanimation de ses 37 hôpitaux", d'autres hôpitaux ont sollicité un soutien de la région "pour mobiliser 4.500 étudiants supplémentaires", relate Cédric Arcos.
"Compte tenu du grand nombre d’établissements de santé présents dans la région, de notre volonté d’apporter une aide maximale à tout le système de santé, public comme privé, de la nécessité également de couvrir la petite et la grande couronne, la décision a été prise d’élargir cette mesure à toute la région (et pas seulement à l’AP[-HP]), avec un objectif de pouvoir mobiliser au moins dans un premier temps 9.000 élèves infirmiers", précise-t-il, expliquant que "la situation pourr[a] évidemment évoluer à la hausse, en fonction des besoins des établissements".
De telles initiatives ont été prises dans d'autres régions, note-t-on.
Dans les Hauts-de-France, le conseil régional et l'agence régionale de santé (ARS) cherchent aussi à favoriser la mobilisation des élèves infirmiers et élèves aides-soignants, avec des niveaux d'indemnités qui vont, selon les cas, de 1.000 à 1.400 euros nets, lit-on sur Twitter.

Nécessaire cadrage national pour le Cefiec

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Comité d'entente des formations infirmières et cadres (Cefiec) explique que les Ifsi et les Instituts de formation d'aide soignants (Ifap) "se sont organisés depuis début mars pour réaffecter 80 à 100% (selon les instituts) [d]es étudiants dans les établissements de santé afin de venir en appui aux personnels de soins".
Le comité a tenu à "féliciter les étudiants pour leur adaptabilité" et l'ensemble des acteurs des instituts "pour leur grande réactivité dans l'organisation efficace et rapide des réaffections des étudiants en stage comme le maintien des cours à distance et ce dès le [vendredi] 13 mars".
Il a également rappelé "que les étudiants gardent, pendant cette période, leur statut d'étudiant et qu'à ce titre ils restent sous la responsabilité des instituts de formation", insistant "pour que la sécurité des étudiants, le temps de travail et les missions confiées soient au regard de leur statut d'étudiant et de leurs compétences".
Le Cefiec demande également de "garantir la mise en place d'une organisation homogène à l'échelle nationale pour la gestion des étudiants et notamment en stage".
Ce cadrage national permettrait de "régulariser et homogénéiser les affectations en stage", "de clarifier la sémantique employée (stage validant, volontariat, vacation, réquisition, etc.)", "d'éviter les organisations isolées et régions dépendantes" et ainsi "d'assurer la sécurité des étudiants et in fine leur diplomation".
Se félicitant de la mesure d'indemnisation dans le Grand Est, le Cefiec "sollicite à nouveau un cadrage national afin de garantir équité pour tous les étudiants du territoire national".
af/san/APMnews

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