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Covid-19: la France lance une initiative internationale pour accélérer la recherche sur les traitements et vaccins

PARIS, 17 avril 2020 (APMnews) - Le président de la République, Emmanuel Macron, a réuni jeudi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs acteurs internationaux impliqués dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 pour réfléchir aux contours d'une initiative commune visant à accélérer le développement de vaccins et de traitements contre le coronavirus et garantir leur accès à tous.
De premiers jalons relatifs à cette initiative devraient être posés avec l'OMS dans le courant de la semaine prochaine, a-t-on appris vendredi auprès de l'Elysée.
Dans un tweet publié à l'issue de cette réunion, jeudi soir, le chef de l'Etat s'est réjoui d'un "échange très riche avec les acteurs internationaux de la réponse au Covid-19". Lors de son allocution télévisée depuis l'Elysée lundi soir, il avait annoncé qu'il "porterai[t] dans les prochains jours une initiative [...] pour accélérer les travaux en cours" dans le domaine de la recherche (cf dépêche du 13/04/2020 à 22:59).
"Nous devons construire ensemble, autour de l’OMS, une initiative forte sur les diagnostics, les traitements et les vaccins accessibles à tous. Coordination. Accélération. Justice. Pour sauver des vies", a-t-il écrit jeudi sur Twitter.
Ont participé à cette réunion Tedros Adhanom Ghebreyesus (directeur général de l'OMS), Peter Sands (Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme), Françoise Barré-Sinoussi (comité Care, cf dépêche du 24/03/2020 à 13:17), Marisol Touraine (Unitaid), Seth Berkeley (Alliance GAVI), Richard Hatchett (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations -CEPI), Jeremy Farrar (Wellcome Trust), Mark Suzman (Fondation Bill & Melinda Gates), David Malpass (Banque mondiale) et Stéphanie Seydoux (ambassadrice pour la santé mondiale du gouvernement français).
Selon l'Elysée, il est nécessaire de fédérer les efforts et de se coordonner pour pouvoir:
  • accélérer la découverte de solutions sur des vaccins et des traitements de qualité
  • assurer une production en quantité suffisante et avec des prix accessibles
  • garantir un accès universel et sûr aux traitements.
Cette réunion n'a pas porté sur les aspects scientifiques de la recherche, a précisé vendredi l'Elysée.
L'équipe du chef de l'Etat a insisté sur le fait que l'objectif n'était pas de créer une nouvelle organisation mais bien de construire une feuille de route commune. Elle a souligné que la logique était celle d'un multilatéralisme, d'une approche holistique posant dès maintenant la question des systèmes de santé et des moyens à déployer.
Alors que Donald Trump a annoncé mardi suspendre le financement américain à l'OMS en raison de sa gestion de la pandémie de Covid-19 (cf dépêche du 15/04/2020 à 16:22), l'Elysée a assuré que la réunion de jeudi n'avait pas été organisée en réponse à cette annonce du président américain, dans la mesure où elle avait décidée avant.
Un peu plus tôt dans la journée de jeudi, Emmanuel Macron avait participé à une réunion des dirigeants du G7 organisée par la présidence américaine sur la pandémie de Covid-19. Il y a "exprimé son soutien" à l'OMS et "souligné le rôle central que celle-ci doit jouer en relation avec l’ensemble des Etats, des institutions internationales et des programmes dédiés au vaccin, à la santé et au renforcement des systèmes de santé", selon un communiqué de l'Elysée diffusé jeudi soir.
Il y a également "rappelé l’intérêt commun et la nécessité qu’une aide massive soit apportée aux pays les plus vulnérables, tout particulièrement en Afrique, pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie" et "exprimé son plein engagement à agir en ce sens avec l’ensemble des partenaires internationaux de la France".

Le bilan de la Chine revu à la hausse

Par ailleurs, la Chine a revu à la hausse, vendredi, le nombre de morts et de cas de contaminations causés par l'épidémie de Covid-19 dans la ville de Wuhan, où étaient apparus les premiers cas fin 2019. Le nombre de décès recensés en Chine continentale depuis le début de l'épidémie passe ainsi de 3.342 à 4.632, selon des données à jeudi rapportées par la commission nationale de la santé.
Les Etats-Unis avaient à plusieurs reprises ces dernières semaines accusé Pékin d'avoir dissimulé l'ampleur et la portée de l'épidémie, et d'avoir sous-évalué son bilan. La Chine avait dénoncé des commentaires "indécents" et invité les autorités américaines à cesser de politiser une question de santé publique.
Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a assuré vendredi que rien n'avait été dissimulé par le gouvernement, expliquant que la révision du nombre de cas à Wuhan résultait d'une vérification statistique visant à s'assurer de l'exactitude des données et qu'il s'agissait d'une pratique internationale fréquente.
Dans un entretien mis en ligne jeudi, le Financial Times a demandé à Emmanuel Macron son opinion sur le fait que la gestion de la pandémie de Covid-19 ait pu révéler les faiblesses des sociétés démocratiques et mettre en avant les avantages des gouvernements autoritaires comme celui de la Chine.
Ce à quoi le chef de l'Etat a répondu qu'il n'y avait pas de comparaison possible entre des pays où l'information circule librement et d'autres où la vérité est étouffée.
"Compte tenu de ces différences, des choix qui ont été faits et de ce qu'est la Chine aujourd'hui -ce que je respecte-, ne soyons pas naïfs au point de dire que [la Chine] a beaucoup mieux géré", a-t-il déclaré. "Nous ne savons pas. Il y a clairement des choses qui se sont passées et dont nous n'avons pas eu écho."
L'Elysée a rappelé vendredi considérer que la transparence dans la gestion d'une épidémie était essentielle pour une lutte efficace.
sb-rtrs/ab/APMnews

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