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Les anti-asthmatiques anti-IL-5 semblent avoir un bon profil cardiovasculaire

LAUSANNE, 7 septembre 2020 (APMnews) - Les anticorps monoclonaux qui ciblent les interleukines IL-5 dans le traitement de l'asthme ne paraissent pas présenter un risque cardiovasculaire accru mais pourraient être associés à des événements ischémiques du système nerveux central (SNC), selon les résultats d'une étude française présentés lundi en session orale du congrès virtuel de l'European Respiratory Society (ERS).
Dans cette communication late-breaking, Jean-Baptiste Quinta et ses collègues du CHU de Toulouse se sont intéressés à ces médicaments indiqués dans l'asthme sévère à éosinophiles mal contrôlé, qui ont amélioré la prise en charge des patients depuis quelques années. Cependant, peu de données sont disponibles concernant leur sécurité.
Initialement, ils ont voulu évaluer les effets indésirables cardiovasculaires de cette classe thérapeutique qui compte trois représentants: le mépolizumab (Nucala*, GlaxoSmithKline), le reslizumab (Cinqaero*, Teva) et le benralizumab (Fasenra*, AstraZeneca).
Pour cela, ils ont utilisé la base de données mondiale de pharmacovigilance de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), VigiBase, pour réaliser une étude de disproportionnalité afin d'estimer le ratio des cas rapportés par rapport aux non-cas (ROR) parmi l'ensemble des effets indésirables rapporté entre 2000 et 2019 pour des patients de 12 ans et plus.
Les chercheurs ont identifié un total de 4.791 rapports de cas d'événements cardiovasculaires chez des patients traités par un anti-IL-5 et par comparaison, de 16.621 rapports chez des patients traités par l'omalizumab (Xolair*, Novartis), premier anticorps monoclonal homologué dans l'asthme, qui cible l'immunoglobuline IgE, lit-on dans le résumé de leur communication.
L'analyse n'a mis en évidence aucune différence sur les événements cardiovasculaires entre les anti-IL-5 et l'anti-IgE.
Elle a même montré un ROR d'hypertension artérielle (HTA) significativement réduit sur le plan statistique avec les anti-IL-5 par rapport à l'omalizumab, de 0,26. Le résultat était similaire lorsque l'analyse a été restreinte aux cas déclarés par les professionnels de santé ou aux cas survenant entre 2016 et 2019.
Les chercheurs ont par ailleurs identifié un risque accru de cas déclarés d'événements ischémiques au niveau du SNC avec les anti-IL5 par rapport à l'anti-IgE, avec un ROR de 1,7 mais non confirmé dans l'analyse de sensibilité.
Cette étude sur des données dans la "vraie vie" n'a pas mis en évidence de risque cardiovasculaire plus élevé avec les anti-IL-5 par rapport à l'anti-IgE mais une étude à plus long terme est nécessaire pour clarifier leur éventuel effet sur des événements neurovasculaires ischémiques, concluent les chercheurs.
ld/vib/APMnews

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