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Insuffisance cardiaque: un bénéfice sur la qualité de vie avec l'empagliflozine

RIDGEFIELD (Connecticut), INDIANAPOLIS, 22 juin 2020 (APMnews) - L'antidiabétique oral inhibiteur du SGLT2 empagliflozine (Jardiance*, Boehringer Ingelheim/Lilly n'a pas amélioré la capacité de marche dans les insuffisances cardiaques à fraction d'éjection diminuée ou préservée, mais un bénéfice sur la qualité de vie a été observé, dans les 2 études EMPERIAL dont les résultats finaux ont été présentés lors d'un évènement virtuel de l'European Society of Cardiology (ESC).
Les études EMPERIAL-Reduced et EMPERIAL-Preserved, conduites chez respectivement 312 insuffisants cardiaques ayant une fraction d'éjection ventriculaire gauche diminuée et 315 avec une fraction d'éjection préservée, évaluaient l'empagliflozine contre placebo sur 12 semaines, en premier lieu sur la capacité d'exercice. Celle-ci était évaluée par la distance de marche sur tapis roulant durant 6 minutes.
Les résultats finaux, présentés via le HFA Discoveries Program de l'ESC, confirment que ce critère principal n'a pas été amélioré par l'inhibiteur du SGLT2, dans les deux études (cf dépêche du 16/12/2019 à 12:31). L'amélioration de la distance parcourue à 12 semaines a été de 13,5 m sous empagliflozine contre 18,0 m sous placebo dans EMPERIAL-Reduced et de 10,0 m contre 5,0 m, respectivement, dans EMPERIAL-Preserved, indiquent Lilly et Boehringer Ingelheim dans un communiqué vendredi.
Toutefois les analyses exploratoires suggèrent un bénéfice en termes de qualité de vie, pour les patients ayant une fraction d'éjection diminuée. Dans EMPERIAL-Reduced, l'amélioration moyenne du score total au questionnaire KCCQ (Kansas City Cardiomyopathy Questionnaire) à 12 semaines était de 4,55 points plus importante sous empagliflozine que sous placebo, selon le communiqué. Une plus grande proportion de patients sous empagliflozine que sous placebo, en outre, ont eu des améliorations d'au moins 5 points et d'au moins 8 points par rapport au placebo.
Aucune amélioration de ces scores de qualité de vie n'a été observée dans EMPERIAL-Preserved.
Ces 2 essais portaient sur des patients diabétiques et non diabétiques. Le profil de sécurité de l'empagliflozine chez les patients diabétiques était similaire à celui déjà connu chez les patients atteints de diabète de type 2. Chez les non-diabétiques, il n'y a pas eu de nouveau signal de sécurité, et la fréquence des évènements hypoglycémiques était similaire à celle observée sous placebo.
Les 2 firmes soulignent dans leur communiqué commun que d'autres traitements recommandés dans l'insuffisance cardiaque ont montré des résultats divergents entre les études examinant les critères cliniques et l'amélioration des symptômes, certains ayant montré des améliorations des critères tels que la mortalité, mais des résultats neutres ou incohérents quant à la capacité d'exercice et aux critères rapportés par le patient.
Elles indiquent donc attendre les résultats des essais EMPEROR en cours portant sur les critères de morbimortalité, dont les résultats sont attendus cette année pour la partie portant sur les patients avec fraction d'éjection réduite (EMPEROR-Reduced).
Un autre inhibiteur du SGLT2, la dapagliflozine (Forxiga*, AstraZeneca), a diminué de 26% le risque de décès cardiovasculaires, hospitalisations pour insuffisance cardiaque et consultations en urgence pour insuffisance cardiaque, dans l'étude DAPA-HF présentée en septembre 2019 (cf dépêche du 02/09/2019 à 09:31), rappelle-t-on.
cd/nc/APMnews

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