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Covid-19: Olivier Véran détaille la réponse au "défi logistique immense" de la campagne vaccinale

PARIS, 3 décembre 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a détaillé jeudi lors d'une conférence de presse du gouvernement les modalités de distribution des vaccins contre le Sars-CoV-2 pendant la première phase de la campagne vaccinale, pointant un "défi logistique immense au-delà de ce que notre pays a pu connaître par le passé".
Le premier ministre, Jean Castex, la ministre délégué chargée de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, et le ministre de la santé ont présenté la stratégie vaccinale en trois étapes retenue par la France pour faire face à l'épidémie de Covid-19 (cf dépêche du 03/12/2020 à 22:36).
La campagne devrait débuter dès qu'un premier vaccin aura obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne, ce qui est attendu entre fin décembre et début janvier 2021 pour les candidats de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
"Nous sommes entrés dans une phase d'organisation et de planification de la première étape" de la campagne, a déclaré Olivier Véran.
Il a rappelé que le premier vaccin qui devrait être disponible, celui de Pfizer/BioNTech, présentait des "caractéristiques particulières" telles qu'une conservation à -80°C et une administration qui doit être réalisée dans les cinq jours suivant sa décongélation.
Il a affirmé viser la livraison de "plus de 10.000 établissements collectifs d'hébergement de personnes âgées", ces dernières étant les premières invitées à se faire vacciner. Cela "rend nécessaire une organisation bien huilée, bien spécifique", a-t-il souligné.
Il a rappelé que les pouvoirs publics avaient déjà commandé des "super-congélateurs" pour la conservation des doses de vaccin, "mais également des seringues, des aiguilles, du matériel de protection, des moyens de transport et de logistique spécifiques".
Il a annoncé la mise en place de "deux circuits complémentaires" de distribution "pour plus de sécurité":
  • un "circuit principal" qui va s'appuyer sur "les acteurs qui ont l'habitude d'acheminer des médicaments même dans des conditions difficiles" et qui sera destiné aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)
  • un "second circuit" qui "s'appuiera sur une centaine d'établissements hospitaliers", et qui visera à approvisionner "les établissements d'hébergement de personnes âgées qui sont directement en lien avec ces hôpitaux".
Il a précisé que ces circuits logistiques seront "testés à blanc, éprouvés" au cours de la "deuxième moitié du mois de décembre".
Le ministre a ajouté que l'approvisionnement en vaccins sera "territorialisé" et "réalisé au prorata des population à vacciner", évoquant également "une dizaine de plateformes de stockage" réparties sur le territoire national.

La France disposera d'un "potentiel de 200 millions de doses"

Jean Castex a pour sa part rappelé qu'il était de la "responsabilité de l'Etat" de "garantir que les vaccins autorisés arrivent rapidement et dans le cadre d'une logistique efficace".
Il a expliqué que l'exécutif travaillait "depuis des mois" pour "construire une logistique adaptée", insistant lui aussi sur "la grande complexité" de l'opération. "Nous seront prêts pour les premières vaccinations", a-t-il assuré.
Il a déclaré que le "premier objectif" de la préparation à la vaccination était de disposer de la quantité suffisance de vaccins, indiquant que la France disposera d'un "potentiel de 200 millions de doses" dans le cadre des six contrats déjà signés entre des laboratoires pharmaceutiques et la Commission européenne, permettant de vacciner 100 millions de personnes à raison de deux doses à administrer.
Il a relevé que ce volume dépassait les besoins de la population française, et expliqué que les pouvoirs publics avaient pris une "marge de sécurité" du fait de la possibilité que des candidats n'arrivent pas à obtenir une AMM ou d'un "taux de perte".

Des livraisons "simultanées" dans l'Union européenne

La ministre déléguée chargé de l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, a fait le point sur les commandes passées via l'Union européenne, portant sur les candidats de Sanofi et GlaxoSmithKline (GSK), AstraZeneca, Janssen (groupe J&J), Pfizer/BioNTech, CureVac et Moderna (cf dépêche du 25/11/2020 à 14:21). Elle a indiqué que la France "a été plus particulièrement chargée" de trois négociations, sans préciser lesquelles.
"Dès qu'une autorisation de mise sur le marché sera obtenue", avec de premières homologations attendues "courant décembre", "les entreprises se mettront en ordre de marche pour livrer simultanément les doses de vaccin dans chaque pays, et dans des points de livraison qui auront été convenus avec les autorités sanitaires", a-t-elle expliqué.
"Dans les semaines qui viennent, nous nous assurerons de la bonne exécution des contrats et du suivi de la montée en charge de l'industrialisation", a-t-elle ajouté, rappelant qu'un des "enjeux essentiels" des négociations avait été de "sécuriser industriellement notre approvisionnement".
"Pour cela, la production des vaccins sera assurée quasi intégralement sur le sol européen, et notamment en France", a-t-elle appuyé.
Les façonniers Delpharm et Recipharm ont passé des accords, respectivement avec BioNTech et Moderna, portant sur la production de leurs vaccins sur leurs sites respectifs de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir) et Monts (Indre-et-Loire), rappelle-t-on (cf dépêche du 25/11/2020 à 10:06 et dépêche du 19/11/2020 à 09:56).
rm/eh/APMnews polsan-une

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