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Olivier Véran tente d'apaiser la polémique sur l'avenir du CHU de Nancy

PARIS, NANCY, 6 avril 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé a lancé un appel au calme dimanche sur Twitter à la suite de propos du directeur général de l'ARS Grand Est sur le respect des engagements du CHU de Nancy devant le Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo), qui ont déclenché une vive polémique durant le week-end.
Le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) Grand Est, Christophe Lannelongue, avait mis le feu aux poudres vendredi lors d'une conférence de presse lorsqu'il avait répondu à un journaliste qu'il n'y avait "pas de raison de remettre en cause le Copermo pour le CHU de Nancy", rapporte le quotidien régional L'Est républicain.
"Le dossier devrait être examiné début juin", avait indiqué Christophe Lannelongue, "la trajectoire reste la même".
Le Copermo avait rendu un avis favorable sur le schéma directeur immobilier du CHU de Nancy pour un investissement global de 515 millions d'euros (M€) fin janvier (cf dépêche du 29/01/2020 à 13:03), après que celui-ci s'est engagé fin juillet à mettre en oeuvre un plan de retour à l'équilibre prévoyant la suppression de près de 180 lits et 600 postes (cf dépêche du 17/07/2019 à 17:20).
Dans une lettre adressée samedi à Edouard Philippe, le président de la commission médicale d'établissement (CME) du CHU, le Pr Christian Rabaud, et le président du conseil de surveillance de l'établissement et maire de Nancy (UDI), Laurent Hénart, ont tenu à rappeler que le CHU s'était "transformé totalement" pour faire face à l'épidémie et que "ses équipes [avaient] augmenté de manière exponentielle les capacités de lits de réanimation, passant de 70 à 150 lits ouverts".
"Dans ce contexte, la position du DG de l'ARS Grand Est énoncée ce matin dans la presse régionale, évoquant la suppression de 598 postes et de 154 lits, apparaît comme totalement décalée", se sont insurgés les deux signataires de cette lettre. "Evoquer de tels chiffres à l'heure où les équipes vont au bout de leur investissement personnel est à la fois déconcertant et indécent."

Une remise en question sans ambages du Copermo

"Cette crise sanitaire que nous affrontons nous imposera collectivement une révision complète de la politique de santé conduite dans ce pays", ont-ils ajouté. "Le Copermo tel que nous l'avons connu, avec ses normes, abaques et doctrine, n'est de toute évidence plus adapté."
Lors d'une conférence de presse en début de semaine dernière, le directeur général du CHU de Nancy, Bernard Dupont avait déjà évoqué le Copermo: "On était incités très fermement à fermer des lits depuis quelques mois, et les mêmes personnes nous somment de rouvrir des lits, donc ça, ça laissera des traces."
"Il faudra quand même un jour en tirer les conséquences sur le fonctionnement normal des hôpitaux", avait-il pointé (cf dépêche du 30/03/2020 à 19:47).
Le ministre des solidarités et de la santé a réagi dimanche sur Twitter à la polémique naissante, en soulignant "[qu']à Nancy comme partout, l'heure est à la mobilisation de tous pour faire face au Covid-19".
"L'heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent [et] de refonder notre hôpital", a assuré le ministre, "tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra."
Ces propos ont été repris dans un communiqué de l'ARS Grand Est diffusé dimanche, qui assurait que "Christophe Lannelongue avait répondu que toutes les forces étaient concentrées à la lutte contre l’épidémie, au soutien des personnels soignants et à la bonne prise en charge des patients et, que de ce fait la transmission du dossier au ministère des solidarités et de la santé serait différée".
L'agence s'est défendue en assurant que cette réponse avait été mal comprise et ne signifiait pas "le maintien du dossier en l’état".
gl/nc/APMnews

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