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Olivier Véran et Jean Castex annoncent un renforcement de la stratégie de lutte contre le Covid-19

PARIS, 10 décembre 2020 (APMnews) - Le premier ministre, Jean Castex, et le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, ont annoncé un renforcement de la stratégie "tester alerter protéger" de lutte contre l'épidémie de Covid-19, avec de nouvelles orientations, jeudi soir lors d'une conférence de presse.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 24 novembre une "réorganisation" de la stratégie de lutte contre le Covid-19 pour "la rendre beaucoup plus efficace", rappelle-t-on (cf dépêche du 24/11/2020 à 22:25).
L'objectif est "à la fois d'augmenter le nombre de tests, d'accélérer encore davantage les délais de rendus des résultats, d'améliorer le repérage des personnes déclarées positives et de leurs cas contacts par un accompagnement renforcé", a résumé le premier ministre, Jean Castex, jeudi soir.
Le gouvernement a par ailleurs choisi de durcir les mesures qui accompagneront le déconfinement à compter du 15 décembre compte-tenu d'une évolution de la situation sanitaire qui "marque le pas" à l'approche des fêtes de fin d'année, a-t-il expliqué (cf dépêche du 10/12/2020 à 20:25).
"Actuellement, 75% des résultats de tests RT-PCR sont rendus en moins de 24h", a constaté Olivier Véran. "Nous voulons aller plus loin, et les laboratoires de biologie médicale s'y sont engagés."
Un "dispositif de bonus-malus" va être mis en place à partir du 15 décembre "pour approcher des 100% de résultats rendus en moins de 24h, voire 12h quand c'est possible".
Concernant les tests antigéniques, 250.000 sont réalisés chaque semaine, mais "ce sera beaucoup plus dans les prochaines semaines".
Des opérations de dépistage collectif pourront être menées "avec les entreprises ou les collectivités territoriales qui le souhaitent, partout où ça fait sens et ça peut être fait dans de bonnes conditions".
Il ne s'agit pas de "tester pour tester", mais "d'être en capacité en cas de tests positifs de procéder au contact tracing et à la mise à l'abri" des personnes.
"Pour cela, un conventionnement doit être passé entre les collectivités territoriales et les autorités sanitaires dans les territoires", a indiqué Olivier Véran.
Concernant le traçage des cas contacts, "nous voulons aller plus vite et plus fort en renforçant les moyens humains".
"Chaque fois que c'est possible", le contact tracing devra démarrer "dès la réalisation d'un test rapide positif, avant même que la personne ne rentre chez elle".
L'application TousAntiCovid (ex StopCovid) "sera bientôt renforcée avec des modules pour les patients qui sont mis à l'abri".
Le ministre de la santé a présenté "un nouvel objectif ambitieux" qu'il détaillera dans une prochaine conférence de presse: "proposer à chaque personne diagnostiquée positive une visite à domicile par une équipe pluriprofessionnelle comprenant un soignant, un infirmier ou une infirmière, qui pourra tester l'entourage" du malade.
"Des conseils sur les conditions d'isolement" et "un accompagnement et soutien humain", notamment pour les personnes isolées, seront prodigués.
"Nous travaillons à une charte, qui sera remise au patient dès la réalisation du test, et qui contiendra des conseils" afin d'inciter au respect de l'isolement, a-t-il ajouté.
Jean Castex a écarté la possibilité de rendre l'isolement obligatoire par une nouvelle loi, "une telle évolution ne faisant pas consensus" après consultation des "forces politiques et groupes parlementaires".

Quatre opérations de dépistage de masse

Alors que des campagnes de dépistage dans trois métropoles avaient été annoncées initialement (cf dépêche du 02/12/2020 à 10:36 et dépêche du 03/12/2020 à 16:11), Olivier Véran a évoqué quatre "opérations de dépistage de masse": du 14 au 19 décembre dans les métropoles du Havre (cf dépêche du 04/12/2020 à 14:27) et de Charleville-Mézières, du 11 au 16 janvier à Roubaix, et autour du 11 janvier à Saint-Etienne.
Elles sont organisées "main dans la main avec les collectivités territoriales, les ARS et les préfets".
"Tout est organisé au-delà des tests. Nous savons mettre en place le contact tracing immédiatement et garantir la mise à l'abri", a-t-il assuré.
"Ces opérations sont un moyen de limiter la propagation du virus dans ces collectivités tout autant qu'un levier d'expérimentation de notre stratégie 'tester alerter protéger' qui évolue et continuera d'évoluer."
"Nous voulons un dépistage de masse structuré, cohérent, qui cible les publics vulnérables et plus exposés aux clusters. Plusieurs centaines de renforts sont mobilisés dans chacune des collectivités", a-t-il ajouté.
Interrogé sur le choix des collectivités, Olivier Véran a répondu que "nous n'avons pas choisi ces villes, ce sont elles qui nous ont fait part de leurs souhaits".
Au sujet de Roubaix, "une partie de la communauté scientifique du département souhaitait se mobiliser pour peut-être expérimenter d'autres types de tests", mais "ce n'est pas fixé à ce stade", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il "aura l'occasion d'y revenir".

Pas un totem d'immunité

Evoquant la "période de Noël", le ministre a cependant mis en garde contre le "risque de surprotection" qu'une personne peut ressentir après s'être faite tester. "Lorsqu'on est asymptomatique, il y a un risque que le test soit négatif mais cela ne signifie pas que l'on n'est pas porteur du virus", a-t-il souligné.
Observant de très nombreuses personnes voudraient réaliser un test, il a également estimé qu'il fallait "éviter l'engorgement des laboratoires, des pharmacies, des médecins, qui réalisent des tests".
"N'utilisez pas le test comme un totem d'immunité" auprès de la population, a-t-il également insisté.
Le ministre a fait ces observations, quelques heures après l'annonce par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, du lancement d'une campagne massive de dépistage du Sars-CoV-2 du 16 au 23 décembre, note-t-on (cf dépêche du 10/12/2020 à 17:29).

Une campagne rapide de vaccination possible

Interrogé par ailleurs sur la faisabilité d'une campagne rapide de vaccination de 15 millions de personnes, Olivier Véran a répondu qu'''il y a beaucoup de professionnels de santé".
"Quand vous parlez de 150.000 personnes à vacciner par jour, c'est quelque chose que nous savons faire en cabinet de médecine de ville", a-t-il ajouté.
Les collectivités territoriales pourront être amenées à mettre à disposition des locaux afin que les professionnels de santé puissent procéder à la vaccination "en plus de l'activité dans les cabinets".
Interpellé sur les questions se posent les professionnels au sujet des vaccins, le ministre de la santé a indiqué qu'il menait "beaucoup de concertations", notamment en lien avec le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom).

Pas de réaction sur le rapport du Sénat

Invité à réagir, Olivier Véran n'a pas commenté la mise en cause du directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, par la commission d'enquête du Sénat constituée sur la gestion de l'épidémie de Covid-19.
La commission d'enquête a affirmé jeudi dans son rapport que le DGS a demandé à Santé publique France de modifier les conclusions d'un rapport d'experts de 2018 afin d'éviter de devoir acquérir massivement des masques sanitaires, notamment pour des raisons budgétaires, alors que les stocks étaient au plus bas (cf dépêche du 10/12/2020 à 14:24).
Jérôme Salomon lui a indiqué en début d'après-midi "qu'il a lui-même transmis" les échanges d'emails concernés à la commission d'enquête, a déclaré Olivier Véran.
"Ces messages datent de début 2019, un an avant ma prise de fonction", a-t-il ajouté.
"Il revient au DGS de communiquer des explications sur le fond", ce qui sera fait via un communiqué de la DGS "ce soir", a-t-il complété.
lc/san/APMnews polsan-une

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