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Les pédiatres favorables au retour des enfants à l'école, car ils sont peu contagieux

PARIS, 28 avril 2020 (APMnews) - Des associations de pédiatres se déclarent favorables au retour des enfants à l'école après la période de confinement, à partir du 11 mai, y compris ceux porteurs de handicaps ou de pathologies chroniques, et rassurent quant à leur contagiosité potentielle et leur vulnérabilité face à la maladie, dans des communiqués et documents publiés lundi.
"Les données concernant l'infection Covid-19 chez l'enfant sont rassurantes. Le coronavirus épargne en partie les enfants qui sont peu malades et peu contagieux. Le retour en collectivité de tous les enfants doit être favorisé dans le respect des mesures 'barrière'", exposent l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), le Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (GPIP) et la Société française de pédiatrie (SFP).
Ils soutiennent que "les enfants participent peu à la dynamique de l'épidémie chez l'adulte".
"Depuis le début de l’épidémie en Europe, peu d’enfants ont été touchés et les formes sévères ont été exceptionnelles. Ce virus et cette maladie épargnent en grande partie les enfants. Les facteurs de division du risque par rapport aux adultes sont de l’ordre de 1/10.000 pour les décès, de 1/1.000 pour les formes graves, 1/100 pour les hospitalisations, 1/3 sur le pourcentage de PCR positives. Ceci est particulièrement vrai chez l’enfant de moins de 10 ans", soulignent l'Afpa et le GPIP dans un avis commun.
"Contrairement aux situations observées avec de nombreux virus respiratoires, les enfants sont moins souvent porteurs du Sars-Cov-2 que l’adulte et les données disponibles sur la contagiosité des enfants entre eux et vers les adultes sont rassurantes, en particulier en ce qui concerne les jeunes enfants", indiquent-ils.
"Le rôle des enfants dans la dynamique de l’épidémie chez l’adulte paraît modeste et concernerait plutôt les adolescents de plus de 15 ans. Le risque d’infection pour les adultes relève surtout du contact entre adultes eux-mêmes (enseignants, personnels et parents groupés en sortie d’école)."
Aussi, le retour en collectivité ne semble-t-il "pas représenter un risque significatif pour des adultes contacts", sous réserve du respect des gestes barrières.
Le port du masque n'apparaît selon eux pas souhaitable "ni raisonnable" pour les enfants des crèches, écoles maternelles et primaires, mais peut être envisagé pour les adolescents d'une part et pour les adultes en charge d'enfants d'autre part.
Aucun facteur de risque spécifique n'a par ailleurs été identifié pour les rares cas de formes graves de Covid-19 décrites chez l'enfant, aussi bien dans la littérature internationale que sur une cohorte de 200 enfants hospitalisés en France. Ainsi, "les populations qui pourront être classées comme 'à risque', le seront par prudence et par extrapolation aux autres virus respiratoires connus".
Seuls quelques enfants suivis pour des pathologies rares et graves par des surspécialistes et en situation de grande vulnérabilité étant donné leur état clinique ou leurs traitements, peuvent nécessiter des précautions particulières, estiment-ils.
Ils appuient leurs arguments sur les données et observations provenant de différentes sources, transmises à APMnews.

Faible contagiosité des enfants

Sur la contagiosité d'abord, il y a eu l'étude de Santé publique France sur le foyer des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) en début d’épidémie, qui a identifié tous les contacts d’un garçon de 9 ans pauci-symptomatique dont la PCR était positive. "Sur les 172 personnes côtoyées (majoritairement des enfants) aucune n’a été contaminée."
Dans l’enquête réalisée à Crépy-en-Valois (Oise), autour d’un enseignant décédé du Covid-19, le pourcentage d’enfants ayant une sérologie positive a été très inférieur à ceux des adolescents et des adultes.
Par ailleurs, les prélèvements faits chez les patients suspects de Covid-19 aux urgences ou hospitalisés donnent des PCR 3 fois moins fréquemment positives chez les enfants que chez les adultes, et parmi les enfants hospitalisés en France pour Covid-19, "l’immense majorité a été contaminée par un adulte de l’entourage", rapportent le GPIP, l'Afpa et la plateforme d'information sur les vaccinations Infovac-France, dans une mise au point datée de dimanche.
Des données similaires ont été retrouvées en Islande, où "aussi bien chez des patients-contacts de patients porteurs de Sars-CoV-2 qu’en population générale, les PCR sont beaucoup moins souvent positives chez les enfants de moins de 10 ans que chez les adultes", notent-ils.
Ils ont aussi tenu compte d'une expérience en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, dont les résultats ont fait l'objet d'un rapport du National Center for Immunisation Research and Surveillance (NCIRS) dimanche.
Il s'agit des investigations menées autour de tous les cas de Covid-19 détectés dans les écoles de Nouvelle-Galles du Sud, soit 18 cas confirmés (9 élèves et 9 personnels) dans 15 écoles (5 écoles primaires et 10 établissements du secondaire) entre mars et mi-avril. Tous ces cas étaient susceptibles d'avoir transmis le virus à d'autres personnes au sein des établissements fréquentés.
Au total, 735 élèves et 128 personnels ont été en contact étroit avec ces 18 cas. Mais aucun professeur ou personnel n'a contracté le Covid-19 à partir de l'un de ces cas initiaux, et 1 enfant d'une école primaire ainsi qu'un autre d'un établissement d'enseignement secondaire ont probablement contracté le Covid-19 via l'un de ces cas initiaux dans leur école respective.
"La transmission du Sars-CoV-2 chez les enfants dans les écoles apparaît considérablement moindre que celle observée pour d'autres virus respiratoires, comme la grippe. Contrairement à la grippe, les données des tests portant aussi bien sur le virus que sur les anticorps à ce jour suggèrent que les enfants ne sont pas les principaux vecteurs de la transmission du Covid-19 dans les écoles ou dans la communauté", concluent les auteurs de l'étude australienne.
Ils notent que sur l'ensemble de la Nouvelle-Galles du Sud, les enfants de moins de 19 ans représentent 4% des cas de Covid-19, alors qu'ils représentent environ 23% de la population.
Concernant les enfants atteints de maladie chronique, la SFP et les sociétés de spécialités pédiatriques proposent de favoriser le retour dans leur établissement scolaire, "bénéfique pour leur santé, leur bien-être et leur avenir".
Elles préconisent des mesures barrières renforcées pour certaines pathologies connues pour être à risque de complications lors d'infections virales respiratoires, et de porter une attention particulière, d'une part aux adolescents avec maladie chronique, d'autre part aux enfants avec troubles du neurodéveloppement ou maladie neurologique chronique, l'accompagnement de ces derniers devant être promu et les dispositifs et aides mis en place pour leur scolarisation maintenus.
cd/nc/APMnews

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