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Deux traitements anti-douleur semblent à privilégier dans la polyneuropathie sensitive idiopathique

WASHINGTON, 20 août 2020 (APMnews) - Il semble préférable de prescrire, en première intention, de la nortriptyline ou de la duloxétine plutôt que de la prégabaline ou de la méxilétine pour traiter les douleurs de patients atteints de polyneuropathie sensitive idiopathique, selon les résultats d'une étude randomisée évaluant la combinaison entre réduction de la douleur et effets indésirables.
Entre 70% et 80% des patients atteints de polyneuropathie sensitive idiopathique (ou cryptogénique) souffrent de douleurs significatives, pointent Richard Barohn de l'University of Kansas Medical Center à Kansas City et ses collègues dans JAMA Neurology.
Or, si beaucoup de traitements, dont des antiépileptiques, des antidépresseurs ou encore des inhibiteurs des canaux sodiques, ont été testés pour tenter de réduire cette douleur, aucune étude comparative n'a été menée pour identifier le traitement anti-douleur le plus efficace chez ces malades, poursuivent-ils.
Ils ont conduit un essai randomisé en ouvert afin d'évaluer, en vie réelle, l'efficacité et la tolérance de quatre traitements anti-douleur (prégabaline, duloxétine, nortriptyline et méxilétine) dans la polyneuropathie sensitive idiopathique.
L'analyse a porté sur 402 patients recrutés entre décembre 2014 et octobre 2017 dans 40 centres cliniques de neurologie. Ils étaient âgés de 30 ans ou plus (60 ans en moyenne) et présentaient un score de douleur de 4 ou plus sur une échelle de 0 à 10 (6,7 en moyenne).
Dans le cadre d'une randomisation adaptative, 134 patients ont été traités par nortriptyline, 126 par duloxétine, 73 par prégabaline et 69 par méxilétine.
Le critère principal d'évaluation regroupait l'efficacité du traitement (baisse d'au moins 50% de la douleur entre l'inclusion et 12 semaines) et le taux d'abandon de traitement.
L'efficacité était de 25% sous nortriptyline, 23% sous duloxétine, 15% sous prégabaline et 20% sous méxilétine. Le taux d'abandon de traitement était respectivement de 38%, 37%, 43% et 58%.
Lorsque les deux paramètres étaient combinés, le score atteint par la nortriptyline était de 0,81. Il était de 0,80 pour la duloxétine, 0,69 pour la prégabaline et 0,58 pour la méxilétine. La probabilité que le traitement soit le plus utile était de 0,52 pour la nortriptyline, 0,43 pour la duloxétine, 0,05 pour la duloxétine et nulle pour la méxilétine.
"Bien qu'il n'y ait pas de supériorité claire d'un traitement sur un autre, cette étude révèle que la nortriptyline et la duloxétine surpassent la prégabaline et la méxilétine lorsque la réduction de la douleur et les effets indésirables sont combinés en un seul critère", résument les auteurs.
"Nous recommandons donc que la nortriptyline ou la duloxétine soient d'abord considérées avant de sélectionner la prégabaline ou la méxilétine pour le traitement de la douleur chez des patients atteints de polyneuropathie sensitive cryptogénique", concluent-ils.
(JAMA Neurology, publication en ligne du 17 août)
sb/sl/APMnews

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