dépêche

 - 

Hémodialyse: échec d'une supplémentation nutritionnelle orale systématique sur le risque de décès

WASHINGTON, 26 octobre 2020 (APMnews) - Une supplémentation nutritionnelle orale systématique n'a pas eu de bénéfice par rapport à une supplémentation en fonction du taux sérique d'albumine sur la mortalité des patients hémodialysés, selon les résultats d'un vaste essai clinique présentés au congrès virtuel de l'American Society of Nephrology (ASN), qui s'est achevé dimanche.
Des études observationnelles suggèrent que l'apport de compléments nutritionnels par voie orale au cours des séances d'hémodialyse des patients avec un faible taux sérique d'albumine pourrait réduire la mortalité. Mais le bénéfice potentiel d'une telle supplémentation chez des patients présentant un taux normal d'albumine reste peu étudié, a rappelé le Dr Daniel Weiner du Tufts Medical Center à Boston lors d'une session orale late-breaking vendredi.
Le Dr Weiner et ses collègues ont comparé deux protocoles nutritionnels dans une grande étude multicentrique menée auprès de 10.457 patients (63 ans en moyenne, 56% d'hommes, 32% débutant la dialyse) inclus dans 105 centres.
Selon le protocole habituel, tous les patients initiant la dialyse doivent recevoir une supplémentation orale au cours des 120 premiers jours, puis ceux qui sont déjà en dialyse chroniques doivent débuter ou poursuivre une supplémentation orale en cas d'albuminémie égale ou inférieure à 3,5 g/dL; la supplémentation nutritionnelle est arrêtée lorsque l'albuminémie atteint ou dépasse 4 g/dL sur trois mois consécutifs.
Dans le protocole de supplémentation "intensive", tous les patients reçoivent la supplémentation à chaque séance d'hémodialyse indépendamment du taux sérique d'albumine.
La supplémentation nutritionnelle consistait principalement en un apport renforcé en protéines.
Les patients ont été suivis pendant 21,2 mois en médiane (entre 10,1 et 37,1 mois) et environ le double de compléments alimentaires ont été consommés dans le cadre du protocole de supplémentation "intensive" par rapport au protocole standard.
L'analyse a porté sur les données de 10.043 patients après exclusion de 457 d'entre eux pour décès avant le début de l'étude ou pour non-respect du protocole.
Contrairement à l'hypothèse de départ, le risque de décès n'était pas significativement réduit sur le plan statistique chez les patients ayant reçu une supplémentation "intensive", avec une mortalité équivalente au groupe contrôle (RR de 1,05 non significatif).
Outre l'absence de différence sur le risque de décès entre les deux approches, les résultats ne permettent pas non plus d'apporter des conclusions définitives sur l'utilité de la supplémentation nutritionnelle chez les patients présentant un faible taux sérique d'albumine, a fait observer le Dr Weiner.
D'autres analyses sont en cours pour rechercher d'éventuelles différences entre des sous-groupes clés, notamment selon le taux d'albumine à l'inclusion ou selon les patients sous dialyse et ceux débutant la dialyse. Un effet sur les hospitalisations est également évalué.
ld/nc/APMnews

[LD9QISVER]

A lire aussi