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L'insuline icodec hebdomadaire comparable à la glargine U100 quotidienne dans le diabète de type 2

PARIS, 23 septembre 2020 (APMnews) - La nouvelle insuline icodec développée par Novo Nordisk pour avoir une administration hebdomadaire a donné des résultats comparables à ceux de l'insuline glargine U100 (Lantus*, Sanofi), dans des études présentées au congrès virtuel de l'European Society for the Study of Diabetes (EASD).
L’insuline icodec est un analogue de l’insuline ayant un délai avant atteinte de la concentration maximale de 16 heures et une demi-vie d’une semaine. Après avoir été injectée, elle se lie fortement à l’albumine et est ensuite libérée progressivement, ce qui lui donne cette demi-vie très longue, explique le laboratoire danois dans un communiqué.
Dans l’une des études, présentée par Julio Rosenstock du Dallas Diabetes Research Center et publiée dans le New England Journal of Medicine, 247 diabétiques de type 2 sous antidiabétiques oraux non traité auparavant par insuline ont été randomisés entre l’insuline icodec et l’insuline glargine U100 durant 26 semaines. Leur niveau d’HbA1c au départ était similaire, autour de 8%.
A la fin de l’étude, l’HbA1c avait diminué en moyenne de 1,33% avec l’insuline icodec hebdomadaire et de 1,15% avec l’insuline glargine quotidienne. La différence n'est pas statistiquement significative.
Ainsi, à 26 semaines, l’HbA1c moyenne était de 6,7% dans le groupe icodec et 6,9% dans le groupe glargine.
La proportion de patients dont l’HbA1c était descendue en dessous du seuil de 7% était respectivement de 72% et 68%. La proportion en dessous de 6,5% était respectivement de 49% et 39%.
La glycémie moyenne et la glycémie mesurée à 9 moments de la journée tendaient à être meilleures avec l’insuline icodec, et cela alors que le dose d’insuline à 26 semaines était inférieure: 33 U/j pour icodec comparé à 41 U/j pour glargine. La glycémie à jeun était similaire.
Le risque d’hypoglycémie sévère (en dessous de 0,54 g/l) était de 0,53 événement par patient-année avec icodec et 0,46 événement par patient-année avec glargine. La différence n’est pas statistiquement significative. La proportion de patients ayant présenté des hypoglycémies mineures était respectivement de 53,6% et 37,7%, une différence statistiquement significative.
Le temps passé dans les limites de 0,7-1,4 g/l était augmenté en moyenne de 5,4% avec l’insuline icodec, correspondant à une augmentation de 78 minutes.
Dans le NEJM, les auteurs estiment que l’insuline icodec, avec une administration hebdomadaire, "a un potentiel pour faciliter l’insulinothérapie, apporter un bénéfice clinique et diminuer le nombre d’injections de 365 à 52 par an".
"Le pourcentage plus élevé d’hypoglycémies de niveau 1 pourrait être dû au design de l’étude et suggère que l’objectif de glycémie à jeun pourrait devoir être légèrement supérieur et les augmentations de dose d’insuline plus faibles pour s’assurer d’une initiation et d’un ajustement de dose efficaces de l’insuline icodec avec moins d’épisodes d’hypoglycémie".

En switch

A l’EASD a également été présentée une étude de switch: 154 diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés par des antidiabétiques oraux et déjà une insuline basale une ou deux fois par jour ont été randomisés entre icodec avec une dose de charge, icodec sans dose de charge et glargine U100 durant 16 semaines.
Le temps passé dans la cible glycémique entre 0,7 et 1,8 g/l s’élevait à 65% avec l’insuline glargine. Il était similaire, à 66%, avec icodec, mais était supérieur, à 73%, avec icodec avec une dose de charge.
Alors que l’HbA1c avait diminué de 0,54% avec l’insuline glargine, la baisse était de 0,77% après le switch vers icodec avec une dose de charge. En revanche, après switch vers icodec sans dose de charge, l’HbA1c était diminuée de 0,47%.
De plus, alors que la dose hebdomadaire moyenne d’insuline s’élevait à 196 U avec glargine, c’était similaire (191 U) avec icodec + dose de charge mais nettement plus élevé, à 242 U, avec icodec sans dose de charge, a noté Harpreet Bajaj de LMC Diabetes & Endocrinology à Toronto.
En revanche, alors que les taux d’hypoglycémies sévères s’élevaient à 79,4 événements pour 100 patients-années avec glargine et de façon similaire 78 événements pour 100 patients-années avec icodec avec une dose de charge, le taux n’était que de 14,8 événements pour 100 patients-années avec icodec sans dose de charge.
Le chercheur canadien a conclu sur le fait que chez des diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés avec une insuline basale, un switch vers l’insuline icodec avec une dose de charge a permis d’améliorer le temps passé dans la cible glycémique sans augmenter le risque d’hypoglycémie sévère, par rapport à l’insuline glargine U100.
(NEJM, publication en ligne du 22 septembre)
fb/nc/APMnews

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